Lise Careau, Monique Pellerin, Raymond Ouimet, Liliane Bertrand et Alain Rouhtier

Des auteurs envahissent la rue Eddy

Les boutiques de la rue Eddy, dans le Vieux-Hull, se mettent au diapason de la littérature.

Samedi 29 septembre a été déclarée Journée des Donneurs de mots (DDM) par les citoyens de Gatineau et l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais (AAAO), qui ont mis sur pied l’initiative Les Donneurs de mots en 2016.

Ce 29 septembre, 22 auteurs s’installeront dans onze «foyers d’écriture publique» de la rue Eddy. Ces «foyers», ce sont les commerces de cette petite artère «qui ne compte même pas une librairie», rappellent les organisateurs.

Ainsi, un bar, un salon de thé, des restaurants, une pharmacie, un comptoir St-Vincent de Paul, un fleuriste, des boutiques de vêtements et d’objets décoratifs prêtent leurs espaces commerciaux aux plumes de la région.

De plus, une équipe de «bénévoles amoureux des mots» ont peint 35 citations venues tapisser les devantures de boutiques situées dans un quadrilatère comprenant les rues Eddy, Frontenac, Promenade du Portage et Montcalm. «Les mots des écrivains viennent à la rencontre des passants », se réjouit le comité des DDM.

Tous les genres littéraires – BD, conte, blogue, billet d’humeur, poésie, roman, récit historique, slam, théâtre – sont représentés à travers les citations des 22 «auteurs-donneurs», précisent les organisateurs.

Animation de rue
Des animations de rue assurées par une poignée d’auteurs sont prévues dans le quadrilatère. Entre 10h et midi, sur la rue Eddy, la slameuse Marjolaine Beauchamp fera claquer de ses mots l’auvent de La Patate Dorée tandis que le conteur Marc Sauvageau promet de faire réagir les clients du bar L’Original.

Ajoutant à l’ambiance, Jeanne Bélanger stimulera la créativité du public avec ses «cartes brise-glace», Yves St-Pierre jouera de la musique et Pierrette Lambert apportera ses ombrelles poétiques.

Les boutiques de la rue Eddy résonneront des mots des auteurs et/ou poètes Lise Bédard, Stéphane-Albert Boulais, Louise N. Boucher («Lounat»), Lise Careau, José Claer, Chantal DesRochers, Carole Fréchette, Jean Pierre Girard, Julie Huard, Guy Jean, Kalula Kalambay, Clara Lagacé, Gaëtan Lavoie, Jean Perron et Marie Séguin, mais aussi ceux de l’essayiste et chroniqueure Catherine Voyer-Léger et du bédéiste Éric Péladeau.

Une vieille tradition...
L’historien Raymond Ouimet, porte-parole de cette Journée des DDM, fera résonner les mots à sa façon. Le projet veut se faire l’écho contemporain de la profession d’«écrivains publics» telle qu’elle se pratiquait au Moyen Âge. M. Ouimet évoquera justement l’histoire de ces écrivains publics du temps jadis.

Cette journée constitue les deux derniers volet de l’édition 2018 des Donneurs de mots. Grâce au projet, la ligne rouge du Sentier culturel de la ville de Gatineau est fleurie de vingt de citations d’auteurs depuis août dernier. Ces citations urbaines jonchant le sol ont été calligraphiées par l’artiste Cinthia Plouffe.

Une tradition

L’initiative prend un peu plus d’ampleur chaque année. En 2016, la 1ère édition des DDM avait permis d’offrir sept foyers d’écriture publique, investis par 19 auteurs-donneurs, et ornés d’une quinzaine de citations.

... en expansion
«Nous n’assisterons pas à la production de textes parfaits, prêts pour une publication. [...] Ce que nous verrons, c’est un élan: celui des gens qui ont le goût d’écrire et qui viennent à la rencontre des auteurs-donneurs, ces artisans qui connaissent la joie d’écrire et savent le travail [...] que demande l’écriture», expose l’initiatrice des DDM, Monique Pellerin.

«C’est pour cela que nous organisons les Donneurs de mots : pour soutenir l’élan», poursuit celle qui coordonne le comité Les Donneurs de mots pour l’AAAO.

Le comité rêve déjà d’étendre à l’ensemble de la ville et de la région cette fête des mots et de l’écriture.

Les Donneurs de mots vient du Collectif des Écrivains de Lanaudière, qui a implanté en 2001 Les Donneurs (lesdonneurs.ca), une activité d’écriture de rue axée sur le principe du don. « La gratuité est à la base de l’action des Donneurs», rappelle son fondateur, l’auteur Jean Pierre Girard, pour qui «tout ce qui n’est pas donné est perdu».

«Les Donneurs «occupent le territoire [...] là où les gens sont, là où l’accident de la rencontre est possible. »