Aliocha, à 24 ans, a plus d’affinité avec Bob Dylan, le delta blues et la beat generation de Kerouac, qu’avec les vagues électro-pop et autres ronronnements radiophoniques de l’heure.

Délectables imperfections

On l’a d’abord connu comédien, Aliocha Schneider, entre autres remarqué dans Aurélie Laflamme et deux films de Léa Pool.

Mais bien que le Franco-Québécois n’ait pas tout à fait lâché les plateaux de tournage (on a pu le voir dans Closet Monster [2016] et le récent Ville-Marie de Guy Édouin), c’est désormais le jeune musicien qui fait tourner les têtes, avec sa sensibilité folk roots de songwriter qui se serait trompé de siècle. C’est qu’Aliocha, à 24 ans, a plus d’affinité avec Bob Dylan, le delta blues et la beat generation de Kerouac, qu’avec les vagues électro-pop et autres ronronnements radiophoniques de l’heure. 

Fuyant la quête de la perfection et sa beauté froide, le jeune homme assume la fragilité et se délecte de l’émotion née d’un craquement dans la voix, des dissonances d’un piano à punaises, ou du souffle ahanant d’un synthé vintage. Ce qui ne l’empêche pas d’être un mélomane éclectique — et d’admirer Beck ou Thom Yorke, ce « créateur » avec qui il ne détesterait pas partager la scène, un jour.

Pianiste et guitariste, Aliosha Schneider a rapidement été repéré par l’étiquette Audiogram, après qu’il eût enregistré quelques maquettes en compagnie de Jean Leloup — lequel était tombé sous le charme de ce gamin de 18 ans venu l’aborder dans un bar.

« Le projet d’album avec Jean Leloup n’a pas abouti : je n’étais tout simplement pas assez mature, pas capable de le suivre dans sa créativité. Mais j’ai gardé beaucoup de ce qu’il m’a appris », retrace Aliocha, sans aucune amertume.

Mais il a, dans la foulée, eu la « chance inouïe » d’être envoyé à Los Angeles — aux frais d’Audiogram — pour creuser son identité musicale, dans divers studios, sous l’aile d’artisans d’excellente réputation. « J’ai pu tester toute sorte d’affaires... et voir que ça ne me convenait pas, que ce n’était pas moi », rit-il, en songeant au résultat, quand il posait sestextes et sa voix sur des musiques contemporaines à saveur « top 40 ». 

C’est plus tard, en Europe, qu’il finira par trouver son Pygmalion : le réalisateur Samy Osta (complice éclairé de Feu ! Chatterton et de La Femme), avec qui il enregistrera un minialbum et un long jeu, ElevenSongs, à la mesure de son talent et de ses ambitions.

Aliocha Schneider et ses trois complices (son frère aîné Volodia derrière la batterie ; Tom Tartarin à la basse ; Christian Sean à tout le reste) défendront ces délectables compositions à La Basoche, vendredi. Leur première partie a été confiée à un autre fin explorateur d’émotions organiques — et « grand ami » du chanteur : Bernhari. 


POUR Y ALLER

Quand ? 1er décembre, 20 h

Où ? Cabaret La Basoche

Renseignements : 819 243-8000