Michel Lavoie s'est éteint à la suite d'un long combat contre la maladie. 

Décès de Michel Lavoie: les éditions Vents d’Ouest en péril

L’auteur et éditeur Michel Lavoie est décédé ce week-end.

«Pilier» des éditions Vents d’Ouest, Michel Lavoie en était le directeur littéraire des collections jeunesse. 

L’homme de 73 ans a été emporté par la maladie, à la suite d’un combat qui durait depuis plus d’un an.

Son départ laisse planer une ombre sérieuse sur la capacité de Vents d’Ouest à poursuivre ses activités d’édition. Vents d’Ouest est la seule maison d’éditions gatinoise.

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Plume très associée à l’Outaouais et prolifique auteur, Michel Lavoie a signé plus de 65 romans au cours de sa carrière d’écrivain, entamée à l’âge de 48 ans.

Né à Hull le 18 septembre 1946, Michel Lavoie a longtemps enseigné le français à l’école secondaire Mont-Bleu. Il avait la réputation d’aborder dans ses livres des sujets parfois troublants – comme le suicide, l’immigration ou les mère porteuse – qui savaient toucher le public adolescent.

Il est notamment l’auteur des populaires séries Arianne et Anca ; il a aussi signé plusieurs titres de la série Watatatow.

«Le pilier et le cœur»

La maison d’édition a fait l’annonce de son décès sur sa page Facebook, en affichant ce message: «Michel Lavoie nous a quittés. Il était non seulement le directeur de Vents d’Ouest, il en était aussi le pilier et le cœur. Inspirateur et animateur, il a fait de la littérature jeunesse la principale vitrine de la maison, permettant à nombre d’auteurs et d’auteures, d’ici et d’ailleurs, de combler un lectorat qui a si souvent soif d’aventure, de fantaisie et d’imaginaire.»

«L’Outaouais perd un de ses auteurs les plus prolifiques. Il perd surtout un homme qui a beaucoup fait pour que le livre se porte mieux chez nous», ajoute Vents d’Ouest.

Les témoignages d’admiration et de respect, messages d’auteurs et de lecteurs, affluent sur la page Facebook de l’éditeur depuis la mise en ligne de ce message, à 10h.

«C’est vraiment un homme qui a une grande place ici. Sa maison d’édition aussi. [...] C’est un bel humain qui part. Il est important [pour la] littérature jeunesse. Sa maison d’édition a publié énormément de nos membres. Ils survivent avec peine», a pour sa part réagi la présidente de l’Association des auteurs et des auteures de l’Outaouais, Marjolaine Beauchamp. «Vent d’ouest va avoir besoin [du soutien] de la communauté», a-t-elle confié au Droit.

Longue maladie

Ce décès est survenu à la «suite d’une longue maladie» qui a nécessité trois interventions chirurgicales liées au cancer et à un problème au poumon, a précisé le président du conseil d’administration de Vents d’ouest, Gilles Parent.

Michel Lavoie a longtemps conservé son optimisme. «Il était revenu assez en forme en novembre, pour participer à une réunion du c.a... et deux semaines après, on a tous été surpris d’apprendre qu’il était à nouveau hospitalisé pour un problème au poumon», a partagé M. Parent.

«Depuis janvier dernier, sa santé n’a cessé de se détériorer. Il était sous sédation depuis deux semaines. On a [compris] qu’il n’y en avait plus pour longtemps. On continuait d’espérer, mais la situation s’est malheureusement dégradée jusqu’à sa mort, avant-hier [samedi].»

Avenir incertain

Pour Vents d’Ouest, c’est «une onde de choc assez énorme», poursuit le président du c.a., en ne cachant pas la situation financière «précaire» de cette maison d’édition gatinoise fondée en 1993, et organisme sans but lucratif.

En plus d’être un des trois directeurs littéraires de Vents d’Ouest, «Michel était d’une certaine façon notre secrétaire général: il avait les mains partout». C’est notamment lui qui s’occupait de toutes les demandes de subventions, entre autres taches administratives, signale M. Parent

Sa disparition représente donc «un vide énorme à combler», rappelle-t-il.

Le gestionnaire rencontrera «cette semaine» les deux autres directeurs littéraires de Vents d’ouest – dont Jacques Michaud, lui-même cofondateur de la maison d’éditions, afin de «discuter de l’avenir».

Pour lui, ce décès «plombe un peu» la survie de la maison d’éditions.

«Est-ce que ça met en péril la continuité des choses ? On se pose la question nous-mêmes. On ne roulait pas sur l’or. On a fait [l’an dernier] une campagne de sociofinancement qui s’est bien déroulée, et un spectacle bénéfice [...] qui a très bien marché, mais on ne va pas se le cacher: on vivote», reconnaît Gilles Parents.

Vents d’Ouest est le seul éditeur en activité à Gatineau.

«C’est la dernière maison d’édition: on était les Gaulois de l’Outaouais. Et il y a de fortes chances qu’on n’arrive pas à se relever de ce coup dur. Surtout que ça arrive à une période charnière», au moment où plusieurs demandes de subventions doivent être envoyées, explique M. Parent.