Ce samedi 28 avril, c’était la journée internationale du jeu de société. De nombreux amateurs – tels Sylvain et Karine, qui jouent a Quadropolis – se sont retrouvés à la boutique L’As des Jeux de Gatineau, où l’on peut tester des centaines de jeux. Cette ludothèque déménagera en août dans un authentique pub ludique : le Pärlé.

Jouer, négocier, Pärlé

L’As des jeux, qui réunit deux boutiques spécialisées de jeux de société à Gatineau, ouvrira cet été un bistro ludique, le Pärlé, juste à côté de leur succursale du secteur Gatineau.

Les deux coprorpiétaires de L’As des jeux, Caroline Paquette et Roch Bertrand, investiront le bâtiment juste à côté de leur boutique du 325, boulevard Gréber. C’est là, dans les anciens locaux de Routine Poutine, juste en face de Chocolats Favoris, qu’ils comptent ouvrir, en août, leur bar à jeu : le Pärlé.

« On a développé un concept écœurant. Ça fait deux ans qu’on travaille là dessus. On capote ! On a vraiment hâte de [...] vous inviter à prendre une bière avec nous », se réjouissait Caroline Paquette, quand elle a dévoilé son projet en vidéo Facebook live, la semaine dernière, sur la page de L’As des jeux sur ce réseau social. « On vise le mois d’août, pour l’ouverture offcielle », dit-elle.

Le Pärlé disposera d’une superificie de 1300 pieds carrés où seront aménagés une cuisine, un comptoir... et sans doute assez d’étagères pour accueillir les quelque 800 jeux de société que les visiteurs pourront emprunter.

« Bouffe bistronomique »
« Ce ne sera pas un bar ou un espace réservé aux 18 ans et plus : on offrira un service de restauration. [...] On a déjà un chef, qui a élaboré un menu bistronomique un peu chic, avec une twist local, des produits d’ici. Et certaines choses, comme le pain ou les sauces, seront fait maison », prévient Mme Paquette.

Pas question pour elle de dévoiler le nom de son futur chef. En revanche, elle n’hésite pas à faire savoir qu’un menu pour les enfants s’accompagnera d’un menu de jeux adaptés, précise-t-elle.

Parce que l’entrepreneure « aime faire les choses de façon un peu différente et originale », elle a adapté à son futur pub ludique le concept aujourd’hui appliqué dans ses magasins, où, moyennant 5 $ (3 $ pour les enfants), n’importe qui peut s’installer dans la salle de jeu du magasin, et y tester « un nombre illimité » de produits.

Le Pärlé fonctionnera sur le même principe : il faudra s’acquitter de « frais d’admission » pour avoir accès à la ludithèque et aux animateurs.

Des animateurs
Dans les allées du Pärlé, il y aura non seulement des serveurs, mais il y aura surtout des animateurs, qui s’affaireront à « expliquer les règles aux gens, s’ils en ont besoin ». Ces animateurs seront aussi là pour conseiller les clients et partager leurs suggestions. L’objectif, c’est de faire découvrir » de nouveaux jeux, tant aux adeptes qu’aux néophytes. Les enfants bénéficieront d’un menu spécial... accompagné d’une sélection de jeux adaptés.

La ludothèque de L’As des jeux compte actuellement 500 produits environ, disponibles soit pour jouer sur place, soit pour des emprunts de quelques jours. « Toute la ludothèque du magasin sera transférée au bar à jeux », indique Caroline Paquette.

En Outaouais, certains bistros et restos – L’Autre Œil et le British (dans le secteur Aylmer), le Minotaure et le Ou Quoi (secteur Hull) et La Belle et la Bœuf (secteur Gatineau), par exemple — ont quelques dizaines de jeux de société qu’ils mettent à la disposition des clients. Mais rien de comparable avec la proposition du Pärlé, qui deviendrait le seul « authentique » bar à jeu de la ville.

« On a un plan d’affaires qui se tient. On a étudié le marché, on a déjà un bon trafic en magasin, on en a parlé à notre clientèle pour évaluer les réactions et je crois qu’on vient combler un besoin, en proposant une activité sociale abordable », résume le jeune entrepreneure.

L’offre de jeux ne semble pas un problème non plus : « 20 nouveaux jeux en moyenne sortent dans le monde, chaque semaine », estime Mme Paquette.

« J’ai vraiment confiance dans notre parcours, notre expérience d’entreprise. Le Pärlé va durer longtemps », tranche-t-elle lorsqu’on évoque en entrevue la disparition prématurée du Échec et Malt. Ce bar à jeu avait ouvert brièvement dans le Vieux Hull, avant de fermer ses portes en 2015, faute de trouver un arrangement satisfaisant avec l’administration municipale.

Les deux partenaires d’affaires – qui forment un couple, dans a vie – ont démarré leur entreprise bien humblement, « dans notre sous-sol », par de la vente en ligne, avant d’ouvrir une première boutique en 2014, puis une seconde en 2016, ainsi qu’un espace pour les jeux d’évasion, #Dossier325, dans un local attenant à la première succursale.

Du « mouvement »
Le nom chosi est la transcription phonétique de l’expression anglaphone parlay (un emprunt au français) signifiant des parlementations, une négociation en vue de résoudre un conflit. « Ce qui se trouve sur le “e” de Pärlé, c’est une ligne droite, pas un accent », clarifie-t-elle en riant, et en sachant pertinemment que, à défaut d’avoir téléchargé les polices de caractère adéquates, bien peu d’ordinateurs feront la différence entre les deux « é ».

« Dans les jeux de société, il y a souvent une dimension de négociation. Jouer, c’est arriver à la conclure, c’est régler quelque chose. » Et puis, un jeu de « société » se joue généralement à plusieurs : « le nom Pärlé évoque cette communication, la dimension “sociale”. Il y a là un mouvement. »