Normand Lemay s’est joint aux studios de Disney il y a 11 ans.
Normand Lemay s’est joint aux studios de Disney il y a 11 ans.

Le Québécois qui a imaginé La Reine des neiges 2

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Avant de se lancer dans les dessins d’un film d’animation, il faut transformer les mots du scénariste en représentation visuelle, il faut représenter l’idée du réalisateur en images. C’est le travail de Normand Lemay, un gars de Québec.

L’équipe de Walt Disney doit se doter d’un Head of story (responsable de l’histoire) pour chaque projet, et pour le deuxième chapitre de La Reine des neiges, M. Lemay a été choisi.

«C’est mon premier titre de supervision pour Frozen, je travaille plus près des réalisateurs. Très tôt dans le développement du film, on passe du temps assis autour d’une table dans la story room. Après, ça devient plus spécifique, un boulot de dessins. Mais avant d’attaquer le dessin, on essaie de savoir avec précision pourquoi on le fait», explique M. Lemay.

Pour le premier film mettant en vedette Elsa, le Québécois faisait déjà partie de l’équipe, mais juste à la plaquette à dessins. On lui a ajouté plus de responsabilités cette fois.

Il a aussi travaillé sur les dessins de Moana et de Zootopia, notamment, ainsi que plusieurs autres projets de Disney en développement... dont il ne peut révéler les titres.

Photo du film <em>La Reine des neiges 2</em>

Changement de carrière

Normand Lemay avait entamé ses études en graphisme au cégep de Sainte-Foy, puis il a travaillé en publicité quelques années à Mont­réal. Il avait depuis toujours une passion grandissante pour le dessin animé, surtout dans les films.

Il a donc décidé de replonger dans les livres et entamer des études en animation à Toronto. Il a tranquillement tracé sa voie pour atterrir à New York, dans les studios de Walt Disney. Il y est depuis 11 ans.

«Ce n’est plus juste du dessin, c’est de discuter avec les réalisateurs pour faire la meilleure idée possible de leur vision. Comment communiquer le plus simplement avec quelques traits, remplacer des dialogues par des images qui parlent, créer un langage cinématographique. [...] C’est plus profond en terme de travail», ajoute-t-il.

On pourrait penser que la création d’une suite de film est plus facile que d’imaginer le premier... «Je pensais que c’était plus facile, mais c’est aussi dur, ou sinon plus dur!»

Pression supplémentaire

Le plus difficile n’est pas d’inventer le look des personnages en les mettant sur papier, on le fait déjà bien dans notre tête. Le défi est d’établir une histoire crédible, avec de vraies questions auxquelles on offrira des réponses.

«On ne fait pas un film en pensant qu’il y aura une suite... On doit discuter beaucoup des raisons de créer cette suite, trouver une vraie raison valable pour faire un deuxième film. On discute de la façon dont on va traiter les personnages, de leur donner une histoire et une destinée. Comment on peut faire évoluer les questions restées dans l’air et donner une valeur au film», indique le responsable de l’histoire, qui s’est lancé dans cette exacte réflexion au début des discussions entourant La Reine des neiges 2.

Il devait aider à offrir de nouvelles solutions (en images) aux questions lancées par les scénaristes, développer de nouveaux personnages crédibles et leur attribuer un ancrage important. Il existe plusieurs versions du film en dessin, le scénario final est celui que l’on a pu voir à l’écran à la fin de l’année 2019.

La Reine des neiges 2 sortira en format DVD le 25 février.