La production de la série de télé <em>Hostel Qc</em> permet à David Jalbert, ici en compagnie de sa conjointe Alexandra Chénard, de jumeler ses deux passions : la musique et les voyages.
La production de la série de télé <em>Hostel Qc</em> permet à David Jalbert, ici en compagnie de sa conjointe Alexandra Chénard, de jumeler ses deux passions : la musique et les voyages.

La double vie de David Jalbert

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Dire que David Jalbert est un verbomoteur est un euphémisme.

Il a de la jasette, le David. Et rares sont les artistes qui « jasent » avec autant de lucidité.

L’auteur-compositeur-interprète de 40 ans vient à peine de lancer son sixième album, Le doigt d’honneur, qu’il a presque terminé l’écriture du tome 2. Il l’a fait surtout parce qu’il a du temps, beaucoup de temps à consacrer à son art.

«En fait, je devrais plutôt dire que je partage bien mon temps, confie-t-il lorsque joint par Le Droit. J’écris mon album, je négocie avec un diffuseur le lancement de ma série de télé, je fais du bénévolat à l’épicerie, je remplis mon rôle de père de trois ados et celui de chum à temps plein.»

Après plus de 15 ans à bourlinguer sur la planète musique, il a aussi déposé son sac à dos dans plusieurs pays à travers le monde. D’ailleurs, sa passion pour les voyages l’a conduit à monter une série de télé consacrée à ses talents de globe-trotteur.

Intitulée Hostel Qc, déjà deux saisons de six épisodes chacune sont tournées et prêtes à être diffusées. La première saison a conduit Jalbert et son invitée, la comédienne Annie Dufresne, en Irlande. L’an dernier, c’est au Japon que le musicien-voyageur et son équipe se sont arrêtés, et ce, en compagnie de l’humoriste Jérémy Demay.

«Le concept de l’émission est de voyager avec un artiste invité et une dizaine de personnes du public et de découvrir le pays en mode sac à dos, explique Jalbert. Avant la pandémie, nous avions prévu de visiter l’Italie et l’Espagne pour tourner deux autres saisons, mais évidemment, tout a été mis sur la glace.»

Présentement, des négociations sont entamées avec le Groupe TVA pour la diffusion des deux saisons déjà en boîte.

David Jalbert

Un autre album

Pour ce qui est de la musique, l’auteur-compositeur a presque terminé le tome 2 de Le doigt d’honneur dont le premier tome, le sixième effort studio de David Jalbert, a été lancé le 27 mars dernier. Lors de l’enregistrement, il a pu compter sur plusieurs collaborateurs, dont Sonny Caouette, Gabriella, William Deslauriers et Christian Marc Gendron.

L’album met de l’avant le «lâcher-prise et les apprentissages faits de nos erreurs», raconte-t-il. «Ce disque prône la simplicité et l’unicité. C’est un doigt d’honneur au fait de vouloir plaire à tout le monde.»

Déjà, les ventes en ligne se portent très bien, tout comme la réception auprès des critiques et des stations de radio. «Nous sommes très heureux du succès de l’album jusqu’à présent, ajoute-t-il. Je suis aussi très fier de mon travail, de ce que j’ai offert comme vérités autant dans mes textes que dans la musique. J’ai l’impression d’avoir mis fin à une période plutôt voilée de ma vie. Comme si j’étais resté des années dans un sous-bois pour finalement revenir à la maison.»

La carrière de Jalbert a été basée, selon lui, plus sur l’obligation de faire que sur l’envie de donner.

«J’ai toujours eu une formule, une recette pour écrire des chansons, avoue-t-il. Je tentais de trouver des accents, des mots, des accords qui pourraient plaire au plus grand nombre : Québécois ou Français. Aujourd’hui, j’écris comme un Québécois qui parle à ceux et celles qu’il aime. On reconnaît souvent un bon auteur à sa variété de pronoms personnels. Je me devais d’écrire au “on”. De dire, on lève notre verre, on fait la fête. Ça me fait le plus grand bien et ça me rend heureux d’écrire avec cœur, non seulement avec ma tête.»

Un gars heureux, David Jalbert l’est assurément aujourd’hui. Au fil des derniers mois ou des dernières années, il a réussi à mettre les pieds dans ses territoires sombres, dans ses zones de noirceur qu’il a toujours redoutés. «Je me suis rendu compte que je faisais mon métier à l’envers, explique-t-il. On dirait que, sur scène, je tentais de plaire aux trois personnes qui avaient les bras croisés au lieu de m’amuser avec les 300 autres qui avaient du fun. Je me sens beaucoup mieux depuis que j’ai arrêté d’essayer de plaire ou d’essayer de faire ce que les autres attendaient de moi. J’ai tout simplement arrêté de faker. Et ça, autant dans mon métier que dans ma vie personnelle. Par exemple, en amour, il suffit de se lever le matin en voulant améliorer le sort de l’autre pour que l’amour prenne toute la place. Et ça, ça ne se fait pas en faisant semblant.»

En plus de tous ses projets, Jalbert a trouvé le temps de tourner un vidéoclip « maison » de la chanson Back to the Shack a été publié au début du mois mai. «J’ai tellement eu de plaisir à tourner ce vidéo, confie l’artiste. Je l’ai fait avec mon iPhone, dans mon spa et avec les moyens du bord. J’ai l’impression que mes voisins ne me le pardonneront jamais (rire).»