Joanie Charron, du duo country Sugar Crush, vit cette double gifle professionnelle difficilement. L’artiste a vu tous ses contrats prendre fin abruptement.
Joanie Charron, du duo country Sugar Crush, vit cette double gifle professionnelle difficilement. L’artiste a vu tous ses contrats prendre fin abruptement.

Double gifle pour les artistes franco-ontariens

Dans l’agenda de Geneviève Roberge-Bouchard, on pouvait y retrouver plus de 60 dates de spectacle en ce début d’année 2020. Avec la grève du zèle des enseignants ontariens, cette liste a été amputée de 40 %. Mais quand la COVID-19 a frappé, tout s’est effacé d’un coup.

L’auteure-compositrice-interprète avait repris le flambeau du spectacle pour enfants Kalimba et elle devait offrir 60 représentations de ce spectacle dans les écoles francophones de l’est de l’Ontario.

« J’ai monté ce spectacle-là en quelques jours au début janvier. J’ai même appris à jouer de la batterie, dit-elle. J’avais un carnet bien rempli. Je n’ai eu le temps que de faire quelques représentations avant que tout s’arrête. C’est vraiment décevant. »

Geneviève s’apprêtait à vivre la plus grosse année professionnelle de sa carrière avant que cette double gifle la frappe en plein visage.

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« Après Contact Ontarois, on a eu plusieurs contrats de spectacles, explique-t-elle. J’ai eu du booking pour Kalimba, mais aussi pour Vaches, the Musical dont la tournée devait débutée à la fin du mois d’avril. À cela, fallait aussi ajouter les nombreux spectacles pour le duo que je fais avec Alain Barbeau. J’avais une année exceptionnelle. Mais aujourd’hui, je me retrouve devant rien. »

L’euphorie du mois de janvier s’est donc transformée en désespoir pour l’artiste. « J’ai eu un deuil à faire. C’était très difficile, avoue-t-elle. Mais aujourd’hui, je suis plus en paix avec tout ça. J’ai acquis, je crois, une certaine résilience face à la situation et j’espère un retour à la normale, si normale il se peut, le plus rapidement possible. »

Geneviève Roberge-Bouchard a dû faire une croix sur sa plus grosse année professionnelle à la suite des contrecoups des moyens de pression des enseignants de l’Ontario et des mesures de confinement pour contrer la COVID-19.

Avenir difficile

Tout comme Geneviève, l’année 2020 s’annonçait bien pour Joanie Charron, du duo country Sugar Crush. Un agenda bien garni pour le duo les amenait pour la première fois dans une tournée en Ontario français.

« À la suite de notre passage à Contact Ontarois, nous avons monté une tournée qui nous amenait dans une dizaine de villes ontariennes, confie la chanteuse. Du coup, on avait également conclu des ententes avec plusieurs écoles, ce qui nous permettait de doubler voir tripler le nombre de représentations et rentabiliser de belle façon notre tournée. »

La grève des enseignants ontariens est venue mettre un frein à ce bel élan et par la suite, la crise de la COVID-19 est survenue.

« Pour nous, la fin de notre tournée et l’annulation des spectacles en festival représentent une trentaine de prestations, d’ajouter Joanie. Cette vraiment une catastrophe. Mais au moins, on profite de ce moment de confinement pour écrire de nouvelles chansons, pour même se réinventer. Il y a quand même du beau dans cette pandémie. »

Mais cette note positive n’efface pas les craintes de l’artiste pour la suite des choses.

« L’après-crise sera difficile pour nous, comme pour l’ensemble des artistes émergents et de la relève, explique-t-elle. Il est clair dans mon esprit qu’il y en aura que pour les vedettes lorsque nous sortirons de la crise. Les Marie-Mai et Marc Dupré de ce monde sont aussi confinés et les gens voudront les voir bien avant nous. Aurons-nous une place dans cette reprise ? Ça reste à voir. »

Quoi qu’il en soit, Jonaie Charron et Geneviève Roberge-Bouchard savent très bien que l’industrie culturelle sera marquée au fer rouge par cette double crise qui a frappé les artistes franco-ontariens en 2020.