«My Salinger Year» est le troisième film en anglais du cinéaste gatinois Philippe Falardeau.

Le Gatinois Philippe Falardeau ouvrira le Festival international du film de Berlin

Le prochain film de Philippe Falardeau, «My Salinger Year», sera projeté en première mondiale à l’occasion de l’ouverture de la 70e édition du Festival international du film de Berlin, le 20 février. Un privilège qui permet au réalisateur de Gatineau de devenir le premier Québécois à ouvrir la Berlinale.

« Quand mon producteur m’a appelé pour me dire que le festival souhaitait ouvrir avec notre film, je ne réalisais pas ce que ça voulait dire, avoue Philippe Falardeau en entrevue téléphonique avec Le Droit. En raccrochant, je suis allé voir sur internet et je me suis rendu compte de la liste des films qui ont ouvert le festival dans les dix dernières années. Là, j’ai eu un mini choc qui m’a ému. C’est vraiment un honneur, je ne m’attendais pas à ça. »

Le huitième long-métrage de Philippe Falardeau côtoiera, en effet, sur la liste des films ayant ouvert la Berlinale dans la dernière décennie, les œuvres de Wes Anderson, des frères Coen, d’Isabel Coixet ou encore de Wong Kar-wai.

« Ça m’a rassuré parce que, parfois, on se demande si ce qu’on fait a de la valeur. Mais une sélection comme celle-ci permet de se dire : “je ne suis pas dans le champ” », confie-t-il en toute humilité.

Le cinéaste gatinois ne sera pas en terrain inconnu à Berlin puisqu’en 2009 son film C’est pas moi, je le jure avait été présenté dans la section Génération KPlus (qui présente des films avec un thème sur la jeunesse) du festival. Il avait même mérité deux prix dans cette catégorie : l’Ours de Cristal et le Grand Prix du Jury International. L’année suivante, Philippe Falardeau était revenu comme membre du jury dans cette section.

« Retourner à Berlin après 10 ans, c’est comme retourner à la maison. J’ai gardé de très bons souvenirs de mon expérience », indique-t-il.

«My Salinger Year» met notamment en vedette Sigourney Weaver (photo) et Margaret Qualley.

Pour le réalisateur de Monsieur Lazhar (nommé en 2012 aux Oscars) et de The Good Lie, la Berlinale « combine le côté un peu glamour des festivals, mais aussi la pertinence ; avec la justesse de sa programmation ».

Femmes de tête 

Inspiré par le livre autobiographique de Joanna Rakoff, My Salinger Year — une coproduction des sociétés micro_scope (Canada) et Parallel Films (Irlande) — est le troisième film en anglais de Philippe Falardeau.

Dans les années 1990, à New York, Joanna une jeune écrivaine en devenir est embauchée comme assistante de l’agente littéraire de J.D. Salinger pour traiter le volumineux courrier de fans de l’auteur de L’attrape-cœurs. Elle sera partagée entre son rêve et sa nouvelle vocation.

Le film, tourné à Montréal et quelques jours à New York à l’été 2019, met en vedette Margaret Qualley (Once Upon a Time… in Hollywood) et Sigourney Weaver (lauréate de deux Golden Globes et trois fois finalistes aux Oscars) ainsi que Douglas Booth (The Riot Club).

« C’est mon premier film avec des personnages centraux féminins, fait remarquer Philippe Falardeau. Ce sont deux actrices formidables qui représentent deux générations différentes et qui défendent des personnages féminins forts dans un film avec une perspective féminine forte. »

D’ailleurs, le cinéaste foulera le tapis rouge de la 70e Berlinale aux côtés des deux actrices.

Quant à savoir si My Salinger Year prendra l’affiche dans la région d’Ottawa-Gatineau, le réalisateur indique qu’il est encore trop tôt. « On est à au moins huit ou dix mois d’une sortie en salle, donc pas avant l’automne. Mais j’espère bien que le distributeur canadien va s’assurer que le film sorte en salle à Gatineau et/ou à Ottawa », indique-t-il.

La 70e Berlinale se tiendra du 20 février au 1er mars.