Paul Taylor à New York en 1969

Mort de Paul Taylor, géant de la danse moderne

NEW YORK — Paul Taylor, l'un des pères de la danse moderne, est mort mercredi à New York à l'âge de 88 ans, après 60 ans de carrière durant lesquelles il a défié les conventions et profondément influencé la création chorégraphique.

Lisa Labarado, une porte-parole de la compagnie qu'il avait fondée à Manhattan, la Paul Taylor Dance Company, a confirmé à l'AFP la mort du chorégraphe, à la suite d'une "défaillance rénale".

Avec lui disparaît le dernier géant de la danse moderne, après les décès de Martha Graham, Merce Cunningham ou Pina Bausch.

"Paul Taylor était l'un des plus grands chorégraphes au monde, et sa mort nous attriste profondément, non seulement nous qui avons travaillé avec lui, mais toutes les personnes dans le monde qui avaient été touchées par son art incomparable", a déclaré le directeur artistique de la compagnie, Michael Novak, cité dans un communiqué.

Il a joué un rôle-clé de passeur entre danse classique et danse contemporaine, en apportant des éléments de danse expérimentale à la danse des années 1950.

Expérimentations

Lors d'une célèbre représentation de 1957, Taylor se produisait en solo, avec uniquement une horloge parlante.

Une autre de ses productions, "Duet", explorait l'immobilité: elle se terminait avec Paul Taylor, en costume de ville, debout, complètement immobile, alors que sa partenaire était assise à ses pieds, le regard parfaitement fixe, poussant le public à quitter la salle.

Il a aussi monté un très satirique "Sacre du printemps", de Stravinsky, présenté comme une histoire de rapt d'enfant par la mafia. Et dans "Company B", il célébrait l'optimisme des Américains en pleine Seconde guerre mondiale.

D'abord danseur surdoué pour lequel Merce Cunningham, Martha Graham ou George Balanchine ont créé des rôles, Paul Taylor lance, en 1954, sa propre compagnie, qui connaîtra son premier succès e 1962 avec "Aureole", puis "Orbs" en 1966.

Au début des années 1970, il arrête de danser et se consacre entièrement à la chorégraphie, collaborant avec des artistes d'avant-garde comme Robert Rauschenberg ou le peintre new-yorkais Alex Katz.

Sa compagnie, qui deviendra la Paul Taylor Dance Company, créera au total 147 spectacles, dont beaucoup sont devenus des icônes du monde de la danse. Le danseur-étoile Rudolf Noureev sera régulièrement invité à danser avec la compagnie.

Ancien nageur

Né à Pittsburgh, en Pennsylvanie, le 29 juillet 1930, élevé dans la capitale Washington, Paul Taylor, fils d'une cuisinière, avait décidé de devenir danseur après avoir découvert à l'université un livre sur Vaslav Nijinski, le danseur virtuose des Ballets russes.

Cette découverte poussera ce nageur de compétition à changer d'orientation et à intégrer la célèbre école Juilliard à New York.

Son style était très athlétique: profonde flexion des jambes, grande variété de sauts, diagonales foudroyantes, selon Gérard Mannoni, auteur d'un livre sur "Les grands chorégraphes du 20ème siècle".

"C'était un nageur, et ses mouvements de bras donnaient à sa danse puissance et grâce", a expliqué Ashley Roland, co-directrice de la compagnie Bodyvox, basée à Portland (ouest). Elle a déploré la mort d'un "grand conteur par la danse", "maître de la chorégraphie moderne américaine".

Paul Taylor travaillera jusqu'à sa mort, créant encore en 2014 la Paul Taylor American Modern Dance, aidant à former et promouvoir une nouvelle génération de danseurs.

Invité depuis cette année-là à se produire trois semaines durant au prestigieux Lincoln Center, il en profitait pour présenter tant des productions de sa compagnie que des oeuvres de chorégraphes contemporains.

"Paul a planifié agressivement l'avenir pour s'assurer que les générations à venir pourront voir son travail génial, les autres chefs-d'oeuvre de la danse moderne, et les grandes oeuvres à venir", a souligné le directeur exécutif de la Paul Taylor Dance Company, John Tomlinson.

Refus de toute étiquette

Dès l'annonce de son décès, les hommages du monde de la danse ont afflué.

Il était "l'un des véritables maîtres de la danse moderne", a tweeté le chorégraphe britannique Matthew Bourne, célèbre pour son "Lac des Cygnes" dansé uniquement par des hommes. Son "influence continue d'être une inspiration pour les danseurs du monde entier".

"Il a élargi le champ de la danse moderne et l'a rendue surtout plus populaire, moins prétentieuse, en y ajoutant une pincée d'humour malicieux", a indiqué à l'AFP Marina Harss, critique de danse new-yorkaise.

