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Loïc Corbery, ici en 2017 pendant la représentation de <em>La tempête</em> de Shakespeare, est l'un des sociétaires de la Comédie-Française qui participe à la lecture d'<em>À la Recherche du temps perdu.</em>
Loïc Corbery, ici en 2017 pendant la représentation de <em>La tempête</em> de Shakespeare, est l'un des sociétaires de la Comédie-Française qui participe à la lecture d'<em>À la Recherche du temps perdu.</em>

La Comédie-Française propose un marathon virtuel de lecture proustienne

Agence France-Presse
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Depuis la fermeture des salles de spectacle en France fin octobre, un public virtuel se délecte du marathon de lecture par les comédiens de la Comédie-Française du chef d’œuvre de Marcel Proust À la Recherche du temps perdu.

Le cap de la 100e lecture de l’œuvre monumentale va être dépassé mardi, les acteurs se relayant soir après soir pour faire vivre les personnages du narrateur, de Swann ou de la duchesse de Guermantes, en direct, derrière un écran.

Le temps d’une heure, sur les réseaux sociaux de la «Maison de Molière», surnom de la Comédie-Française, ce qui avait commencé comme une idée pour garder le contact avec le public en temps de pandémie s’est transformé en un petit succès sur la toile (un total d’environ 1,4 million de vues depuis le 10 novembre et entre 10 000 et 100 000 vues par lecture).

Il y a les fidèles de la première heure, d’autres qui sont arrivés en cours de route. La plupart, commentant en direct en bas de l’écran, se félicitent que ce soit plus des «interprétations» que des lectures, d’autres remercient la vénérable institution de «nourrir l’esprit en ces temps difficiles» ou encore d’«apporter un peu de rêve à nos jours inquiétants». Et certains se prennent même à critiquer un débit trop lent ou trop rapide.

«À la portée de tous»

«C’est comme si on était dans un salle de 800 personnes et que chacun se mettait à crier “ouais, c’est pas mal” ou “t’as fourché là par contre”», rit Loïc Corbery, sociétaire de la troupe.

S’il préfèrera toujours avoir devant lui «trois personnes dans une salle plutôt que des milliers derrière leur écran», il se réjouit de l’idée d’attirer des gens qui «n’auraient jamais abordé l’œuvre» sans cette lecture.

«Moi qui n’ai jamais pu entrer dans les phrases labyrinthiques de Proust, je déguste les mots dits par Guillaume Gallienne», un autre acteur de la Comédie-Française, lit-on dans les commentaires. Beaucoup sont ravis qu’on mette le chef d’œuvre «à la portée de tous».

D’après les sociétaires interviewés par l’AFP, l’exercice, proposé par l’administrateur général de la troupe Eric Ruf, n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît.

«Habituellement, on entre en scène en troupe, dans un spectacle répété pendant des mois, là, on est seul face à une œuvre extrêmement dense, c’est un saut dans le vide, mais c’est un exercice que j’aime bien», indique Loïc Corbery.

«Le bruit de l’écoute dans une salle est très particulier, il y a un échange, affirme Eric Génovèse. Là, on essaie de ne pas lâcher les téléspectateurs mais on ne sait pas s’ils écoutent ou s’ils ont éteint leurs ordinateurs.»

«C’est une lecture en direct donc il y a une petite pression», sourit Elsa Lepoivre.