Marie-Hélène Frenette-Assad (centre), directrice générale du Festival Transistor, accompagnée de Virginie Aubry-Richard et Claudine Paré-Lépine

Festival Transistor: des nouveautés dans le syntoniseur

Le Festival Transistor a dévoilé mercredi soir la programmation de son troisième événement printanier. Nouveautés, séries de niche et expérimentations en baladodiffusion attendent les visiteurs du prochain rendez-vous de la radio numérique, qui se syntonisera au Centre culturel Jacques-Auger du 18 au 20 avril.

Le festival, le plus important à célébrer le podcast au Québec, maintient le cap sur son objectif premier : « mieux faire connaître la baladodiffusion aux gens de l’Outaouais, et mieux faire connaître l’Outaouais aux gens de la baladodiffusion », résume sa directrice générale, Marie-Hélène Frenette-Assad.

« On essaie de créer un pôle à Gatineau pour la baladodiffusion. Comme le Festival de musique émergente en Abitibi-Témiscamingue fait découvrir de nouveaux talents en musique, nous on voudrait que l’Outaouais soit reconnu pour la baladodiffusion et la radio numérique. »

Le coup d’envoi de l’événement sera confié au chroniqueur et humoriste Fred Savard. La balado de Fred Savard sera enregistré pour la première fois en Outaouais le jeudi, à 17 h. Aucun épisode n’a été diffusé à ce jour ; c’est seulement le 28 février que sera capté à Montréal le tout premier opus de la série, dans laquelle l’ancien collaborateur à La soirée est encore jeune et ses invités feront chaque semaine une revue d’actualité satirique. Les humoristes Thomas Leblanc et Tranna Wintour termineront la veillée avec Chosen Family, une série bilingue sur l’art, le genre et les sexualités.

La cuvée du samedi mettra en vedette plusieurs podcasts déjà connus. Le trio de 3 Bières, production en nomination aux Olivier en 2017, extrapolera sur un thème proposé par le public avant de passer le micro à Émile Gauthier et Sébastien Lévesque, de Distorsion, qui scruteront les bas-fonds du web pour en repêcher les phénomènes les plus inusités. En après-midi, les quatre « geeks » d’Admettons que... spéculeront sur une transaction dans la Ligue nationale de hockey et les animateurs de Pars-moé pas, Catherine Éthier et Félix Turcotte, improviseront autour d’un sujet aussi pointu qu’absurde. Les journalistes Brigitte Noël et Félix Séguin capteront un épisode de Narcos PQ, qui dressera dès le mois de mars des portraits de barons de la drogue québécois.

Le festival chapeautera le même jour le lancement de Proxémie, porté par la comédienne Sophie Cadieux. Le balado plongera dans l’univers de femmes issues du milieu artistique québécois, comme Joséphine Bacon, Marjolaine Beauchamp, Charlotte Cardin, Dina Gilbert et Dominique Pétrin. Sophie Cadieux sera sur place pour présenter son premier épisode.

Au rayon des produits régionaux, Phil Brown et ses complices improviseront de nouvelles scènes absurdes pour Des sketches en jogging. Les Gatinois d’origine Olivier et Gabriel Beauchemin, coanimateurs de Conflits de classe, débattront d’un enjeu d’actualité avec deux invités aux opinions divergentes.

Cartes blanches

Pour une deuxième année, Transistor s’est assuré de la parité de sa programmation — le nombre d’animatrices est égal à celui d’hommes. « Mais je dirais qu’une deuxième année paritaire en balado, c’est difficile, mentionne Marie-Hélène Frenette-Assad. L’an dernier, nous avons accueilli beaucoup de podcasts féminins que nous ne pouvons pas ravoir cette année ; c’est pour ça qu’on a créé la soirée Cartes blanches. »

Le concept consiste à donner les moyens techniques et financiers à trois femmes, des « filles qui se démarquent dans leur milieu », pour qu’elles créent l’épisode-pilote de la série de leurs rêves. Le vendredi sera consacré aux prototypes de l’auteure humoristique Odrée Rousseau, de la chroniqueuse et recherchiste Eugénie Lépine-Blondeau et de Rose Aimée Automne T. Morin, l’ancienne rédactrice en chef d’Urbania aujourd’hui écrivaine touche-à-tout. Les animatrices d’un soir traiteront tour à tour des secrets de l’Outaouais, des sujets chauds en matière de féminisme et d’actualité queer ainsi que de citations inspirantes qui ont la cote, « tant dans les statuts Facebook de cœurs brisés que sur les murs de condos neufs. »

« C’est un concept qu’on essaie et qui pourrait devenir une signature du festival, ajoute la directrice générale. Peut-être que ces balados auront une vie après cette soirée ; si tout se passe bien, on aimerait peut-être produire certains de ces pilotes en séries. C’est ça, la philosophie derrière les Cartes blanches : c’est de créer quelque chose de nouveau en Outaouais. »