S'il s'est fait connaître par ses expérimentations, Paul Taylor a exploré de nombreux styles et rejetait toute étiquette.

"Les critiques veulent sans cesse me classer dans un genre bien déterminé. Je n'appartiens à aucun, je cherche toujours à pratiquer de nouvelles expériences", avait-il déclaré un jour au journal Le Figaro.

Danse

Danse thérapie

Après avoir fait danser Montréal en 2012 et Québec en 2015, le troisième acte du festival de danse contemporaine Cinédanse s’ouvrira ce mardi à Ottawa sur le thème Guérir les blessures. Une édition riche et variée qui propose jusqu’à dimanche pas moins de 80 projections de films d’art, dont six documentaires et 10 courts-métrages de jeunes Autochtones, quatre ateliers, dont un sur le Pow Wow, neuf performances de danse et un symposium sur la santé.

« Le Cinédanse, c’est la danse au-delà des apparences, explique le directeur du festival Sylvain Bleau. Elle a appartient à tous et elle permet de guérir les blessures, de toutes sortes de façons. En la regardant sur des écrans urbains, en la pratiquant avec des personnes de toutes les conditions. Pour moi, ce n’est pas qu’une danse qu’on va voir dans des auditoriums et qui coûte très cher. La danse nous appartient à tous. »

Danse

«Dance Me»: bien vieillir

La dernière fois que «Dance Me» a ému les Ottaviens, c’était au Centre national des arts en février 2018, trois mois après sa première à Montréal. Foi du directeur artistique des Ballets Jazz de Montréal (BJM), Louis Robitaille, le spectacle vieillit comme un bon vin : l’hommage dansé à l’œuvre de Leonard Cohen, qui retournera à la salle Southam les 11 et 12 juillet, sera plus mûr, plus peaufiné, et « de plus grande qualité ».

Commandé pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, Dance Me reste à ce jour le projet le plus ambitieux des BJM. Louis Robitaille s’est entouré de créateurs renommés — Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem aux chorégraphies, Éric Jean à la dramaturgie et à la mise en scène, et Martin Léon à la direction musicale — pour traduire en mouvements l’œuvre du grand ambassadeur montréalais. Dans un imposant écrin scénographique de vidéos, d’éclairages et de musique, quatorze danseurs interprètent les mots du poète monumental, que la trame narrative répartit en cinq saisons — les quatre que l’on connaît aboutissent sur l’été indien, métaphore du décès de M. Cohen survenu en 2016, alors que les BJM étaient encore en train de mettre le projet sur pointes.

Arts

Viktoria Modesta, danseuse vedette amputée du Crazy Horse de Paris [PHOTOS]

PARIS — «On me détruisait en tant qu’être humain et j’ai dû créer ma nouvelle identité»: née avec une malformation en URSS et devenue performeuse vedette après une amputation libératrice, Viktoria Modesta s’apprête à danser avec des prothèses au cabaret parisien Crazy Horse.

Regard intense, habits et cheveux noirs en chignon, longs ongles couleur métal, la performeuse britannique de 31 ans, raconte à l’AFP l’histoire de sa transformation dans un des salons privés aux murs rouges et lumière tamisée du temple du «nu chic».

Avec une nouvelle prothèse pour chaque tableau, entourée de danseuses habillées seulement de jeux de lumière, elle se produira du 3 au 16 juin au Crazy, qui a déjà accueilli par le passé des artistes au profil atypique comme Dita Von Teese, Pamela Anderson ou Conchita Wurst.

«Chaque prothèse artistique est créée pour un projet spécifique, elle raconte toute une histoire» comme le pic qui brise la glace dans son clip «Prototype» visionné plus de 12 millions de fois sur YouTube et qu’elle arborera au Crazy Horse.

Danse

«Joni Mitchell’s The Fiddle and the Drum», une occasion de s'initier au ballet

Avec «Joni Mitchell’s The Fiddle and the Drum», à l’affiche du Centre national des arts les 15 et 16 mai, le Alberta Ballet propose un ballet tout ce qu’il y a de plus éloigné de sa formule « classique ».

Si l’on y danse bel et bien – et parfois même « sur pointes » –, ce spectacle semble constituer une occasion en or pour s’initier au ballet, pour peu qu’on apprécie l’œuvre de Joni Mitchell.

Danse

«Giselle» en première mondiale au CNA

Les Grands Ballets Canadiens de Montréal (GB) viennent présenter en première mondiale une nouvelle création, «Giselle», au Centre national de arts (CNA), du 4 au 6 avril à 20 h (Salle Southam).

Cette relecture du ballet classique est signée par le nouveau directeur artistique des GB, Ivan Cavallari, qui promet «une adaptation fidèle à la tradition».

