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Friederike Mayröcker
Friederike Mayröcker

Décès de la poétesse Friederike Mayröcker

Agence France-Presse
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L’écrivaine et poétesse Friederike Mayröcker, «grande dame de la littérature autrichienne» connue pour son oeuvre expérimentale et singulière, s’est éteinte vendredi à Vienne à l’âge de 96 ans, a indiqué à l’AFP une porte-parole de sa maison d’édition Suhrkamp.

«Tout Vienne pleure la doyenne de la littérature autrichienne et citoyenne d’honneur Friederike Mayröcker», a réagi sur Twitter le maire Michael Ludwig, tandis que les hommages affluaient.

Née dans la capitale autrichienne en décembre 1924, Friederike Mayroecker commence à écrire de courts textes émouvants à l’âge de 15 ans.

Contrainte d’abandonner des études d’allemand pour subvenir aux besoins de sa famille, elle devient professeure d’anglais dans des lycées de Vienne en 1946, un métier qu’elle dira plus tard n’avoir jamais voulu exercer.

En 1969, elle demande sa mise en disponibilité pour se consacrer entièrement à l’écriture.

«Je suis follement amoureuse de la langue. J’ai besoin de livres, j’ai besoin de silence. Je n’aime pas parler : ce que j’ai à dire, je l’écris», avait coutume de dire l’une des auteures les plus décorées de son pays.

Tout au long de sa riche carrière, Friederike Mayröcker, silhouette noire, publiera de nombreux poèmes, textes en prose ou destinés à la scène, pièces radiophoniques et livres pour enfants rédigés dans son atelier jonché de notes.

Son oeuvre aux multiples facettes, par certains aspects méconnue du grand public, a été couronnée par de nombreux distinctions littéraires dont, en 2001, le prestigieux Prix Georg-Buechner.

Elle décrivait l’écriture comme un «état magique, comme si je prenais une drogue», auquel on s’adonne «en pleurant».

Pendant des décennies, elle a partagé sa passion avec l’écrivain autrichien Ernst Jandl. Le couple était proche du «Groupe de Vienne», un cercle littéraire imprégné de dadaïsme et de surréalisme.

Friederike Mayroecker fut très marquée par la mort de son compagnon en 2000 et lui dédiera un «Requiem».

Depuis son premier livre, Larifari (1956), Friederike Mayroecker se signalait par la bouleversante beauté et la force de sa langue, loin des canons traditionnels.

«Ce que je veux, c’est disparaître derrière ma biographie. L’essentiel, c’est la bibliographie», disait-elle.

Parmi ses ouvrages, peu traduits en français, figurent notamment Métaux voisins (Benachbarte Metalle, 1998), Brütt ou les jardins soupirants (brütt oder Die seufzenden Gärten, 1998), Scardanelli (2009) ou «Cruellement là» (ich sitze nur GRAUSAM da, 2012).