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Gab Paquet s'était produit en première partie du spectacle de Michel Louvain au FEQ en 2017.
Gab Paquet s'était produit en première partie du spectacle de Michel Louvain au FEQ en 2017.

Gab Paquet: un héritier de Michel Louvain

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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Chanteur de charme assumé, Gab Paquet a perdu un modèle avec le décès de Michel Louvain. Au moins, l’artiste de Québec peut se vanter d’avoir été admis dans le club par celui qui lui a pavé la voie et de qui il a reçu le sceau d’approbation en 2017.

Ça se passait au Festival d’été de Québec, la veille d’un concert programmé à la place d’Youville et lors duquel Michel Louvain célébrait ses 80 ans et ses 60 ans de carrière. Avec un projet musical dit «romantico-louche», bien trempé dans le kitsch et le deuxième degré, Gab Paquet avait été mandaté pour réchauffer la foule en début de soirée. 

«La première fois que je l’ai rencontré, il m’a confirmé que j’étais un chanteur de charme, résume-t-il. Depuis ce temps-là, je l’assume. Il a dit : “toi et moi, on est des chanteurs de charme...” Puis il a continué sa phrase. Il m’a accepté comme chanteur de charme. Pour moi, ç’a été un gros cadeau.»

C’est un Gab Paquet visiblement attristé qui a rendu hommage au disparu, jeudi. «C’est quelqu’un que je respectais énormément et que j’admirais. Je l’écoutais aujourd’hui. Ça m’a rendu pas mal nostalgique de tout ça. Mais ça fait du bien en même temps de l’écouter et qu’il soit présent», confie celui qui a connu Michel Louvain grâce à sa grand-mère, Thérèse Roy-Rochette, une grande fan du chanteur et animateur. 

«Elle me parlait souvent de lui, ajoute Paquet. C’était une dame en bleu. Il était très présent dans sa vie. On l’écoutait à la télévision, aussi.»

Gab Paquet et Michel Louvain en 2017

Gab Paquet reconnaît que l’adolescence l’a amené vers d’autres styles musicaux. «Cet amour est revenu quand j’ai commencé à assumer le fait que j’aimais la chanson de charme et quand je me suis mis à en faire moi-même, précise-t-il. Mais j’ai toujours admiré Michel Louvain pour ce qu’il dégageait, pour ses qualités humaines : sa bonté, sa gentillesse, son humilité. J’en avais entendu parler et ça s’est avéré quand je l’ai rencontré.»


« J’ai toujours admiré Michel Louvain pour ce qu’il dégageait, pour ses qualités humaines : sa bonté, sa gentillesse, son humilité. J’en avais entendu parler et ça s’est avéré quand je l’ai rencontré. »
L'auteur-compositeur-interprète Gab Paquet

La veille du spectacle de juillet 2017, les deux artistes s’étaient croisés le temps d’une entrevue lors de laquelle ils s’étaient échangé leurs albums respectifs. 

«Aussitôt que les caméras se sont éteintes, je faisais juste parler à Michel Poulin, l’homme, raconte Gab Paquet. Je n’en revenais pas qu’il soit aussi à l’aise. C’était comme mon bon ami qui me racontait qu’il était stressé avant le show. C’était le plus gros show de sa vie. De voir qu’après 60 ans de carrière, le gars était encore stressé, qu’il voulait encore plaire à ses fans, qu’il faisait encore ça pour l’amour de son public. Et qu’il se confie à moi comme ça… C’était vraiment une bonne personne.»

Gab Paquet se souvient que ses complices et lui ont mis un moment à charmer le parterre de dames en bleu à la place d’Youville. Exhibant à un moment son torse nu, le chanteur a mis toute la gomme et a fini par les faire danser. 

Il se souvient d’une anecdote cocasse survenue après sa prestation, mais avant celle de Louvain, quand il est revenu en coulisse après être allé faire coucou à ses fans. 

«J’étais encore en robe de chambre, décrit-il. Lui, il était bien stressé. Dans ce temps-là, on peut dire les affaires d’un ton un peu sec. Il m’avait dit : “heille, va te rhabiller”. J’ai trouvé ça drôle de me faire dire ça par Michel Louvain!»

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THE LOST FINGERS : «IL VOULAIT ÊTRE NET, SHARP ET CHIC!»

Toujours tirés à quatre épingles, Byron Mikaloff et ses collègues du groupe The Lost Fingers n’ont reçu aucune critique vestimentaire de la part de Michel Louvain au fil de leurs collaborations, nées d’une adaptation en jazz manouche du grand classique La dame en bleu

«Je suis super perfectionniste, note le chanteur et guitariste. Ça fait depuis que The Lost Fingers existe que je me promène avec mon steamer. Avant chaque show, je m’assure que toutes les chemises et tous les pantalons sont nets. Lui, il m’a regardé faire ça et il m’a dit : “Byron, ça m’impressionne”. Et il m’a raconté que lui, avant ses spectacles, il ne s’assoyait jamais! Pour lui, un pli sur ses vêtements, c’était une marque d’imperfection. Lui, il voulait être net, sharp et chic!»

Michel Louvain et The Lost Fingers au <em>Bye Bye 2008</em>

L’association entre Michel Louvain et The Lost Fingers est née au Bye Bye 2008. Elle a été endisquée l’année suivante sur l’album Rendez-vous rose. Elle s’est finalement transposée sur scène : en ouverture du Festival d’été de Québec sur les Plaines ou lors d’une apparition surprise de Louvain dans un spectacle des Lost Fingers au Corona, à Montréal. 

«Chaque fois que ce monsieur mettait les pieds sur scène, c’était la folie. C’était un peu comme les Backstreet Boys!» lance Byron Mikaloff, soulignant du même coup l’humilité de Michel Louvain. «Le succès ne lui montait pas à la tête, croit-il. Moi, je regarde ce monsieur comme quelqu’un de super noble. C’était la ponctualité, le respect. Il était super pointu et connaisseur.»