Composée par Adolphe-Charles Adam, la pièce originale traite d’un amour absolu qui bascule dans la tragédie, tout en puisant certains éléments dans le fantastique. Ivan Cavallari, épaulé par Marina Villanuava, s’est inspiré du travail de Marius Petipa, qui a rechorégraphié Giselle en 1903, soixante ans après sa création.

«Les GB montent pour la première fois depuis 20 ans ce joyau du répertoire classique, symbolisé par les pointes et tutus blancs», précise le CNA.

Formé à La Scala de Milan et au Bolchoï de Moscou, Ivan Cavallari est devenu danseur étoile en 1991. Il assure la direction artistique des GB depuis 2017.

Giselle prendra ensuite l’affiche à la Place des Arts de Montréal, qui le propose du 11 au 14 avril.

Billets : Ticketmaster.ca ; nac-cna.ca ; 1 888 991-2787

Danse

Hit the Floor couronne ses gagnants

L’évènement de danse de renommée mondiale Hit the Floor a annoncé les grands gagnants de sa sixième édition en sol gatinois.

Huit numéros « coups de cœur » ont été sélectionnés parmi les centaines présentés tout au long du week-end afin de danser une seconde et dernière fois au Showcase All-Stars pour tenter de remporter l’une des trois bourses disponibles.

Arts et spectacles

La danse swing : une communauté à découvrir

Ça brassait samedi soir à la salle du Parvis. Une centaine de danseurs swing se sont laissé aller au son de la musique du groupe Lily Tea & Tea for 20’s. En plus des habitués et des expérimentés, plusieurs débutants se sont joints à la soirée pour apprendre quelque pas avant le spectacle.

« Avec un orchestre, c’est les plus belles soirées. Quand on a une occasion comme celle-là, on essaie de rassembler le plus de danseurs, et de non-danseurs pour leur faire découvrir la danse swing », indique le vice-président de Swing Sherbrooke Benoit Lapointe.

Danse

Le Ballet national du Canada souligne les 50 ans du CNA

Il y a 50 ans, le Centre national des arts (CNA) ouvrait ses portes au public pour la toute première fois. Pour souligner son jubilé, du 31 janvier au 2 février, sera présenté un programme triple mettant en vedette la première compagnie à s’y être produite : le Ballet national du Canada (BNC).

Le 2 juin 1969, le centre commandé deux ans plus tôt par Lester B. Pearson pour le centenaire de la Confédération lançait ses activités en grand. Celia Franca, qui avait fondé le Ballet national 18 ans plus tôt, était une collègue et amie d’Hamilton Southam, le premier directeur général du nouveau centre. Ensemble, le duo avait élaboré un programme spécial pour baptiser la scène de la Salle Southam : pour la première fois serait joué le Kraanerg du célèbre chorégraphe français Roland Petit.

Danse

Le ballet consacré à Leonard Cohen de retour au CNA cet été

Le Centre national des Arts (CNA) dévoile ce matin trois « spectacles à succès » qui s’ajouteront à l’offre estivale.

« À la demande générale », Danse CNA accueillera de nouveau Dance Me, œuvre signée par les Ballets jazz de Montréal (BJM), qui se sont inspirés du légendaire Leonard Cohen. Les représentations sont prévues les 11 et 12 juillet.

À partir d’un florilège des chansons du poète canadien, les chorégraphes Annabelle Lopez Ochoa, Andonis Foniadakis et Ihsan Rustem ont créé une pièce multimédia spectaculaire.

Le spectacle a été approuvé par Cohen de son vivant. Il revient d’une tournée nationale et internationale intensive. Les amateurs ont pu l’apprécier en février 2018 au CNA, lors d’une série de représentations données à guichets fermés. La salle Southam l’accueillera à 20 h

Looney Tunes

Dans le cadre de ses concerts Pops, l’Orchestre du CNA interprètera Bugs Bunny at the Symphony II. Ce concert jeunesse met en scène – sur écran géant – les populaires personnages des Looney Tunes (de Warner Brothers). Il sera donné à la salle Southam les 5 et 6 juillet, à 10 h. Les trames sonores originales accompagnant les facéties de Bugs et des ses amis – Daffy Duck, Pepe Le Pew, Tweety, Wile E. Coyote et Road Runner, etc. – seront bien sûr interprétées live par l’OCNA. Les dessins animés sont présentés en version originale anglaise.

Le Théâtre anglais présentera quant à lui la comédie musicale 2 Pianos 4 Hands du 18 juillet au 3 août. Cette œuvre « immensément populaire » retrace le périple de deux jeunes pianistes prodiges qui rêvent de devenir concertistes.

