Jay du Temple sera de passage à la salle Odyssée de la Maison de la culture de Gatineau à la fin novembre.

Jay Du Temple agréablement dépassé

Lorsqu’on regarde la tournée de spectacles de Jay Du Temple, on peine à trouver des salles à guichets ouverts. L’humoriste l’avoue : il est un petit peu dépassé par les événements. Mais c’est tellement agréable d’être dépassé par de si belles choses...

Lorsqu’il est descendu de l’avion le ramenant de l’aventure d’Occupation double à Bali à la fin de novembre, l’humoriste de 26 ans, que tout le monde s’arrachait, a été pris dans un tourbillon qui ne s’est guère calmé qu’à Noël. En janvier, il est retombé dans sa vie « normale », soit les tournages de Code G et les représentations de Moyen tour, rodage de son premier spectacle solo Bien faire, dont la première aura lieu en juin.

« C’est vrai que c’est assez surprenant de voir toute cette série de spectacles à guichets fermés un peu partout, parfois dans des villes où je n’ai encore jamais mis les pieds. Mais pour moi, la scène, c’est du bonbon. C’est mon carré de sable, mon terrain de jeu favori, mon habitat naturel. Qu’il y ait 300 ou 1000 personnes dans la salle (comme à Sherbrooke vendredi, et j’avoue que ce sera spécial, une si grosse foule), j’ai juste à me concentrer sur ce que je fais d’habitude. Le stress, je le vis davantage lorsque j’en parle que lorsque je suis dans l’action. Et je serais beaucoup plus stressé si je devais faire plein de promotion parce qu’il n’y a pas assez de spectateurs! » souligne celui qui, rappelons-le, est son propre producteur.

Devant cette popularité croissante, Jay Du Temple ne peut que constater la puissance de la télévision. « Ça demeure la meilleure façon de se faire voir, malgré l’importance des médias sociaux. Mes salles étaient déjà pas mal pleines avant de partir pour Bali, sauf que des soirées se sont ajoutées. Au lieu de faire une seule représentation par endroit, j’en fais deux ou trois. C’est sûr qu’OD est pour beaucoup dans tout ça. Mais j’apprécie vraiment tout ce qui m’arrive. Après chaque spectacle, mon équipe et moi, on se dit qu’on mène une vie de rêve. Et je ne tiens rien pour acquis. »

Du mini au moyen

Il y a un an, Jérémie Du Temple-Quirion lançait son rodage sous le titre Mini tour, devenu par la suite Moyen tour à mesure que sa prestation s’étoffait. Aujourd’hui, l’humoriste estime son spectacle prêt à environ 75 pour cent. « Je me garde un quart qui bouge encore, mais il n’y a plus de numéro entier qui entre ou qui sort. J’en suis aux détails, comme enlever un gag ici ou en ajouter un autre là. Mais je joue encore dedans, j’essaie des trucs, je parle beaucoup au public aussi. C’est un show vivant. »

Et grandement inspiré de son vécu de jeune adulte qui, un jour, a quitté le nid familial à Saint-Jacques-le-Mineur, près de Saint-Jean-sur-Richelieu, pour prendre son premier appartement seul à Montréal. « Je parle donc beaucoup de la façon dont j’ai été élevé, de mon rôle dans ma famille, de la manière dont je me perçois, de mes tentatives de bien faire les choses, de faire le bon choix, de plaire, d’aider, tout en constatant que cela se retourne parfois contre moi. J’aime qu’on découvre que, derrière mon image de gendre idéal, je ne suis pas parfait. »

« Quand j’ai commencé en humour, je le cherchais beaucoup à l’extérieur de moi. À force de jouer, d’évoluer et d’apprendre, j’ai fini par comprendre que, plus c’est personnel, plus ça voyage bien », ajoute-t-il.

Graine d’entrepreneur

Fils de parents entrepreneurs, notamment propriétaires d’un vignoble, Jay Du Temple ne s’est même pas posé la question au moment de décider de produire son spectacle. Il a simplement « embrassé cette étape », comme il a embrassé les quatre années de bars qui l’ont mené où il est.

« Des spectacles bizarres, difficiles ou annulés parce qu’il n’y avait pas assez de monde, ça m’est arrivé. Mais après le ZooFest 2015, où j’ai présenté une heure de mon matériel, j’ai commencé à louer de petites salles, pour continuer à me pratiquer sur scène, pas parce que je tenais à me produire. Le Mini tour a été lancé avec huit dates, et ça a tellement bien marché qu’on est monté à 24. Ça s’est fait de manière très instinctive, avec ma sœur Laurie [sa gérante]. On s’est dit qu’on trouverait un producteur le jour où on se sentirait dépassé, mais ce n’est pas encore le cas. »

POUR Y ALLER:
Maison de la culture de Gatineau
les 28 et 29 novembre, 20h
819-243-2525; salleodyssee.ca