Christian Quesnel habite à Québec, mais il a grandi en Outaouais. « C’est important pour moi de continuer à marquer mon appartenance à [la région] », avoue-t-il.

Le loup-garou de Duhamel sortira les crocs en Bavière

Le bédéiste et illustrateur Christian Quesnel quittera en avril pour la Bavière, en Allemagne, afin de travailler sur un conte fantastique se déroulant à Duhamel, dans la Petite-Nation. Son récit mettra en scène un loup-garou.

L’artiste natif de l’Outaouais a été sélectionné par le Conseil des arts et des lettres du Québec pour séjourner pendant deux mois dans l’un des cinq studios de l’Oberpfalzer Kunstlerhaus de la ville de Schwandorf-Fronberg. M. Quesnel espère avoir achevé la trentaine de planches de ce nouveau projet à temps pour juin, alors qu’il participera à l’Internationaler Comic-Salon d’Erlangen, toujours en Allemagne. « Ça ne me donnera pas beaucoup de temps pour faire du tourisme », lance en riant l’auteur, au bout du fil.

Cela fait déjà une dizaine d’années que M. Quesnel avait en tête de créer quelque chose à partir de cette mystérieuse légende écrite par le poète et écrivain québécois Louvigny de Montigny, en 1898. La trame du récit, qui se déroule en pleine saison hivernale, se situe dans le secteur du lac Gagnon, à Duhamel. 

Un poil amérindien

« C’est carrément une légende de loup-garou comme il en existait plusieurs à cette époque-là. Ce que je vais faire, c’est la traiter de façon contemporaine. Je vais utiliser mon style d’illustration, mais je vais aussi superposer à ça le discours d’anthropologues allemands qui se sont intéressés aux sociétés amérindiennes du 19e siècle », explique le bédéiste.

« Ils ont été les premiers à entrer en contact avec certains peuples amérindiens. Ça va donner une autre dimension au récit, un regard sur les sociétés primitives. Il est question d’une bête dans ce conte et le loup-garou est présent dans la culture autochtone », poursuit-il.

En musique

Le lecteur pourra accompagner son immersion dans cette fable illustrée avec la pièce Déluge blanc de la formation black métal québécoise Forteresse. « C’est une trame musicale pour accompagner l’ambiance », note Christian Quesnel, auteur du roman graphique Ludwig, et lui même un grand amateur de ce style de musique destiné aux oreilles endurcies.

L’Outaouais tatoué sur le cœur

M. Quesnel, qui a toujours un pied à terre avec sa célèbre résidence familiale de Saint-André-Avellin (laquelle a fait l’objet du roman graphique Coeurs d’argile en 2011), passe aujourd’hui la majorité de son temps à Québec où il vogue sur de multiples projets. 

L’illustrateur est présentement en train de boucler une maîtrise en arts contemporains à l’Université du Québec en Outaouais. Il a par ailleurs décroché l’automne dernier une bourse afin de participer à la création d’un livre illustré sur Félix Leclerc, lequel est déjà bien entamé. 

Ce plongeon dans cette fable d’une autre époque est donc un peu une façon pour M. Quesnel de garder encore bien vivantes ses racines avec l’Outaouais, sa région natale. C’est un peu un retour aux sources, dit-il. « Même si je suis plus à Québec, c’est important pour moi de continuer à marquer mon appartenance à l’Outaouais. Quand j’ai vu l’offre de résidence, je me suis dit que c’était le projet parfait. Pour moi, le timing était là », lance ce dernier.

Les bédéphiles devraient pouvoir apprécier le résultat de cette nouvelle bande-dessinée dès l’automne prochain, espère l’artiste, qui a invité son ami bédéiste Julien Poitras à concocter lui aussi une œuvre basée sur une légende québécoise. Les deux BD seront publiées à l’intérieur du même ouvrage.