Cette comédie musicale a « charmé près de deux millions de spectateurs dans plus de 200 villes du monde » depuis une vingtaine d’années, rappelle le CNA.

Les billets pour ces trois spectacles sont en vente depuis ce matin (cna-nac.ca ; ticketmaster.ca ; 1-888-991-2787).

Arts

Soirée magique au Bolchoï de Moscou pour Guillaume Côté

Premier Québécois à danser au Bolchoï, Guillaume Côté revient de Moscou avec le sentiment d’avoir tiré le meilleur parti de cette expérience. L’artiste originaire de Lac-à-la-Croix, au Lac-Saint-Jean, est d’autant plus satisfait qu’il n’espérait pas fouler la célèbre scène. « Ça ne faisait pas partie de mes rêves parce qu’ils ont 290 danseurs, dont les plus grandes stars du monde. Or, les astres étaient alignés pour que ça marche », a-t-il confié mardi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

C’est une invitation lancée par le chorégraphe du ballet Roméo et Juliette qui l’a ramené en Russie, où le danseur principal du Ballet national du Canada avait effectué une tournée en octobre. « Quelques jours plus tard, la direction du Bolchoï a autorisé mon embauche, mais c’est seulement quatre jours avant le départ pour Moscou que j’ai obtenu mon permis de travail. C’est pour cette raison que la nouvelle a été annoncée relativement tard », fait-il observer.

Une journée dans les coulisses de Hit The Floor Gatineau.

Arts et spectacles

Hit The Floor: que le meilleur gagne

La fébrilité était palpable jeudi au Centre de congrès du Casino du Lac Leamy à l’occasion de la première journée de compétition de Hit The Floor Gatineau, qui souligne cette année ses cinq ans. Plusieurs centaines de danseuses et de danseurs fourmillaient dans les loges et autour de la salle principale en attendant de monter sur scène devant un parterre de parents et d’amis, mais aussi de juges.

Tandis que certains en profitaient pour répéter une dernière fois leur numéro, d’autres peaufinaient leur maquillage ou leur coiffure — l’odeur de fixatif embaumant les couloirs en faisant foi.

Danse

La fièvre de la danse

Des milliers de danseurs se sont donné rendez-vous sur la scène du Centre de congrès du Casino du Lac-Leamy pour s’affronter à l’occasion de la cinquième édition de Hit The Floor Gatineau qui débute ce jeudi 15 mars.

Pas moins de 3000 danseurs issus d’une soixantaine d’écoles de danse du Québec — dont 700 sont de Gatineau — et de l’est de l’Ontario évolueront dans 835 numéros de danses tous styles confondus. « C’est la plus grande édition de Hit The Floor à Gatineau, affirme Nicolas Bégin, danseur et fondateur de l’initiative en 2010. On constate vraiment l’engouement des danseurs pour participer à l’événement de Gatineau. On a d’ailleurs dû augmenter la programmation pour permettre à plus de personnes de s’inscrire. »

Danse

Des changements espérés en danse

MONTRÉAL — Une ex-danseuse torontoise espère que la controverse ayant entouré un ballet créé par des hommes et présenté comme un hommage aux femmes se traduira par des changements plus larges dans le milieu de la danse.

La chorégraphe Kathleen Rea a lancé une pétition la semaine dernière demandant aux Grands Ballets canadiens d’ajouter une chorégraphe féminine au spectacle intitulé Femmes, après avoir appris qu’il avait été créé par trois hommes.

Danse

Quand Leonard Cohen mène la danse

Excitante association que celle de la musique de Leonard Cohen et des « BJM », les Ballets Jazz de Montréal !

Avant même la disparition du poète, en 2016, l’illustre compagnie montréalaise envisageait de créer un spectacle s’inspirant de son œuvre. Les deux se sont, comme on dit, bien trouvés. De son vivant, Leonard Cohen a cédé les droits exclusifs aux BJM jusqu’en 2022. Le directeur Louis Robitaille revient sur ce spectacle majeur pour sa compagnie ; une idée folle jalonnée d’obstacles, slalomant entre les attentes du public, forcément élevées, et l’impérieuse nécessité d’être à la hauteur. Réponse du 23 au 24 février, à la Salle Southam du Centre national des arts. 

Le 375e anniversaire de Montréal, en 2017, a donné l’idée à cette compagnie de danse emblématique de la Métropole de mettre en vedette un autre de ses ambassadeurs incontestable.

« J’y travaillais depuis trois ans, résume M. Robitaille. Le projet avait été signé par M. Cohen lui-même, personnellement. » Sa disparition, en novembre 2016, donnera une autre dimension à la production.

