Jean-Francois Mercier revient en ville.

Jean-François Mercier à Gatineau pour faire de l’humour «En cachette»

À peine plus d’un an après avoir essayé son « stock » à Gatineau au cours d’une résidence de création avec son spectacle «Pour public consentant», Jean-François Mercier revient en ville avec un troisième spectacle solo… cette fois-ci «En cachette».

C’est d’ailleurs au cours des 16 soirées de représentations au Cégep de l’Outaouais qu’est né En cachette.

« Le fait d’être en résidence me permettait de réécrire les choses qui marchaient moins bien. Ça n’a pas pris de temps avant que j’aie 1 h 30 vraiment solide. C’est là que j’ai fait : "Crime, mon show, il est prêt" », lance enjoué Jean-François Mercier à l’autre bout du fil.

Aucune surprise, donc, que ce nouveau spectacle s’inscrive dans la continuité de celui que de nombreux Gatinois ont eu l’occasion de découvrir à l’été 2018.

En cachette explore des zones un peu plus taboues que dans ses précédents spectacles, Le Gros Cave et Subtil, sensible, touchant.

« C’est beaucoup plus personnel. Et, à ma grande surprise, ça ne rit pas moins, précise Jean-François Mercier. Je pense que les gens sentent le vrai là-dedans. Et j’ai la prétention de dire que c’est écrit avec une certaine intelligence. Les affaires sensibles, quand c’est traité avec intelligence, le monde n’a pas de prise pour se choquer. »

Si peu de temps s’est écoulé depuis la résidence, c’est que l’humoriste n’a pas le goût d’attendre deux ans — temps requis pour réserver une salle.

« Mon spectacle est dans l’air du temps, rattaché à l’actualité. J’ai donc décidé de jouer dans de petites salles sans faire de pub, d’où le titre En cachette. »

D’ailleurs, ça fait plus d’un an que Jean-François Mercier se promène ainsi en catimini au Québec, en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick.

« Et les salles sont quand même pleines », précise-t-il. Mais pour le comique, la taille de la salle ne fait aucune différence. « Je ne ferai pas un moins bon show parce qu’il y a 14 personnes […]. La job, c’est de toucher les gens qui sont là, les faire rire et les divertir. »

Humour et liberté d’expression

S’il a choisi de faire ces petites cachoteries, c’est parce qu’il est bien conscient de ne pas toujours faire l’unanimité et que son humour peut déplaire.

« Dans le contexte où on ne peut plus rien dire, la seule façon qui me permet de continuer à faire ce type d’humour là, c’est en cachette. Avant, quand quelqu’un n’aimait pas un artiste, il n’allait pas le voir. Aujourd’hui, les gens essayent d’empêcher les autres d’aller voir ce qu’ils n’aiment pas, au nom de je ne sais quel principe », dit-il avec un brin de déconvenue.

« Aujourd’hui pas besoin de faire grand chose pour être un trou de cul. Tu prends une liqueur avec une paille pis c’est fait », blague Jean-François Mercier, dénonçant du même coup une « régression de la liberté d’expression ».

Pourtant, il ne se verrait pas raccrocher et remiser son humour au placard. « Je ne me suis jamais vu arrêter. Je me suis toujours dit que j’allais mourir et encore faire de l’humour », assure-t-il.

Étiqueté et Z télé

Si c’est avec son personnage du Gros cave qu’il a réussi à se faire une place, c’est aussi cette image qui lui colle inlassablement à la peau.

« Se faire crier "le Gros cave" […], ça devient pesant. Et, jamais, jamais, ça ne s’arrêtera ! », constate Jean-François Mercier.

Malgré tout, on peut le voir depuis le début du mois dans Rire sans tabous sur Z télé.

« Du fait d’avoir une étiquette collée sur le dos, on ne me proposait jamais d’affaires comme ça. Donc j’ai sauté là-dessus », reconnaît l’humoriste.

Dans l’émission de huit épisodes de 60 min, Jean-François Mercier aborde les tabous entourant la pauvreté, l’obésité, la santé mentale, les maladies incurables, les handicaps physiques, la diversité culturelle ou encore l’orientation sexuelle.

« Si ceux qui vivent ces problématiques se sentent à l’aise d’en rire, ça veut dire que tout le monde a le droit de rire. C’est la force de ce format », conclut-il.