The Weeknd est revenu vendredi avec un attendu quatrième album.

Le fracassant retour de The Weeknd

CRITIQUE / Dans le visuel qui accompagne son quatrième album, Abel Tesfaye, alias The Weeknd, se présente le visage tuméfié, le nez sanguinolent. Il semble avoir passé un sale quart d’heure… Et pourtant, c’est plutôt lui qui a frappé un grand coup avec ce retour sur disques.

Près de quatre ans après l’acclamé Starboy et deux ans après le bien nommé minialbum My Dear Melancholy, — sur lequel le Torontois d’origine s’épanchait sur deux ruptures fort médiatisées —, le voilà de retour avec panache sur After Hours. Il faut dire qu’il était attendu, celui qui est écouté chaque mois par près de 59 millions de paires d’oreilles sur la plateforme Spotify, où l’extrait Blinding Lights (une petite bombe) a été numéro un pendant un bon mois.

The Weeknd ne passe pas inaperçu non plus du côté d’Apple Music : selon la maison de disques Universal, ils étaient près d’un million de fans à avoir préajouté l’album à leur bibliothèque en prévision de sa sortie, vendredi dernier. De quoi surpasser le phénomène Billie Eilish, qui détenait semble-t-il le record depuis l’an dernier. Pandémie de COVID-19 ou pas, le chanteur n’allait pas faire patienter ses admirateurs plus longtemps, surtout qu’il avait sorti ses gros canons pour annoncer son retour, lui qui a notamment fait escale aux talk-shows de Stephen Colbert et de Jimmy Kimmel, ainsi qu’à Saturday Night Live ces derniers jours.

Pour ce quatrième album complet, le chanteur à la voix haute-perchée a choisi de garder seul le contrôle du micro, lui qui a multiplié les échanges par le passé. Avec des collaborateurs comme le faiseur de hits Max Martin, Abel Tesfaye renoue avec le créneau pop et RnB qui a fait son succès. Il plonge surtout à fond dans les synthétiseurs pour orner ses mélodies parfois lascives, parfois plaintives, parfois percutantes.

Ponctué de références cinématographiques — dont le titre emprunté à Martin Scorsese —, After Hours se veut aussi un regard vers le passé pour The Weeknd. Évoquant ici des ruptures amoureuses (mais avec un ton moins frondeur que celui qu’on a pu entendre de sa part auparavant), là divers remords ou des problèmes de consommation de drogue, notre homme se livre avec une cohérence qui peut parfois devenir un brin linéaire… Surtout qu’avec les puissants extraits Blinding Lights ou Heartless qui ont précédé la sortie de l’album, on a l’impression qu’il avait déjà abattu ses plus grosses cartes.

Si tout va comme prévu, The Weeknd doit se produire au Centre Bell de Montréal le 2 juillet.

*** 1/2