Paul Roux est un infatigable travailleur. Gladiateurs virtuels, le livre pour lequel il a obtenu le prix Le Droit, est déjà loin dans son rétroviseur.

Le livre jeunesse, c’est du sport

Au Salon du livre (SLO), où il est venu signer l’un ou l’autre des quelque 170 livres jeunesse qu’il a signés au fil de sa carrière de 30 ans, le récipiendaire du prix Le Droit dans la catégorie jeunesse, Paul Roux, musardera entre les kiosques de Bayard, Vent d’Ouest et Bouton d’Or Acadie, les trois éditeurs avec lesquels il multiplie les projets depuis quelques années.

Les mauvaises langues argueront que les romans jeunesse sont souvent moins volumineux que leurs homologues destinés aux adultes... Quoi qu’il en soit, on ne connaît guère d’auteur plus prolifique que Paul Roux. Depuis janvier 2017, le Gatinois a publié 15 titres à compte d’auteur et/ou d’illustrateur.

« Je travaille en permanence sur plusieurs projets à la fois. Il faut être flexible : je suis toujours en train de m’adapter, pour respecter des délais qu’on me propose, qui sont souvent très courts. Pour Griffetor, par exemple, j’ai eu deux mois pour créer le personnage et faire toutes les esquisses », partage l’auteur en résidence de la Ville de Gatineau.

Petit livre signé par Katia Canciani, L’attaque du Griffetor a la particularité de mettre en scène un personnage créé par un élève de l’école du Ruisseau, à Gatineau. Les idées du jeune Maxim Lefebvre, en 2e année, ont été retenues dans le cadre d’un concours que Bayard Canada a lancé au SLO l’an dernier, afin de souligner les 10 ans de sa collection Cheval Masqué. Le lancement du livre a eu lieu vendredi, à l’école du secteur Masson Anger. « L’éditeur pense en faire une série », dévoile Paul Roux.

Les Rebelles du soccer

Le livre Gladiateurs virtuels (Bayard Canada), pour lequel il a reçu le prix Le Droit – semble déjà loin dans son rétroviseur : Paul Roux est en ce moment plus accaparé par les trois recueils (Les aventures d’Alex et Ordi et deux tomes des aventures de Galaktus) de gags qu’il s’apprête à publier avec le Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques (Cforp). Ceux-ci colligeront des gags en une planche publiés dans les magazines jeunesse Quad9 et Mon Mag à moi.

Le « papa » d’Ernest, d’Ariane et Nicolas et de Petit Paul s’attelle en parallèle à l’écriture de sa nouvelle série de romans (non illustrés), Les rebelles du soccer, tout en travaillant en parallèle sur les illustrations des futurs albums des Trois Mousquetaires.

Les deux premiers volumes des Rebelles sortent à peine du four (ils sont parus en début de semaine), qu’il planche déjà sur la suite, Bayard lui ayant déjà commandé trois autres tomes de cette série qui suit une équipe de soccer fictive évoluant en division U12. En dépit de fait qu’il s’agit d’une équipe mixte, l’approche et les péripéties sont très réalistes, fait valoir l’auteur, qui maîtrise très bien son sujet. Vouant une passion sans borne pour ce sport, Paul Roux joue dans une ligue gatinoise, en vétéran. Et il a longtemps tenu le rôle de coach dans l’équipe de soccer où évoluait sa fille, Angélique... qui est devenue un des personnages de l’équipe des Rebelles.

Lui aussi tout chaud (il est paru en janvier), Le revenant de la Baie Sainte-Marie est le 8e opus des Trois mousquetaires, autre série en plein essor, celle-là écrite par l’Acadien Denis Boucher. Publiée par Bouton d’Or Acadie – qui réédite progressivmenent les premiers tomes dans des versions illustrées par Paul Roux – a permis au Gatinois de se retrouver en nomination pour deux prix Éloizes, dans la catégorie « Artiste de l’Acadie du Québec ». Ces prix seront remis en mai, à Edmundston.

Ce Marseillais d’origine, biberonné à la BD – Goscinny, Franquin et Greg en tête – autant qu’à Jules Vernes et Henri Vernes (Bob Morane), fut l’initiateur du seul Baccalauréat en BD du Canada (à l’UQO) et le fondateur des premiers Rendez-Vous de la BD de Gatineau.

Il est aussi un fidèle de la maison d’édition gatinoise Vents d’Ouest, qui fête ses 25 ans cette année.

L’industrie du livre jeunesse évolue, tant dans les formats privilégiés que dans les thèmes abordés, constate-t-il.

Les auteurs et éditeurs jeunesse « essaient d’être plus collés à la réalité, observe-t-il. Les lecteurs se sont un peu lassés des univers imaginaires et de la mode l’heroic fantasy. Aujourd’hui, le monde se regarde fonctionner au quotidien : “je trouve que son sandwich est beau... tiens, je vais le prendre en photo et le poster sur les réseaux sociaux !” [Désormais, les gens veulent] lire des choses qui leur ressemblent ou qui leur parlent de choses concrètes, estime-t-il.

Et Paul Roux, accueille avec une joie pétillante ce courant réaliste, lui qui s’est toujours efforcé de distiller des éléments sérieux ou réalistes, même dans ses BD et ses récits d’apparence plus fantaisiste.

À surveiller

Au Salon, les lauréats et les finalistes des prix Le Droit participeront dimanche 4 mars à des tables rondes animées par la journaliste Valérie Lessard (jeunesse : 11 h 30 ; poésie : 15 h 30 ; et fiction : 16 h).