« Quand on déposé le projet de spectacle, il était question de survoler l’œuvre de M. Cohen. Il n’aurait accepté rien d’autre, de toute façon. Le message avait été très clair, il ne voulait surtout pas que l’on parle de sa vie privée. »

Nul besoin de connaître la biographie du chanteur, donc, pour profiter du spectacle dont la mise en scène est signée Éric Jean. 

Par transposition poétique, la production reposera sur les cycles de la vie associés aux saisons. La dramaturgie inclut une cinquième saison représentant le passage de la fin de vie à l’au-delà, « devenue extrêmement symbolique le jour du départ de M. Cohen », évoque M. Robitaille.   

Sous la triple signature de chorégraphes internationaux – le Grec Andonis Foniadakis, la Belgo-Colombienne Annabelle Lopez Ochoa et le Britannique Ihsan Rustem – Dance me a été présenté pour la première fois en décembre 2017 à Montréal et devrait tourner sur la scène internationale dans les prochaines années. 

Suzanne, So long Marianne, Hallelujah, First we take Manhattan, Dance me to the end of love... autant de classiques à savourer dans le prolongement du mouvement chorégraphié. 

On mesure la difficulté de l’entreprise et la gageure qu’elle représente. Imaginer que l’on puisse tenir en haleine un public avec un collier de perles musicales qui ne tiennent qu’à un fil chorégraphique relève indubitablement de la haute voltige. 

« BJM est une compagnie qui danse, ça demeurait extrêmement important pour nous que cette œuvre représente le feu qui animait M. Cohen, poursuit le directeur. La démarche a été longue dans la sélection des chorégraphes. Finalement, les trois signatures choisies sont intéressantes dans la nuance, la complémentarité, dans leurs similitudes et leur capacité à proposer des voix distinctes. »

Le principal intéressé a-t-il eu accès à des bribes de création de son vivant ?   

« On espérait pouvoir l’inviter, le rencontrer, qu’il voit sa musique dansée, répond M. Robitaille. Mais il n’a pas vu d’étapes de création. Il connaissait la compagnie. Nous étions constamment en relation étroite avec son agent et avocat qui agissait à titre d’intermédiaire. »


POUR Y ALLER

Quand ? 23-24 février

Où ? Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000

Danse

Mignardises en danse à déguster

Avec Natasha Bakht, on parle de tout. Et aussi de danse. De tout, mais pas de n’importe quoi.

De sujets à manipuler précautionneusement et qui font vite monter la température. De justice sociale, d’égalité des femmes, de droits des minorités et de liberté de religion. Professeure en droit à l’Université d’Ottawa, Natasha Bakht file sur tous les fronts. Et trouve, dans la danse, une autre extension à son domaine de lutte. 

Les titres de ses pièces ? « 786 », chiffre qu’elle remarque parfois en entête des copies de ses élèves musulmans : une contraction numérique du premier verset du Coran. Ou encore « pas de justice », une trouvaille à double entente, entre le pas-de-deux et l’absence de justice.

« Le droit manque parfois d’émotion, analyse la chorégraphe juriste. Intellectualiser les conflits nous en fait perdre l’aspect humain. » Elle redonne un souffle chorégraphique à son engagement juridique en offrant trois pièces d’un programme quadruple, produit par le Centre de danse contemporaine ODD, du 23 au 25 novembre. 

Quatre mignardises en danse, ne dépassant pas 20 minutes chacune, créées en collaboration avec Monica Shah. Leur point commun ? Toutes deux sont issues de l’école de danse indienne Menaka Thakkar Dance Company, établie à Toronto. Toutes deux ont également fait de la danse contemporaine leur soupape d’expression. Si Natasha Bakht danse depuis plus de 20 ans tout en menant en parallèle sa carrière de juriste, Monica Shah, elle, est doctorante en psychologie à l’université de Saint John (New York). Elle propose sa toute première chorégraphie avec Flow, qu’elle présente comme une introspection modulée entre les codes de la danse classique indienne et la liberté de mouvement propre à la danse contemporaine.

« J’ai suivi plusieurs cours avec Natasha Bakht, raconte Monica Shah. J’ai aussi dansé dans sa première création collective, Riaz. Cette participation m’avait semblé si naturelle, j’avais l’impression de me sentir chez moi ! » Elle se lance désormais en chorégraphie sous les encouragements bienveillants de son inspiratrice dont elle partage les origines indiennes. 

Désirs tranchants, besoins aiguisés. Natasha Bakht s’est inventé une carrière hors catégorie. En 2016, elle a été la seule Canadienne à obtenir une commande du Fall for Dance North Festival produit à Toronto, au Centre Sony. Depuis deux décennies, elle enchaîne les collaborations - et retrouvera Peggy Baker en décembre pour une création imminente - jusqu’à faire entrer la danse en Cour de justice. En 2008, elle crée « Pas de justice » pour accompagner les premières rencontres du Tribunal des femmes du Canada. Avant présentation à la Cour des arts, dès jeudi, cette pièce n’avait encore jamais été produite en théâtre. 

