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David Jalbert estime qu’il faudra mieux protéger les droits des auteurs-compositeurs.
David Jalbert estime qu’il faudra mieux protéger les droits des auteurs-compositeurs.

David Jalbert: Des compromis à faire

Mario Boulianne
Le Droit
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L’après-COVID de nos artistes — Originaire de Mascouche, David Jalbert est issu d’une famille de musiciens et il a toujours eu une volonté de faire de la scène.

Originaire de Mascouche, David Jalbert est issu d’une famille de musiciens et il a toujours eu une volonté de faire de la scène. 

Au milieu des années 2000, les concours et premières parties d’artistes établis se multiplient. On l’a vu sur la même scène que Marilou, Marc Dupré, Andrée Watters, Michel Pagliaro, pour ne nommer que ceux-là. Son premier album, Des Histoires, est sorti en 2008. Ont alors suivi plusieurs autres opus dont l’album 5 en 2017, réalisé par Étienne Joly.

La touche de Joly est d’ailleurs présente sur Le doigt d’honneur qu’il a coréalisé avec Jeff Grenier. Un vidéoclip « maison » de la chanson Back to the Shack a été publié au début du mois mai. « J’ai tellement eu de plaisir à tourner ce vidéo, confie l’artiste. Je l’ai fait avec mon iPhone, dans mon spa et avec les moyens du bord. J’ai l’impression que mes voisins me le pardonneront jamais (rire). »

Avec le déconfinement et les spectacles qui reprennent, David Jalbert a bien voulu prendre quelques minutes pour répondre à nos questions.

Q. Est-ce que la pandémie va changer quelque chose à votre pratique artistique future ?

R. Oui, probablement parce que j’ai changé ma façon de faire les choses dans la dernière année et demie. 

Par exemple, j’ai développé un concept de concerts privés au bord du feu, dans ma cour et ensuite dans un ranch près de chez moi. Après avoir passé tant d’années sur la route, souvent loin de la maison et de la famille, ça fait du bien d’être à la maison et passer du temps avec les enfants.

Je pense qu’il y aura plus de compromis à faire pour le futur de mon côté à ce niveau-là. Je vais continuer à faire des tournées, mais ça va être important que je me garde des fins de semaine à la maison.


Q. Envisagez-vous l’avenir avec optimisme ou pessimisme sur le plan professionnel ?

R. Mes amis m’ont toujours dit que je suis un éternel optimiste. C’est quand même une industrie difficile, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

Mais plus que jamais, pendant la pandémie, les gens nous ont fait sentir précieux. Ils nous ont dit qu’on leur faisait du bien avec notre musique.

Je suis donc optimiste, mais je crois qu’il faut mieux protéger notre musique et nos droits. Ce n’est pas avec le streaming qu’on peut vivre de notre musique.

Q. Concrètement, quels gestes voudriez-vous que l’État pose pour votre milieu ?

R. J’aimerais que les artistes soient moins dépendants des subventions, qu’on soit mieux protégé des Spotify de ce monde pour réussir à vivre de notre musique.

Ce n’est pas normal d’avoir des millions de streams et aussi peu de revenus qui en découlent. Je pense qu’on peut améliorer notre sort pour protéger nos chansons.


Q. Peu importe la discipline artistique, selon vous, quelle sera la place de l’émergence dans l’agenda culturel des diffuseurs ?

R. L’émergence aura toujours sa place en raison des aides qu’on reçoit. C’est plus facile d’avoir de l’aide pour un premier album qu’un cinquième album par exemple. Il y a des enveloppes d’aide différentes.

Il y a tellement de talent au Québec, je pense que les diffuseurs vont continuer à avoir des coups de cœur et en plus, ils ont des quotas à respecter, donc je ne suis pas trop inquiet.

De nos jours, la musique est plus facile à créer, plus accessible et il y a de plus en plus d’artistes autoproducteurs. L’émergence a une grande place dans ma carrière de producteur, je pense entre autres à Bronko, William Deslauriers, Laurence Doire, 3 balles 2 prises et Alex Boudreault.


Q. Quelles seraient, selon vous, les innovations mises de l’avant pendant la pandémie qui auront une pérennité dans l’après-COVID ?

R. Je pense qu’il y a de projets nés pendant la pandémie qui demeureront. Par exemple, mon projet 3 balles 2 prises avec Marc-André Rioux devait être un EP pendant le COVID, mais la bonne réception du public nous a poussé à faire un album complet. 

On sait qu’on va continuer à s’amuser avec ce projet-là. En général, je pense que certaines façons de travailler qui ont changé demeureront. Les artistes ont dû se réinventer souvent dans la dernière année et demie, ça nous a poussés à être créatifs, que ce soit avec des live sur Facebook, des spectacles privés, des captations. Chacun a trouvé sa manière de survivre. J’étais le premier à être inquiet au début de la pandémie, mais on s’ajuste et je m’en suis bien sorti.