François Legault cherche 838 millions$ pour financer ses engagements électoraux, mais la ministre Nathalie Roy n’a pas l’intention de couper les vivres aux acteurs du milieu culturel.

La CAQ continuera d’investir en culture

MONTRÉAL — Bien qu’il ait annoncé récemment qu’il visait des économies de 838 millions $ dans les différents ministères, et ce, sans affecter les services à la population, le gouvernement Legault va maintenir les investissements en culture, affirme la ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy.

« Je vous annonce que nous allons maintenir les investissements en culture, en visant rien de moins que la barre du 1 % du budget du Québec. Mais nous ferons en sorte d’aller plus loin, de nous donner des objectifs réalistes et ambitieux. Nous allons inculquer de nouvelles façons de faire, de nouvelles ambitions communes pour le développement culturel du Québec », a affirmé la ministre Roy.

La ministre de la Culture, des Communications, qui est aussi responsable de la langue française, a pris la parole, vendredi, devant 540 convives réunis par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Lorsque le président de la Chambre, Michel Leblanc, lui a demandé au microphone si cela voudrait dire que le budget de la Culture allait même augmenter, puisque le budget de l’État québécois allait logiquement augmenter, elle a répondu : « Vous êtes bon. »

Dans les faits, le budget de la culture était d’environ 1,2 milliard $ pour l’exercice 2018-2019, soit d’environ 1,1 %.

Mais une quarantaine d’organismes regroupés sous la « Coalition la culture, le cœur du Québec » a déjà demandé que ce budget soit plutôt porté à 2 % du budget, sur un échéancier de trois ans.

Mais au cours des derniers jours, le premier ministre Legault a commandé à ses ministres des économies de 838 millions $ en 2019-2020 afin de financer ses engagements électoraux. Et il croit possible de le faire sans réduire les services à la population. De meilleures pratiques d’approvisionnement et une amélioration de la gestion informatique par les ministères avaient notamment été évoquées pour parvenir à cet objectif.

Politique libérale maintenue

De même, la ministre Roy s’est engagée à conserver la politique culturelle déposée en 2018 par le précédent gouvernement Couillard, affirmant que cette politique avait fait consensus. Le budget de mars 2018 avait d’ailleurs réservé une somme de 509 millions $ pour la mise en œuvre de cette politique culturelle.

« Je tiens à vous rassurer – même s’il y en a qui veulent vous faire des peurs – notre nouveau gouvernement n’a aucunement l’intention d’agir en pure partisanerie et de jeter des politiques à la poubelle, simplement parce qu’elles auraient été élaborées par un autre gouvernement », a-t-elle affirmé.

Liberté d’expression

Par ailleurs, la ministre a fait allusion, sans les identifier, aux différentes controverses qui ont touché des spectacles, des œuvres, des auteurs, dans un contexte d’ouverture à la diversité culturelle.

« Il y a dans nos sociétés un courant de pensée qui, partant d’objectifs vertueux, est en train de devenir une police de la pensée. Ce courant, il nous vient des campus universitaires américains, mais il menace la liberté de nos créateurs. La création artistique doit être libre, absolument, totalement libre », a-t-elle plaidé.

« Ça ne signifie pas qu’on ne doive pas faire des efforts pour mieux inclure, mieux comprendre, mieux entendre, pour mieux écouter. Mais cette sensibilité à la diversité ne doit pas se faire aux dépens de la liberté de créer », a souligné la ministre de la Culture et des Communications.