La ménagerie de DreamWorks au MCH

Le Musée canadien de l’histoire héberge l’exposition DreamWorks Animation, qui, à défaut de plonger dans les profondeurs séculaires qu’on attend de cette institution muséale, raconte « l’histoire contemporaine » des techniques d’animation.

À travers quelque 400 esquisses, photos, dessins originaux, « scénarimages », sculptures, maquettes en 3D et documents vidéo prêtés par les studios américains DreamWorks, cette expo itinérante — sous-titrée Une aventure, du croquis à l’écran — donne surtout un bel aperçu du travail graphique colossal et du processus créatif complexe qui caractérise les productions animées de cette envergure.

Un travail de fourmi. (Ou de Fourmiz, plutôt ; permettons-nous ce clin d’œil au tout premier long métrage animé de DreamWorks, sorti en 1998, et dont l’expo fournit quelques détails de coulisses.) Car « les films d’animation d’aujourd’hui sont beaucoup plus que de simples divertissements (...) ; ce sont des chefs-d’œuvre artistiques, technologiques et narratifs », rappelle le directeur général du MCH, Jean-Marc Blais.

Ni notre cœur d’enfant ni notre œil d’esthète n’oseraient le contredire, et encore moins après avoir passé une heure et demi dans les salles de l’exposition, dont il aura presque fallu nous extirper de force, tant on s’était perdu dans l’observation attentive et impressionnée de toutes ces maquettes et illustrations d’une minutie hallucinante. 

À preuve, ces spécialistes de la culture maya appelés en renfort des créateurs de La route d’Eldorado qui bossaient sur les décors. À preuve, cette vidéo témoignant des connaissances scientifiques (en physique, notamment) qu’implique la réalisation d’effets spéciaux. À preuve, la qualité, les détails et les textures des personnages dessinés par les directeurs artistiques de Dreamworks durant leurs recherches, ou la précision des personnages sculptés, qui servent de référence aux illustrateurs, pour les aider à appréhender les volumes et les jeux de lumière. À preuve, les explications sur la symbolique des couleurs choisies pour caractériser les « cinq cyclones » de Kung Fu Panda, qui n’ont pourtant pas la même signification en Orient et en Occident.

On survole 20 ans de production cinématographique. Ils sont venus, ils sont tous là : des plus familiers – Shrek l’ogre bougon ; la sympathique ménagerie de(s) Madagascar ; le Krokmou du très populaire Dragons, qui plane au-dessus de nos têtes – aux plus anciens (Le prince d’Égypte, Simbad, Gang de requins, l’étalon Spirit, etc.), jusqu’au tout récent Les Trolls (2016), sans oublier Poulets en fuite, coproduite avec les studios Aardman.

Des ateliers interactifs permettent de toucher du doigt les effets de la technologie numérique. 

À l’ordinateur, on peut ainsi jouer avec les émotions de certains personnages en manipulant leurs expressions faciales, un sourcil à la fois. Ou modifier la puissance et la couleur d’une source de lumière d’une image, pour observer comment ces simples éléments « influencent » l’émotion dégagée à l’écran. 

Le Vol du dragon

La partie la plus spectaculaire, de l’expo est aménagée dans une petite salle de projection où se trouve un écran panoramique géant, incurvé, qui couvre tout notre champ de vision (à presque 180º). Il accueille une courte séquence animée d’un vol de dragon, mis en scène en vue subjective, de façon à ce que le spectateur placé au centre de la salle ait la quasi-sensation de voler au-dessus des paysages, décors et guerriers vikings de Dragons.

Le Musée organise de nombreuses activités spéciales en lien avec l’exposition, qui ouvre ses portes ce 8 décembre, et se poursuit jusqu’au 8 avril. 

On regrettera que l’Aylmerois d’origine Dean De Bois (coréalisateur de Dragons) n’ait pas été associé à ces activités, et qu’il faille se contenter d’une courte entrevue vidéo de lui, bien impersonnelle.

DreamWorks a en tous les cas réussi son pari : donner envie de revoir l’intégrale de ses œuvres animées. Coïncidence pratique, quatre de ses films (Les Trolls, Dragons, Madagascar 3 et Shrek)seront projetés au Ciné+ du MCH pendant la durée de l’exposition.


POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 8 avril

Où ? Musée canadien de l’histoire

Renseignements : museedelhistoire.ca ; 819-776-7000