Diane Dufresne

Juliette Binoche et Diane Dufresne souhaitent que le mouvement grandisse

MONTRÉAL — La parution, lundi, d’une déclaration de deux cents personnalités qui demandent une action ferme et immédiate pour sauver la biodiversité et contrer les bouleversements climatiques, a beaucoup fait réagir en France. Le manifeste a aussi eu des échos jusque dans la campagne électorale québécoise. La Presse canadienne s’est entretenue avec l’actrice française Juliette Binoche, qui a eu l’initiative du manifeste, et avec la chanteuse Diane Dufresne, l’une des signataires.

Rejoint à Shanghaï, où elle est en tournée, Juliette Binoche a confié à La Presse canadienne qu’elle souhaite que le manifeste qu’elle a initié avec l’astrophysicien Aurélien Barrau, se transforme en mouvement planétaire: «J’adorerais que dans chaque pays, une voix réunisse des artistes, des scientifiques et toutes sortes de personnes et que ces gens aillent se manifester dehors! On ne peut pas rester passif, il faut être des acteurs, sinon, nos petits enfants nous demanderont «mais qu’est-ce que vous avez fait?»»

En France, plus de 200 personnalités ont répondu à l’appel de l’actrice en signant une déclaration dans laquelle il est notamment écrit: «Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

Alors qu’il faisait campagne aux Îles-de-la-Madeleine, lundi, le chef libéral Philippe Couillard a brièvement commenté ce manifeste et en a profité pour reprocher à la Coalition avenir Québec son silence sur la question environnementale:

«Heureusement, la population du Québec demeure mobilisée, elle veut entendre parler du sujet, qui est en passant un sujet dont la CAQ ne parle jamais», a-t-il fait remarquer.

Au bout du fil, Juliette Binoche ne s’est pas avancée à commenter la campagne électorale au Québec, mais elle avait un message à lancer à tous les politiciens:

«Les politiciens ne peuvent plus agir comme avant, ils doivent proposer des solutions concrètes. Il faut se réveiller, si les politiciens ne voient pas l’urgence, c’est à nous d’agir, c’est à nous de le dire haut et fort, ils seront obligés à ce moment-là de s’en rendre compte.»

Parmi les signataires de la déclaration, il y a aussi les Québécois Rufus Wainwright, Wajdi Mouawad et Diane Dufresne.

La diva a expliqué à La Presse canadienne pour quelle raison elle n’a pas hésité à signer ce manifeste:

«Si on ne fait rien, nous allons disparaître, ce n’est pas rien. Il faut devenir sérieux, il faut que les politiciens deviennent sérieux. On parle de chômage, de santé, c’est important, je le sais, mais la chose primordiale c’est l’écologie. Le changement climatique, il est là.»

La chanteuse déplore la quasi-absence de l’environnement dans la campagne électorale au Québec:

«Les politiciens n’en parlent pas. Il n’y a que Québec solidaire et le Parti vert qui parlent d’environnement. Les politiciens sont des gens intelligents, je ne pense pas qu’ils nous veuillent du mal, ils veulent simplement des votes. Mais c’est comme s’ils manquaient de conscience».

Diane Dufresne a confié qu’elle avait peu d’intérêt pour la campagne électorale provinciale, mais que si les politiciens parlaient du changement climatique, elle serait prête à s’impliquer personnellement:

«Si les politiciens parlaient d’environnement, j’en ferais de la politique, je serais à côté de ces gens-là».

Le manifeste qui a été signé par les 200 signataires a été publié dans le journal «Le Monde», quelques jours après la démission du ministre français de la Transition écologique Nicolas Hulot.

«Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux» écrivent les signataires qui qualifient les changements climatiques de «plus grand défi de l’histoire de l’humanité».