La Société nationale de l’Acadie a dévoilé lundi son mémoire en vue de la demande de renouvellement des licences de la Société Radio-Canada, dans lequel elle présente ses recommandations au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

L'Acadie demande à Radio-Canada de lui donner la place qui lui revient

MONCTON — La Société nationale de l’Acadie (SNA) profite de la demande de renouvellement des licences de la Société Radio-Canada pour demander au diffuseur public de lui donner la place qui lui revient.

La SNA a dévoilé lundi son mémoire en vue de cette demande de renouvellement, dans lequel elle présente ses recommandations au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Parmi ces recommandations, on souhaite voir Radio-Canada mettre en oeuvre une pratique de recrutement décentralisé pour ses journalistes afin de favoriser le talent local, la connaissance des enjeux locaux, ainsi que d’augmenter la diversité d’accents et d’origines sur ses ondes.

«Cela permettrait (...) de déboulonner notre perception que l’accent québécois est mieux ou plus souhaitable que ceux des autres francophones du Canada», écrit-on dans le mémoire.

Le mémoire critique également le peu d’espace accordé aux communautés francophones hors Québec lors de la récente campagne électorale fédérale, l’automne dernier.

La présidente de la Société nationale de l’Acadie, Louise Imbeault, souligne que par le passé, les Acadiens ont souvent exprimé leur soutien à la SRC lorsque des compressions étaient annoncées, mais que leur appui est maintenant conditionnel à ce que la SRC mette en oeuvre leurs recommandations.

On note par ailleurs que bon nombre de ces recommandations «reviennent depuis près de 50 ans».

Mme Imbeault souligne aussi les bons coups du diffuseur public, comme la diffusion de la Fête nationale du 15 août, ainsi que de la soirée des Éloizes, un gala reconnaissant la qualité et l’originalité du travail des artistes professionnels de l’Acadie et des individus et organismes qui soutiennent les arts.

«Ce sont des améliorations que nous notons et qui méritent d’être célébrées, mais il ne faut toutefois pas se limiter à cela. La SRC doit favoriser davantage les avenues pour permettre au contenu culturel hors Québec d’intégrer ses ondes, sans quoi, c’est la mémoire québécoise dans toute sa diversité qui continue d’être préservée au détriment de la nôtre - et de celle de la francophonie canadienne dans son ensemble», indique-t-elle par communiqué.