Rae Sremmurd a enchaîné les hits au grand plaisir de la dizaine de milliers de fans entassés devant la scène. Les rappeurs se sont même permis un bain de foule en se lançant dans les bras de leurs admirateurs.

Hip-hop et virtuosité au Bluesfest

CRITIQUE / En ce dernier samedi de sa programmation 2018, le Bluesfest faisait une grande place au hip hop. Une marée d’ados a déferlé sur les plaines LeBreton, alors que les plus vieux, eux, ont pris place derrière le Musée de la guerre, pour une soirée tout en blues.

Contrairement à l’an dernier, aucun grabuge n’a été signalé lors de cette soirée où dominait le «hip, le hop et le rap». On se rappellera que des bagarres avaient éclaté à l’extérieur du site avant les spectacles du groupe de hip-hop Migos et du rappeur LiL Yachty.

Cette fois, on n'a pas eu besoin de l’intervention de l’escouade tactique pour refroidir les ardeurs des milliers de fans qui ont franchi les tourniquets. Tout s’est déroulé dans le calme. Il faut dire que l’accès aux plaines a été donné en début d’après-midi et que les derniers accords sur la scène principale ont été joués à 21h30.

Sur la scène City, le groupe ottavien révélé cet hiver dans la série The Launch, Elijah Woods x Jamie Fine, a bien parti le bal vers 16h15 avec son électro-pop entraînant. Dans la même veine, la New-Yorkaise d’origine coréenne Kathy Yaeji Lee — Yaeji de son nom de scène — a suivi. 

Mais la soirée a véritablement été lancée lorsque Jessie Reyez s’est installée sur la scène City dès 19h.

La Torontoise d’origine colombienne était très attendue au Bluesfest. Elle a balancé son hip-hop parfois teinté de reggae — comme dans sa planante Body Count — ainsi que plusieurs jurons (inutiles) à une foule qui grandissait à vue d’oeil.

Mais, la pièce de résistance de cette soirée fut la prestation de Rae Sremmurd. Le groupe formé des frères Aaquil et Khalif Brown s’est présenté sur scène sur le coup de 20h30 pour 60 minutes de spectacle. 

La pièce de résistance de cette soirée fut la prestation de Rae Sremmurd.

Le duo originaire du Mississippi se plaît bien dans son hip-hop alternatif. Le groupe a enchaîné les hits au grand plaisir de la dizaine de milliers de fans entassés devant la scène. Les rappeurs se sont même permis un bain de foule en se lançant dans les bras de leurs admirateurs.

Difficile pour le journaliste de décrire le spectacle jusqu’à la fin, puisque c’est plutôt vers la scène Black Sheep que Le Droit s'est dirigé. Car bien loin de la frénésie «hip-hopienne» se trouvait deux virtuoses que nous ne voulions absolument pas manquer.

Steve et Colin

La colline devant la scène s’est rapidement remplie de spectateurs dont la moyenne d’âge tranchait avec celle de l’autre côté du musée. À croire que les parents ont laissé leurs enfants devant la scène City pour ensuite s’installer face à la scène Black Sheep.

C’est tout d’abord le guitariste — ou plutôt l’homme-orchestre — Steve Hill qui a retenu notre intérêt. Fidèle à son habitude, le Trifluvien en a mis plein la vue et surtout plein les oreilles aux irréductibles du Bluesfest qui sont venus se réfugier derrière le musée. «Heureux d’être de retour ici», a lancé Hill, visiblement en grande forme.

Steve Hill en a mis plein la vue et surtout plein les oreilles aux irréductibles du Bluesfest.

Le bluesman a dégainé plus vite que son ombre, samedi soir. Il a enfilé des pièces pigées dans plusieurs de ses albums, en plus de se permettre quelques reprises, dont Voodoo Chile de Hendrix en guise d’au revoir.

Dans cet oasis de blues et de riffs de rock, Hill a battu la mesure sur sa grosse caisse pendant près d’une heure avant de laisser la place à Colin James.

Non mais, quelle soirée! La foule était très dense quand Colin James et son groupe sont montés sur scène. Un show en plein air comme on les aime.

Colin James était en forme et en voix.

On a drôlement apprécier entendre à nouveau Voodoo thing, Five Long Years, Chicks, Car And The Third World War, et bien sûr, la balade Why’d You Lie. James était en forme et en voix. Plusieurs diront aussi qu’il «vieillit bien, le monsieur». 

Cet habitué du festival ottavien ne semblait pas trop se formaliser d’avoir été «programmé» sur une scène secondaire. En fait, on peut supposer qu’il s’en est bien accommodé. Il nous a balancé des succès pendant plus de 90 minutes, laissant même les purs et durs du Bluesfest sur leur appétit. Eh oui, on en aurait pris plus.

Un dernier soir

Le rideau tombera sur le Bluesfest 2018 dimanche, au terme d’une soirée où le hard rock sera roi, alors que Three Days Grace et Rise Against se produiront sur la scène principale. Pour les amateurs de rockabilly, de soul et de R&B, on vous suggère de vous installer sous le chapiteau de la scène Claridge Homes pour voir et entendre Krystal Jyl and The Jacks à 16h30 et The Julian Taylor Band à 18h. Et si le rock ne vous dit rien, restez bien à votre place pour The Peptides à 21h.