«Nous prônons plutôt une approche agnostique», indique  Allan Reid, le président et directeur général de la CARAS (The Canadian Academy of Recording Arts and Sciences, qui chapeaute les prix Juno), à propos de l'impact de la musique en continu en ligne sur l'industrie de la musique.

Fiori et compagnie

Après avoir remporté le Félix de l'album de l'année («adulte contemporain») après une absence de près de 30 ans, Serge Fiori est en nomination pour les Juno, prix canadiens de la musique, et même dans la catégorie Album de l'année, sans égard à la langue.
L'âme du mythique groupe des années 1970 Harmonium est en nomination avec d'autres Québécois, Leonard Cohen et Bobby Bazini, mais aussi avec Nickelback et Hedley. Il est aussi finaliste, bien sûr, dans la catégorie Album francophone de l'année, avec Jimmy Hunt, Klô Pelgag, Philippe B et Sagot.
La liste des finalistes aux Juno est établie à partir des chiffres de ventes. Or, comme les ventes de disques québécois au Québec sont meilleures que celles des disques canadiens-anglais au Canada anglais, d'autres Québécois francophones ont pu se glisser dans des catégories habituellement réservées plus naturellement aux anglophones. Ainsi, Fiori, à peu près inconnu au Canada anglais, est aussi en lice pour le Juno du public, aux côtés d'Arcade Fire, Bobby Bazini, Leonard Cohen, Michael Bublé, Nickelback ou Drake - tous chantant en anglais.
De même, Pierre Kwenders est en nomination pour le disque «musique du monde» avec Le Dernier Empereur bantou, et le disque des chansons (en anglais, quand même) de la saison 5 de la série télé Trauma, interprétées par Coeur de pirate, est en nomination dans la catégorie Album de l'année «adulte contemporain», avec Sarah McLachlan, notamment.
Par ailleurs, Steve Hill est en nomination dans la catégorie Album blues, et les Montréalais de Chroméo sont en lice pour le groupe de l'année et la pièce «dance» de l'année (White Women).
Côté musique classique, la maison québécoise Analekta fait belle figure: Angèle Dubeau et La Pietà sont en nomination pour Blanc, tout comme l'Orchestre symphonique de Montréal et Kent Nagano pour les Symphonies 1 et 7 de Beethoven, et Julie Boulianne et Luc Beauséjour pour leur disque Handel et Porpora - chacun dans une catégorie différente.
Sous d'autres étiquettes, Yannick Nézet-Séguin et l'Orchestre métropolitain sont en lice pour leur Bruckner 3 (contre Nagano et l'OSM), comme Karina Gauvin et Les Violons du roy pour les airs d'opéras de Mozart, et le Studio de musique ancienne de Montréal pour Terra Tremuit.
Côté anglophone canadien, Magic! obtient le plus grand nombre de nominations, avec cinq, après leur tube reggae de l'été dernier, Rude. Leonard Cohen, dont le disque Popular Problems a été choisi «l'un des 10 meilleurs de l'année» par le magazine Rolling Stone, est quatre fois en lice.
Par ailleurs, c'est la première fois depuis 2009 que Justin Bieber n'obtient aucune nomination - chez lui, au Canada. Son mauvais sort laisse un peu d'espoir aux autres finalistes pour le «Juno du public», qu'il a raflé quatre années d'affilée.
Le gala des prix Juno aura lieu le 15 mars prochain à Hamilton, et sera télédiffusé en direct sur les ondes de CTV.