« Ma danse a toujours eu un lien fort avec mon travail juridique, explique Natasha Bakht. Les récits que j’aime explorer concernent souvent les communautés marginalisées et les femmes. »

Elle espère que son travail contribue in fine à « changer l’angle d’approche » de la communauté musulmane. « Les sujets abordés dans les médias sont trop souvent associés à la radicalisation, au terrorisme, aux conflits que connaît le Québec. » 

La danse pourrait bien aérer ces perspectives, le temps d’une soirée.  


POUR Y ALLER

Quand ? Du 23 au 25 novembre

Où ? Au Studio ODD de la Cour des arts

Renseignements : www.odd-cdc.org ou 613 233 6266

Danse

Un Lac des Cygnes beau en eaux troubles

CRITIQUE / Dans la pléthore des Lac des Cygnes qui déferlent dans les programmations en danse, la version d’Aaron Watkin interprétée par le Semperoper Ballett de Dresden joue gracieusement le pas de côté. Le chorégraphe britanno-colombien expatrié en Allemagne propose, sinon une reconstitution fidèle, du moins une cure de jouvence au ballet cultissime. Et cette démarche de se réapproprier les chorégraphies de Petitpa et d’Ivanov lui donne une nouvelle jeunesse.

Le balletomane rompu aux versions traditionnelles, à l’interprétation athlétique et musclée des compagnies nord-américaines, sera peut-être écartelé entre deux sensations contraires : retrouver la trame du ballet et la succession de ses variations (pas de deux, solos ou danses de caractères), perdre un peu de virtuosité dans une chorégraphie moins corsetée dans ses défis techniques.

Des portés moins hauts, des attitudes plus brèves, peu de jambes à l’oreille ou de sauts époustouflants ; le propos premier du chorégraphe semble dans la cohésion de la troupe, le souci de dérouler l’histoire avec constance et clarté sans multiplier les coups d’éclat. Il y a, dans le travail du Semperoper Ballett, une recherche d’élégance que l’on retrouve d’abord dans les costumes : dès l’ouverture, la fête d’anniversaire du prince Siegfried fait passer en revue de somptueuses robes de princesses, velours chamarrés et cornettes frétillantes. Le résultat, époustouflant, est d’autant plus réussi que la mise en scène réduit au minimum la pantomime qui, trop souvent, parasite les ballets.

Mais l’élégance première de cette production, on la doit indubitablement à l’alchimie du couple principal : le prince Siegfried (Dmitry Semionov, le soir de la première) et Odette/Odile (Sangeun Lee). Grâce élancée, élan souple, leur tandem surplombe littéralement la distribution par sa taille (rareté de voir de si grands danseurs en ballet !) et sa complicité romantique.      

Pas de bras qui s’agitent frénétiquement de haut en bas, c’est par un jeu de mouvements tout en nuances ouatées que Sangeun Lee joue son personnage. Il y a beaucoup de raffinement dans sa danse où toutes les difficultés techniques sont maîtrisées ce qui lui permet une grande liberté d’interprétation. Son partenaire, Dmitry Semionov, a certes le physique qui convient pour son rôle, mais pas les compétences athlétiques ; il peine à s’imposer par sa technique, peut-être éclipsé par celle, mieux maîtrisée et affirmée, du danseur Jon Vallejo. Dès le premier acte, Benno, l’ami du prince, vole la vedette par son attaque virtuose de la chorégraphie, et l’on n’en attendait pas moins dans un tel ballet.

Ces disparités de niveaux se répercutent aussi dans le corps de ballet où l’on a vu, le soir de la première, quelques chutes vite rattrapées et des décalages dans la synchronisation.

Reste une scénographie spectaculaire où la représentation du lac réserve de belles surprises, où les costumes mirifiques donnent du style, jolis écrins qui finissent par nous faire oublier les quelques faiblesses techniques. Sans oublier la musique intemporelle de Tchaïkovsky, sombre chef-d’œuvre déchiré entre le mal-être et la quête de l’inaccessible, toujours savoureuse. 


POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 11 novembre

Où ? Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

Danse

Lac des cygnes, le luxe de la recréation

À la fin des années 80, Aaron Watkin est venu danser Casse-Noisette à Ottawa au sein du Ballet national du Canada. On ne l’a plus revu depuis. Son destin de danseur, chorégraphe, professeur et enfin directeur artistique l’a retenu sur d’autres continents.

