La Compagnie Créole présentera ses chansons les plus appréciées au cours de sa prochaine tournée québécoise, laquelle s'arrêtera à Sherbrooke en mars.

La compagnie créole: 30 ans de succès au Québec

La Compagnie Créole célébrera le 30e anniversaire de son premier spectacle au Québec en effectuant une tournée chevauchant l’hiver et le printemps. Ses membres offriront une double dose d’exotisme et de chaleur à un moment où leurs admirateurs d’ici portent leur nordicité comme une croix.

Les débuts sur scène de la formation antillaise ont eu lieu à Montréal, au Théâtre Saint-Denis. Elle avait ensuite joué à Québec et à Ottawa, un circuit emprunté une nouvelle fois en 1989. Ensuite, la vague est devenue si forte qu’elle a embrassé tout le territoire, un phénomène qui semble résister au passage du temps.

« Nous sommes les premiers étonnés de constater que l’engouement se maintient au Québec et en France. Maintenant, on voit des gens assister aux spectacles avec leurs enfants. Plusieurs, parmi ceux-ci, ont appris nos chansons à l’école sans savoir que nous en étions les auteurs », a souligné l’élément féminin du quatuor, Clémence Bringtown, au cours d’une entrevue téléphonique.

Elle se trouvait à Paris, loin de l’hiver québécois, mais pas effarouchée pour deux sous à l’idée de revenir au pays du froid. « Je ne suis pas découragée par ça », lance la chanteuse en riant. La perspective de renouer avec le public québécois lui sourit, en effet. Elle amène la dame originaire de la Martinique à ressasser de doux souvenirs.

Parmi eux, mentionnons la fois où la Compagnie Créole a affiché complet au Forum de Montréal, en 1993. Le point commun à tous leurs rendez-vous québécois : la chanson Un cadeau du ciel.

« Ce fut l’un de nos plus gros succès au Québec, où cette chanson a marché plus fort qu’en France. Chez vous, nous sommes obligés de la faire », reconnaît Clémence Bringtown. D’autres pièces, en revanche, ont cartonné de chaque côté de l’Atlantique, qu’il s’agisse de Ça fait rire les oiseaux, Vive le douanier Rousseau ou Bons baisers de Fort-de-France, pour ne donner qu’une poignée d’exemples.

Un groupe médicament

Elles seront évidemment reprises au cours de la tournée québécoise, où leur effet sur le public devrait être aussi puissant que dans les années 1990. « Les textes sont légers. Ce ne sont pas des chansons intellectuelles, mais elles prêtent au rêve, au voyage. C’est ainsi que pendant une heure et demie, tout le monde oublie ses soucis, ce qui est extraordinaire, parce que le stress constitue un poison », estime l’interprète.

Elle ajoute, en riant, que des Français demandent que le prix des billets soit remboursé par la Sécurité sociale.

Plus sérieusement, l’artiste évoque l’état mental de cette planète, la haine qui se propage aussi rapidement que le virus de la grippe, l’individualisme rampant, pour expliquer le besoin ressenti par les admirateurs.

« À l’étape où nous sommes rendus, nous ne recherchons ni la gloire ni l’argent. Notre mission première en tant que groupe consiste à apporter de l’amour aux gens, et comme il s’agit d’un partage, nous aussi, une fois sur scène, nous oublions nos problèmes. Ça représente un bel exutoire », fait valoir Clémence Bringtown.

POUR Y ALLER

Quand ? 28 février, 20 h

Où ? Maison de la culture de Gatineau

Renseignements : maisondelaculture.ca ; 819-243-2525