«Jojo Rabbitt», qui a reçu un accueil critique tiède, a fait l'objet de débats passionnés au cours du festival. Selon certains, l'idée de montrer une image loufoque des nazis n'est pas très heureuse dans le climat social ambiant.

«Jojo Rabbit» récompensé à Toronto

TORONTO — Surprise au Festival international des films de Toronto : la comédie satirique «Jojo Rabitt» de Taika Waititi a remporté dimanche le prix du public.

Le film, qui se passe pendant la Seconde Guerre mondiale, raconte l'histoire d'un Allemand membre des Jeunesses hitlériennes qui découvre que sa mère cache une jeune fille juive dans le grenier de la maison. Ce long-métrage met en vedette Scarlett Johansson, Rebel Wilson et le réalisateur Waititi qui interprète le rôle de l'ami imaginaire de l'enfant : une version flamboyante d'Adolf Hitler.

«Jojo Rabbitt», qui a reçu un accueil critique tiède, a fait l'objet de débats passionnés au cours du festival. Selon certains, l'idée de montrer une image loufoque des nazis n'est pas très heureuse dans le climat social ambiant.

Les festivaliers n'ont pas semblé partager cette opinion. Ils ont préféré ce film à «Marriage Story» de Noah Naumbach et à «Parasite» de Bong Joon-ho.

Ce prix est accompagné d'une bourse de 15 000 $.

Une autre uchronie a obtenu la bourse de 15 000 $ pour le meilleur premier film d'un réalisateur canadien : «The Twentieh Century», une comédie de Matthew Rankin qui trace un portrait humoristique et fictionnel de la bizarre vie de l'ancien premier ministre William Lyon Mackenzie King.

Le Mackenzie King de Rankin est un jeune homme timide qui a une relation fétiche avec les souliers pour femme, une idée inspirée par le véritable journal personnel de l'ancien premier ministre.

«MacKenzie King avait toutes ces obsessions érotiques, mais il n'a pu jamais vraiment s'en confesser, a raconté le réalisateur. Si on lit son journal, on peut lire de nombreuses entrées sur certains des péchés qu'il aurait commis. Il a barré des mots. Il a enlevé des pages. Il ne pouvait même pas s'avouer dans cet espace privé ce qu'il avait fait.»

Des Québécoises primées

Le prix du meilleur film canadien doté d'une bourse de 30 000 $ a été décerné à Antigone de la réalisatrice québécoise Sophie Desrape, un long-métrage inspiré d'une tragédie de Sophocle. L'interprétation de la comédienne Nahéma Ricci a aussi été saluée par la critique.

Le meilleur court-métrage canadien a été remis à Delphine de Chloé Robichaud.