Ce Canadien originaire de Colombie-Britannique, désormais à la tête du Semperoper Ballett de Dresden, en Allemagne, résume une carrière dansée allegro : « J’ai quitté le Canada à l’âge de 21 ans, j’en ai 47. J’ai vécu plus de temps en Europe qu’au Canada ». Même si ce retour en terre natale avec Le lac des cygnes revêt une importance toute particulière, Aaron Watkin a pris le pli du confort artistique dont jouissent les compagnies en Allemagne. Pas question, pour l’heure, de revenir s’installer au Canada.

« À Dresden, 70 % du budget de la compagnie est financé par la province, illustre-t-il. Cela induit une vie artistique complètement différente. J’embauche 57 danseurs, des apprentis et des boursiers. La distribution de nos spectacles peut compter jusqu’à 65 danseurs. Le système allemand est fait pour que les artistes ne se consacrent qu’à leur profession. Ils n’ont pas besoin d’occuper des jobs alimentaires pour vivre quand ils ne dansent pas. »

Cette latitude financière encourage aussi les institutions à prendre plus de risques de création.

« L’art évolue constamment, il nous faut donc oser prendre des risques en sachant que tout ne sera pas couronné de succès immédiatement », rappelle-t-il.

Sa programmation mélange grands ballets à succès et nouvelles chorégraphies sans craindre la faillite : 93 % du temps, sa troupe se produit à guichets fermés, se réjouit-il.

Dans sa mouture du Lac des Cygnes, reprise d’une première version datant de 2009, Aaron Watkin n’a pas hésité à adapter à sa guise la vénérable chorégraphie de Marius Petipa. À quelques jours de son départ pour Ottawa, où le spectacle sera présenté du 9 au 11 novembre au Centre national des arts, il retravaille encore la finale du spectacle.

La liberté du mouvement au côté de Forsythe

À ses premiers pas dans la profession, Aaron Watkin n’était pourtant pas convaincu de son choix. « Je préférais les claquettes à la danse classique, plus vivantes et moins contraignantes », avoue-t-il. Puis en 1991, il rencontre William Forsythe, figure de proue du ballet contemporain et fait partie de la distribution de l’un de ses spectacles, The Second detail, à Toronto. Il intégrera peu après sa compagnie à Francfort — à titre de danseur étoile — avant de devenir son assistant personnel, puis montera nombre de ses chorégraphies dans le monde entier.

« J’ai toujours eu cette impression, avec le répertoire classique, de ne pas être aussi parfait que je l’aurais voulu, raconte-t-il. Quand j’ai commencé à travailler avec Forsythe, je n’ai jamais été stressé ou effrayé. Il m’a aidé à me donner confiance, à rechercher comment aller plus loin dans une atmosphère de création. »

Depuis qu’il a accepté la direction du Semperroper Ballett en 2006, à l’âge de 36 ans seulement, Aaron Watkin s’attache à reproduire ce contexte fertile de création au sein de son institution.

« La mixité et la diversité des profils que j’ai connues chez Forsythe me paraissaient étranges de prime abord, reconnaît-il. Ça différait de ce que je connaissais ! Mais chaque danseur avait quelque chose de spécial et l’on voyait pourquoi il nous avait choisis. J’ai gardé cette approche dans ma compagnie qui défend la diversité. » Vingt-quatre nationalités défendront cet indémodable Lac des cygnes mis en musique par l’Orchestre du CNA. 


POUR Y ALLER

Quand ? Du 9 au 11 novembre

Où ? Centre national des arts

Renseignements : 1-888-991-2787 ou ticketmaster.ca

Danse

Les variations Laurie Young

CRITIQUE / Il est 20h05. Laurie Young, interprète et chorégraphe venue de Berlin, pousse discrètement la porte du studio de la Cour des arts. Elle entre à pas de loup dans une salle qu’elle connaît bien, suivie de son musicien, Johannes Malfatti, déjà affairé à installer le seul élément de décor : une batterie. Ainsi débute How is now, pièce expérimentale pour une danseuse et une batterie, aussi minimaliste que riche conceptuellement : le spectacle met en scène sa propre temporalité et nous fait éprouver l’élasticité de sa construction pendant près d’une heure.

Présentée par le CNA en collaboration avec le Centre de danse contemporaine d’Ottawa (CDC), la soirée d’ouverture de la série Face à Face, mercredi soir, ramenait Laurie Young dans sa ville natale où elle a travaillé pour le Groupe Dance Lab avant de cofonder la compagnie Sasha Waltz & Guests.

Au micro, l’expatriée témoigne de sa connaissance particulière du lieu et des souvenirs qui y sont rattachés. Visiblement émue de ce retour, les traits tirés par le décalage horaire encore frais, elle laisse brièvement la parole à son batteur puis s’élance : « everybody is confortable ? ».

