La famille de l'entreprise de distribution de disques DEP pourrait être la mise à mort du disque physique comme on le connaît.

La faillite de DEP signe l'arrêt de mort du disque physique

La faillite du distributeur de disques québécois DEP a-t-elle signé l'arrêt de mort du disque physique ? Oui, répondent en choeur - mais pas de gaîté de coeur - plusieurs artisans du milieu de la musique, au lendemain de l'annonce qui a eu l'effet d'une bombe, lundi.
« C'est toute une prise de conscience pour l'industrie, quand un distributeur majeur comme DEP ferme ses portes, dans la foulée de celle des magasins HMV », fait valoir Simon Robitaille, de Taxi Promo, qui représente entre autres Mélissa Bédard, Maxime McGraw, Joannie Benoît et François Lachance.
« Les maisons de disques vont devoir sérieusement se poser la question : est-ce que le temps est venu de laisser tomber les copies physiques une fois pour toutes ? » soulève l'agent de promotion et gérant du même souffle.
Pour la directrice générale de l'Association des professionnels de la musique et de la chanson (APCM), Natalie Bernardin, la réponse ne fait aucun doute : « Oui ! » 
« Nous étions déjà en train de négocier le virage numérique. Là, il vient de prendre une courbe pas mal plus accentuée d'un seul coup... Mais la route, elle, demeure devant nous », tient-elle à rappeler.
Mme Bernardin compare la situation à l'agonie d'un proche qui prend fin. « On pleure aujourd'hui, mais on va arrêter de souffrir et se donner les moyens de passer à autre chose », croit-elle.
Selon Simon Fauteux, de Six Média, la situation actuelle tend à prouver que ce n'est pas la musique qui se porte mal, mais bien son modèle de commercialisation. 
« L'offre en magasins ne faisait que diminuer depuis plusieurs années, alors que la musique pullule sur nos ordinateurs. C'est donc un pas de plus vers la dématérialisation du produit, alors que le streaming prend de plus en plus de place dans les habitudes des consommateurs. »
Plateformes d'écoute en continu et ventes numériques : le déplacement vers le Web ne fait que se confirmer, à son avis. Le hic, c'est que bien peu d'artistes cumulent assez d'écoutes pour que cela soit vraiment payant pour eux.
« C'est le début d'un temps nouveau, mais un temps qui n'est pas nécessairement joyeux dans l'immédiat... » commente pour sa part Steve Jolin, des Disques 7ième Ciel, étiquette indépendante où loge notamment Koriass, Alaclair Ensemble et Manu Militari.
« Pour le moment, l'objectif principal, c'est de limiter les dégâts pour protéger nos artistes, nos projets, nos inventaires et nos investissemements. Comme on ne sait pas encore comment les choses vont se régler, il est trop tôt pour chiffrer nos pertes », enchaîne M. Jolin.
La faillite de DEP ne sera cependant pas sans impact financier pour les artistes qu'il gère et qui ne recevront pas leurs redevances, soutient quant à lui Simon Robitaille, de Taxi Promo. « L'artiste se retrouve bien loin sur la liste des créanciers, dans de telles situations », déplore-t-il.