Julie Roy, archiviste-coordonnatrice du bureau sherbrookois de Bibliothèque et Archives nationale du Québec.
Julie Roy, archiviste-coordonnatrice du bureau sherbrookois de Bibliothèque et Archives nationale du Québec.

La généalogie, un loisir idéal pour temps de pandémie

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
On le sait, les services de Bibliothèques et Archives nationales Québec (BAnQ) ont été pris d’assaut au début de la pandémie. La clientèle a connu une hausse de 40 pour cent au début du confinement. Maintenant que plusieurs loisirs sont redevenus inaccessibles en raison de la zone rouge, on peut supposer que certaines personnes en mal d’occupations pourraient se tourner vers l’offre en ligne de BAnQ. D’autant plus que s’amorce vendredi la Semaine nationale de la généalogie, du 21 au 28 novembre.

Habituellement, le bureau sherbrookois organise au moins une activité publique pour souligner l’événement. Cette année, tout se fera numériquement... mais c’est déjà presque le cas en temps normal : une multitude de services étaient proposés en ligne gratuitement bien avant le début de la pandémie, et Julie Roy, archiviste-coordonnatrice de BAnQ Sherbrooke, profite de l’occasion pour le rappeler.

« Les gens sont chez eux et ils cherchent une manière différente de se divertir, autre que regarder défiler des pages Facebook ou des séries télé en rafale. Certains souhaitent trouver une occupation intellectuelle gratifiante et la généalogie offre ça. C’est une activité qui peut même devenir obsédante, car elle sollicite nos talents d’enquêteurs. Quand on rentre dans sa propre histoire, ça peut vite se transformer en téléroman. On se laisse entraîner par les découvertes. »

Pour les personnes qui ont envie de s’initier à ce loisir, BAnq mettra en ligne, le 23 novembre sur sa chaîne YouTube, la première d’une série de capsules sur l’abc de la généalogie.

« Mais il y a déjà, pour les plus jeunes, l’activité Ton enquête généalogique, qui peut se réaliser avec les parents et même les grands-parents. D’ailleurs, cela peut devenir un prétexte de rapprochement intergénérationnel. Quand on s’interroge sur ses ancêtres, c’est l’occasion d’appeler son grand-père ou sa grand-mère pour avoir une conversation privilégiée et les écouter se raconter. »

On peut également télécharger un fichier d’arbre généalogique prêt à être rempli et imprimé.

Trois étapes

Julie Roy divise la recherche généalogique à la BAnQ en trois étapes. « Il faut commencer par s’abonner à la BAnQ, ce que l’on peut faire à distance, gratuitement. Cela donne accès aux bases de données généalogiques. Il y en a deux en ligne : Mes Aïeux et le PRDH (Programme de recherche en démographie historique). Elles regroupent les données sur les baptêmes, mariages et sépultures, de la colonisation jusque dans les années 1990 dans le cas de Mes Aïeux. »

Le Québec est considéré comme un endroit de rêve pour un passionné de généalogie, parce que les archives y sont parmi les plus complètes du monde. En effet, les naissances, décès, mariages et autres y ont été notés avec soin dès les débuts de la colonie et aucune grande guerre n’est venue détruire de précieux documents. Depuis, ce sont plus de 13 millions de documents d’archives qui ont été numérisés.

« Certaines personnes s’arrêtent à la deuxième étape, mais la troisième est, selon moi, très intéressante, quand on veut mettre de la chair autour de l’identité de nos ancêtres, poursuit Julie Roy. Les registres d’état civil permettent de retrouver le métier. La base de données de coroners répertorie les décès violents ou suspects. Les actes notariés relatent les achats et ventes de propriété, les testaments... » 

Julie Roy souligne toutefois qu’il y a toujours une personne au bout du fil pour les citoyens qui rencontrent un problème avec les services en ligne ou souhaitent parler à quelqu’un. « Nous ne sommes pas là uniquement pour répondre aux questions, mais vraiment pour offrir un accompagnement. Les gens doivent se sentir tout à fait à l’aise de nous téléphoner », insiste-t-elle.

En tapant « BAnQ Sherbrooke » dans Google, on se retrouve automatiquement sur la page du bureau sherbrookois, avec toutes ses coordonnées.