Les règles d’«Okanagan» sont relativement simples. Les différentes approches stratégiques sont un peu plus longues à maîtriser.

«Okanagan»: un jeu de tuiles...à la thématique canadienne

CHRONIQUE – À QUI LE TOUR? / Les joueurs du dimanche qui ont aimé le classique «Carcassonne» apprécieront certainement ce qui peut être considéré comme son pendant canadien : «Okanagan».

Inspirée de la conquête de l’Ouest, et plus spécifiquement de la vallée fertile de l’Okanagan, la thématique du jeu diffère de Carcassonne, dont le but est de dominer une contrée médiévale par la construction de routes et d’abbayes.

Bien que paru en 2017, Okanagan se retrouve encore sur les tablettes « Nouveautés » de certaines boutiques.

Le jeu, dont les règles tiennent sur 4 pages, s’apprend en moins de 45 minutes. Cela devrait encourager les amateurs qui détestent passer des heures à lire les règles plutôt qu’à passer aux choses sérieuses.

S’il relève des mêmes grands principes que Carcassonne – ou de 4Gods, dont nous avons déjà parlé plus tôt cette année – ce jeu de tuiles offre toutefois une mécanique qui lui est propre.

La vallée d’Okanagan, ses vergers, ses terres et ses montagnes offrent des ressources. Chacun des 2 à 4 joueurs placera, tour à tour, une tuile et un bâtiment.

Chacun de ces pions bâtiment exerce de l’influence sur une partie de la tuile, qui, une fois adjointe à d’autres tuiles au fil de la partie, formera un lac, une chaîne de montagnes, une prairie, ou une forêt. Ces points d’influence constituent autant de points de victoire. Comme la grande majorité des jeux de tuile, ces points seront comptabilisés lorsqu’un terrain est « complété », c’est-à-dire lorsque ses « frontières » sont considérées « fermées » et qu’il ne pourra plus être physiquement agrandi par de futures tuiles.

Approche classique

Par ses actions, un joueur tentera de faire fructifier ses avoirs... en cherchant à remporter plus de points de victoire qu’il n’en donne à ses adversaires colons. Là encore, l’approche est classique.

Si un bâtiment ferme ne permet d’exploiter qu’un seul type de terrain présent sur la tuile, un pion étable sera placé à cheval entre deux types de terrain, afin de gagner de l’influence aux deux endroits – par exemple, en mer et dans la plaine. Le second bâtiment génère moins d’influence que le premier, mais il en génèrera probablement deux fois (du moins si la stratégie se révèle efficace), une fois par type de terrain.

Le troisième bâtiment, plus fort, est un silo qu’on place au milieu d’une tuile pour influencer tous les terrains qui y sont dessinés. Même principe : il fait moins de points à chaque fois, mais il rayonne davantage.

En parallèle aux tuiles « terrain » et aux pions bâtiment qu’on pose, la stratégie consiste à essayer de profiter au maximum de certaines actions complémentaires uniques, dont bénéficient les joueurs ayant moins d’influence que les autres dans un secteur donné.

Des cartes objectifs – que les joueurs conservent en secret, mais qu’ils peuvent changer en cours de partie – peuvent enrichir la tactique à long terme. À ce chapitre, les choses auraient sans doute pu être un peu affinées.

Comme c’est souvent le cas, la première partie sera plus longue que les 45 minutes prévues par l’éditeur, Matagot. L’équipe d’« À qui le tour ? » a facilement pu jouer une deuxième partie, lors de la même rencontre.

Les amateurs peuvent espérer lire les règles en groupe, « explorer » Okanagan en testant l’impact des différentes actions sur le jeu, et terminer une première partie en deux heures. Une fois clarifiée l’importance des différentes approches stratégiques, la deuxième partie sera assurément plus courte.

Certains des joueurs autour de notre table ont préféré le jeu 4Gods, dont l’un des concepts est que les tout le monde peut jouer des tuiles « terrain » simultanément, en même temps que les autres.

Okanagan offre une jouabilité plus classique, moins chaotique... et beaucoup moins stressante !

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Chance : 4/6

Stratégie : 2/6

Plaisir : 3.5/6

Difficulté : 3/6

Esthétique : 3/6