Simon Trottier, Mathieu Charbonneau, Mark Wheaton et Taylor Kirk, le noyau dur de Timber Timbre

La double vie de Mathieu Charbonneau

Par le plus récent album de Timber Timbre, «Sincerely, Future Pollution», Mathieu Charbonneau a officialisé son rôle de membre à part entière de la formation menée par Taylor Kirk. Du coup, le Franco-Ontarien de souche a dû trouver un terrain d’entente avec ses comparses d’Avec pas d’casque, l’autre groupe dont il fait partie, afin de continuer à faire de la musique sur tous les fronts. Y compris dans sa région natale, le 16 novembre, alors que Timber Timbre s’arrêtera pour la première fois à Ottawa dans le cadre de son actuelle tournée.

« Le plus difficile à concilier, ce ne sont pas les univers musicaux totalement différents de Timber Timbre et d’Avec pas d’casque, mais bien leurs calendriers de tournées ! clame le principal intéressé. Je suis tout à fait à l’aise de passer d’un monde à l’autre, sur scène. En fait, ça me fait du bien, et je me trouve super chanceux de pouvoir varier comme ça, entre deux mondes ! »

Or, si en 2014, il a pu terminer la tournée d’Astronomie avec la bande de Stéphane Lafleur pour commencer celle suivant le lancement de Hot Dreams dès le lendemain soir avec Timber Timbre, Mathieu Charbonneau n’a pas eu la même veine cette fois. Les nouveautés des deux groupes sont sorties presque en même temps, en début d’année. Si bien que le musicien a dû ajouter la jonglerie d’horaires à ses talents.

« J’ai mes meilleurs amis dans les deux groupes et je ne veux pas avoir à choisir, soutient le claviériste. Cela dit, Stéphane est bien conscient qu’une tournée avec Timber Timbre, c’est au moins une centaine de dates par année pour les deux prochaines années, alors qu’on parle d’une tournée quand même plus modeste pour Avec pas d’casque… Et puis, c’est beaucoup plus facile pour moi de m’ajouter à son groupe pour quelques prestations que l’inverse : le spectacle de Timber Timbre n’existe pas si on n’est pas les quatre sur scène ! »

Les quatre mousquetaires en question sont, outre le chanteur et leader Taylor Kirk, le guitariste Simon Trottier et le batteur Mark Wheaton (qui a pris le relais d’Olivier Fairfield, sur scène). C’est avec eux que Mathieu Charbonneau a passé plus de deux mois à sillonner l’Europe jusqu’à tout récemment.

« Sur Creep On Creepin’ On, j’avais décroché un contrat de studio pour jouer des claviers et du piano. Après l’enregistrement de Hot Dreams, je suis parti sur la route avec le groupe à temps plein, pendant deux ans. Cette fois, pour ce troisième disque auquel je participais, j’ai été présent des premières ébauches de chansons jusqu’à la fin du processus de production. Je ne suis plus juste un interprète et un musicien de studio ou de tournée : je suis vraiment un membre de Timber Timbre ! »

Transposition organique

Ce statut confirmé lui a notamment permis de proposer deux pièces instrumentales (Skin Tone et Bleu nuit), co-composées avec Simon Trottier, qui ont trouvé leur place sur le disque.

« Taylor avait plutôt l’habitude d’arriver avec des idées très spécifiques, mais cette fois, tout était plus embryonnaire quand on s’est retrouvés pour lancer ce nouveau projet. On a donc passé trois, quatre mois tous ensemble, à Montréal, à tester des trucs tous les jours, avant d’entrer en studio. »

Avec pour effet que ce dernier considère que Sincerely, Future Pollution s’avère l’album dont la transposition sur scène s’est faite le plus naturellement par la suite. « Mais ça, ça tient peut-être aussi au fait qu’on a opté pour des instruments plus faciles à transporter pour créer nos nouvelles pièces ! »

Mathieu Charbonneau savait « depuis longtemps » qu’il souhaitait gagner sa vie à tourner ainsi de manière intensive. L’artiste a cependant dû prendre en considération un autre élément dans sa logistique, cet automne : sa fillette, qui aura bientôt six ans, a commencé l’école. 

« Ma femme est aussi musicienne et, avant, on pouvait amener notre fille sur la route avec nous, en fonction de nos tournées respectives. Là, on compose avec la nouvelle réalité d’avoir une enfant à la maternelle, ce qui nous rend moins mobile sur de longues périodes. »

Mathieu Charbonneau n’a donc pas fini de jongler. Parce qu’une chose est sûre : il n’a pas fini de jouer de la musique non plus.


POUR Y ALLER

Quand ? Le 16 novembre, 20 h

Où ? Centre Bronson

Renseignements : spectrasonic.com