La gymnastique de l'amour, par Anthony Roussel ***

Anthony Roussel reprend presque in extenso les quatre morceaux de Mimi, mini-album paru plus tôt cette année, afin d’étoffer la thématique de La gymnastique de l’amour.

On y retrouve la voix d’Andrea Lindsay, venue apposer son accent ontarien sur Vingt ans et Je bois du vin, très réussies. Mimi, jolie ballade blessée, est resservie en mode acoustique, guitare-voix. 

Ce deuxième long jeu déploie, sur des tonalités pop-rock, une série de romances écorchées qui, fortes de l’esprit analytique de Roussel, finissent par dessiner une sorte d’apprivoisement de la solitude. Rien d’aussi ludique ou «hop! la vie» que La mécanique de l’amour de Stefie Shock (auquel le titre semble cligner de l’œil), mais on ne peut que de se demander s’il n’y aurait pas, sous le masque du spleen, une sorte d’éloge au désordre amoureux, pour les lumières poétiques qu’il fait naître.

Roussel flirte avec les zones grises du désarroi, sans avoir les noirceurs luminescentes d’un Antoine Corriveau ou les beautés rapeuses d’un Moran, mais il est très bien parti: ses textes s’enrichissent à chaque écoute et sa voix éraillée résonne au plus profond des tripes.