Le restaurant de Paul Bocuse, L’Auberge du Pont de Collonges, situé tout près de Lyon, a obtenu trois étoiles dans le guide Michelin, la bible des gastronomes, en 1965.

La France perd une figure mythique

PARIS — Paul Bocuse, le chef qui a incarné la gastronomie française pendant près d’un demi-siècle, est décédé à l’âge de 91 ans, ont annoncé les autorités françaises.

Dans un communiqué, le président de la France, Emmanuel Macron, a précisé que M. Bocuse s’était éteint samedi à Collonges-au-Mont-d’or, la ville où il est né et où se trouve son restaurant.

« Aujourd’hui, la gastronomie française perd une figure mythique qui l’aura profondément transformée. Les chefs pleurent dans leurs cuisines, à l’Elysée et partout en France », a déclaré M. Macron.

Outre un triple pontage cardiaque effectué en 2005, celui que l’on surnommait le « pape de la gastronomie française » était atteint de la maladie de Parkinson.

Né le 11 février 1926 au sein d’une famille de cuisiniers dont il faisait remonter l’origine aux années 1700, Paul Bocuse a continué de monter la garde dans la cuisine de son célèbre restaurant même après avoir pris sa retraite, surveillant les invités et allant parfois les accueillir.

L’établissement à la façade colorée s’élevant par de la rivière Saone était comme un temple pour M. Bocuse, qui y avait vu le jour, et les autres grands chefs de ce monde.

L’édifice avait appartenu aux parents du chef et ce dernier y a vécu toute sa vie. Dans une entrevue avec l’Associated Press, il avait révélé dormir dans la chambre où il était né, juste au-dessus de la salle à dîner, mais qu’il avait pris soin de « changer les draps ».

Paul Bocuse a commencé son apprentissage à 16 ans. Il a travaillé au fameux restaurant La Mère Brazier à Lyon puis a passé huit années avec l’une de ses idoles culinaires, Fernand Point, qui a préparé le terrain au mouvement de la nouvelle cuisine avec des sauces plus légères et des légumes frais légèrement cuits.

Capable de s’adapter aux changements, M. Bocuse a réussi à faire sa marque en récoltant une première étoile Michelin en 1958, une seconde en 1960 et une troisième en 1965.

Non content d’être un chef renommé, il a mis à profit ses talents de cuisinier et d’homme d’affaires pour créer un empire gastronomique international allant de la restauration rapide à la haute cuisine. Mais ce qui faisait sa fierté, c’était de transmettre son savoir à la relève par l’entremise de la Fondation Paul Bocuse, créée à Lyon en 2004. Le Bocuse d’Or, une compétition internationale pour les jeunes chefs, est devenu une vitrine importante de la profession depuis son lancement en 1987.

Si les cuisines de Paul Bocuse étaient impeccablement rangées, sa vie personnelle l’était beaucoup moins. Il a reconnu dans une biographie partager simultanément sa vie avec trois femmes.