Menteur, le nouveau film d’Émile Gaudreault, met en vedette Louis-Josée Houde et Antoine Bertrand.

La comédie fantastique d’Émile Gaudreault

Une comédie estivale, une brochette d’acteurs de premier choix, un duo tête d’affiche-réalisateur qui a collaboré sur de grands succès du cinéma québécois. Tous les ingrédients semblent réunis pour faire de Menteur LA comédie québécoise de l’été. À quelques jours de la grande première, le réalisateur, coscénariste et coproducteur Émile Gaudreault, lui, reste convaincu d’une chose: s’il y a une recette pour faire un succès, c’est d’être conscient qu’il n’y a justement pas de recette pour le faire.

Émile Gaudreault, qui a vécu à Lac-à-la-Croix, Alma et Jonquière, a collaboré avec Louis-Josée Houde sur De père en flic 1 et 2 et Le sens de l’humour. Même si ces trois films ont connu du succès aux guichets, le réalisateur confirme qu’il n’y a rien d’acquis au cinéma, même lorsqu’on réunit une équipe qui a fait ses preuves. «On doit travailler autant sinon plus chaque fois. Ce n’est pas parce que Louis-José et moi travaillons ensemble que ça va être un succès. Même si on réunit des gens de talent, si un scénario n’est pas abouti, on ne peut réussir à rendre un film abouti. C’est pourquoi je travaille beaucoup le scénario», explique-t-il d’emblée.

Le scénario de Menteur, justement, a de quoi susciter l’intérêt à lui seul. Le film raconte l’histoire de Simon (Louis-José Houde), un menteur compulsif qui, après avoir fait un mensonge de trop, voit tout ce qu’il a inventé au fil des années se réaliser.

«C’est une des premières comédies fantastiques québécoises. C’est un peu comme dans Le jour de la marmotte, où quelque chose se passe et que les lois de l’univers sont changées», décrit-il.

Menteur raconte l’histoire de Simon (Louis-José Houde), un menteur compulsif qui, après avoir fait un mensonge de trop, voit tout ce qu’il a inventé au fil des années se réaliser.

L’idée de Menteur est apparue à Émile Gaudreault en 2014. «J’ai un ami mythomane. Il utilise souvent son fils comme excuse. Il dit aux gens qu’il est gravement malade. Un jour, je me suis dit que son fils allait finir par tomber malade pour vrai, que l’univers allait le punir, raconte-t-il. C’est comme ça que l’idée a germé.»

Cette idée, il en était si fier qu’il s’est étonné de découvrir que personne ne l’avait eue avant lui.

«La plus grande pression cette fois était de faire un film à la hauteur de cette idée forte. J’ai fait beaucoup de recherches pour trouver un fond émotif. Quand j’ai trouvé la clé, l’histoire a pu être complétée. »

Le projet présentait cependant un défi de taille: le budget. Effectivement, pour une première fois, le réalisateur a eu recours à nombre d’effets spéciaux. «Au départ, on n’avait pas assez d’argent des investisseurs pour avoir des effets spéciaux. On a réussi à les convaincre. Ce n’est pas un caprice. C’était nécessaire à l’histoire », affirme-t-il.

Émile Gaudreault a hâte de présenter sa nouvelle comédie fantastique au public. Menteur sort dans les salles du Québec le 10 juillet.

De grands noms

Évidemment, Émile Gaudreault était heureux de collaborer à nouveau avec Louis-Josée Houde. «C’est un partenaire précieux, un grand acteur qui a aussi le charisme qu’il faut pour porter un film sur ses épaules. »

Le film lui a également permis de retrouver son amie du Groupe Sanguin, Marie-Lise Pilote, ainsi que Sonia Vachon, Patrice Coquereau et Luc Senay, des acteurs avec qui il aime collaborer.

Menteur lui a également fourni une première occasion de travailler avec Antoine Bertrand. Une série de grands noms se sont aussi joints au projet. «Une fois que j’avais Antoine Bertrand et Louis-José Houde dans le projet, je n’avais pas besoin d’autres stars. Mais moi, je mourrais d’envie de travailler avec Anne-Élisabeth Bossé et Geneviève Schmidt, par exemple. »

Constater que les acteurs n’hésitent pas à collaborer avec lui le réjouit. «Les acteurs aiment travailler avec moi parce qu’ils savent que je les adore, que je les respecte et que je les admire. Que les acteurs déplacent des choses de leur agenda pour jouer dans mon film, c’est un beau compliment.»

Menteur révèle également un nouveau visage au cinéma. Après quatre auditions, le rôle de Chloé, une jeune interprète, a été confié à Catherine Chabot, une actrice qui joue habituellement dans ses propres pièces. «Je l’ai vu au théâtre il y a deux ans et j’ai été saisi par l’actrice et ses mots. Quand je l’ai rencontrée, j’ai vu qu’elle avait cette personnalité ‘‘bubbly’’ et le charisme pour le rôle. Les autres acteurs sont des bombes de charisme. Je ne pouvais pas amener n’importe qui avec eux.»

Aujourd’hui, Émile Gaudreault a hâte de présenter Menteur. Les projections devant public en cours de montage lui laissent croire que la réaction sera bonne. Il préfère toutefois quitter la province le jour de la sortie, afin d’échapper aux premières données sur le nombre d’entrées en salles.

«Je reviendrai une semaine plus tard. Maintenant, on peut voir les chiffres après chaque représentation dans chaque salle. C’est de la torture!»

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UNE BOÎTE DE PRODUCTION FIDÈLE À SES RACINES

(AMG) — Émile Gaudreault demeure attaché à ses racines. Il vient tout juste de fonder sa propre boîte de production, qu’il a choisi de baptiser Les films du Lac. 

Après avoir coproduit De père en flic 2 avec Denise Robert, il récidive cette fois avec sa propre boîte de production. Menteur est le premier film coproduit par Les films du Lac.

«Je coproduis le film avec Denise Robert. J’étais rendu là.» 

Le nom fait évidemment référence au lac de son enfance et les vagues du logo arborent les couleurs du drapeau régional. 

Émile Gaudreault a vécu à Lac-à-la-Croix, puis à Alma jusqu’à l’âge de 19 ans, avant d’emménager à Jonquière. 

Il s’est installé dans la métropole québécoise avec le Groupe Sanguin lorsqu’il avait 22 ans.

«La région m’habite. Tout vient de là. Je suis un produit de la région», estime-t-il.