Sacha Baron Cohen a fait sa renommée en piégeant anonymes ou célébrités.

Le créateur de «Borat» refait les 400 coups aux États-Unis

NEW YORK - Le comédien et humoriste britannique Sacha Baron Cohen revient s’amuser de l’Amérique, douze ans après son film «Borat», dans une nouvelle émission qui a déjà fait scandale.

Le premier des sept épisodes prévus de Who is America? (qui est l’Amérique) a été diffusé dimanche sur la chaîne câblée américaine Showtime et le sera lundi sur Canal+ en France.

Devenu célèbre pour sa galerie de personnages, du Kazakh Borat à l’animateur Ali G en passant par l’homosexuel autrichien Brüno, Sacha Baron Cohen a fait sa renommée en piégeant anonymes ou célébrités.

À travers des mises en situation qui flirtent souvent avec l’absurde, il évoque les travers de notre société et en dénonce les dérives.

Il reprend ce principe dans sa nouvelle émission, qui a fait scandale avant même la diffusion du premier volet.

L’ancienne candidate républicaine à la vice-présidence des États-Unis Sarah Palin, victime d’un canular de l’humoriste, a, en effet, dénoncé ses méthodes et son humour «pervers».

Elle a expliqué avoir été invitée à Washington pour dialoguer avec un ancien combattant en fauteuil roulant, qui était en réalité Sacha Baron Cohen.

L’ancienne gouverneure de l’Alaska reproche à celui qui est aussi producteur et scénariste de s’être, à cette occasion, «moqué de ceux qui ont battu et servi notre pays».

La séquence n’a pas été diffusée dans le premier épisode de Who is America?, où il tente de piéger l’ancien candidat à la primaire démocrate Bernie Sanders.

Le sénateur socialiste répond, lui, patiemment aux questions d’un homme soi-disant atteint de maladies chroniques et se sort indemne de l’interview.

Le coup d’éclat de cette première émission intervient en clôture, lorsque Sacha Baron Cohen, sous les traits d’un faux expert israélien en contre-terrorisme, Erran Morad, parvient à faire enregistrer à deux élus républicain sde la Chambre des représentants un message soutenant son faux programme de formation des écoliers aux maniement des armes.

«Nos pères fondateurs n’ont pas fixé de limite d’âge pour le Second amendement» à la Constitution américaine, qui autorise la détention d’une arme, explique ainsi le républicain Joe Wilson, faisant valoir qu’un «enfant de trois ans» doit pouvoir se défendre seul le cas échéant.

L’émission a été globalement saluée par la critique ainsi que plusieurs animateurs et humoristes.

Judd Apatow, réalisateur de Crazy Amy ou 40 ans: mode d’emploi, l’a trouvée «stupéfiante de drôlerie» dans un message posté sur Twitter, tandis que le réalisateur de Get Out, Jordan Peele, l’a jugée «essentielle».