La question est loin d’être anodine puisque chaque spectateur a reçu une paire de bouchons d’oreille avant la représentation. Comme un contrat tacite, une mise en garde suivie de l’attente inéluctable du moment insupportable annoncé. Encore un jeu avec notre perception du temps.

Dès les cinq premières minutes, le concept se dévoile assez vite : l’interprète et le musicien rejouent en boucle une scène initiale à laquelle ils apportent de subtiles variations. La séquence est ponctuée de durées diverses tirées du quotidien (pour se brosser les cheveux, passer l’aspirateur, etc.). Aurait-elle transposé le Jour de la marmotte à la danse contemporaine ? Mais la répétition subit de telles modifications que, loin de nous ennuyer, elle éveille en nous la curiosité de découvrir ses réinventions.

Sur le plateau, Laurie Young mixe le mouvement comme le ferait un DJ de ses échantillons de musique : avec accélérations, décélérations, retours en arrière, silences et variations d’amplitude. Les images fortes ne manquent pas, qu’elle condense avec rapidité tous les gestes d’une journée ou qu’elle décompose par saccades un corps qui marche. Sous nos yeux, le temps devient alors une matière malléable pétrie par le corps et l’espace.

Est-ce la batterie où l’énergie nerveuse de la danseuse qui mène la danse ? Entre les deux, les rapports de force ne cessent d’alterner. Les séquences se succèdent par ruptures nettes – noirs, silences, changements de rythmes.

Au cours de cette démonstration parfois (trop ?) didactique de la relativité du présent, restera une image surprenante de Laurie Young, les cheveux lâchés, capable de danser avec dextérité jusqu’au bout des doigts de pieds ! Ina-temps-du...

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POUR Y ALLER

Les 26 et 28 octobre

Cour des arts

Billetterie du CNA, 613-947-7000 ; Ticketmaster.ca, 1-888-991-2787

Danse

Le retour du Sacre du Printemps

Présenté pour la première fois en 1913, le Sacre du Printemps de Stravinsky chorégraphié par Nijinski fit scandale. À l'époque, on ne sait ce qui, de la danse ou de la musique, contrevenait le plus aux règles du ballet traditionnel.
Six décennies plus tard, Pina Bausch en offre sa propre version, laquelle suscite alors moins d'effroi que l'original. On découvrira surtout une nouvelle signature magistrale dans l'univers de la danse contemporaine : une certaine idée du mouvement, de la transdisciplinarité et une audace inégalée dans le dépassement des limites physiques.

Danse

Retour «danse» dans le passé

Des cliquetis venus des arbres indiquent le chemin de la Fonderie, à Hull. Cette installation sonore du centre de production DAÏMÔN accueille le visiteur curieux de s'aventurer sous les hauts plafonds de la Fonderie.
58 000 pieds carrés entourés de verrières, l'espace majestueux représente l'un des derniers vestiges de l'ère industrielle de la région. Cet été, il héberge le travail monumental d'une douzaine d'artistes en arts visuels réunis dans l'exposition À perte de vue. Parmi eux, la chorégraphe Noémie Lafrance a été conviée en résidence de création avec son époux, Peter Jacobs, par le centre d'art contemporain AXENÉO7. Le fruit de leur spectacle in situ, fabriqué sur (dé)mesure avec une cinquantaine de comédiens, se découvrira gratuitement les mercredis 16 et 23 août, à 20 h. 

Danse

Marie Chouinard fait danser les arts visuels

La multiplication des manifestations estivales, la tempête Canada 150 et le 30e anniversaire du Festival Danse Canada (FDC) depuis sa création. Secouez le tout et vous obtenez un cocktail qui perfore les frontières en brouillant la carte des disciplines.
Les 14 et 15 juillet, la présence de la compagnie Marie Chouinard marque un temps fort du FDC. Dans son giron, la danse s'acoquine à l'art visuel avec Jérôme Bosch: le jardin des délices (14 juillet), suivi le lendemain de In museum, performance inédite pour deux danseuses installées aux abords du Musée des beaux-arts du Canada. L'occasion de vérifier que, décidément, non, la danse n'est pas une pièce de musée.   

Danse

Patchwork de danses pour les Grands Ballets

Les Grands Ballets canadiens de Montréal ravivent la Salle Southam avec l'une des pièces maîtresses de leur répertoire, Minus One, chorégraphiée par l'Israélien Ohad Naharin qui a déjà été programmé au Centre national des arts en janvier avec Last Work.
En dépit de son titre, Minus One joue la surenchère : plus d'une trentaine de danseurs pour interpréter sept extraits de ballets qui s'enchaîneront sur une heure et demie de spectacle, sans entracte. La vénérable compagnie 

Danse

Rencontr3s croisées pour réinventer le ballet

C'est le genre de rencontres artistiques rares, qui font palpiter le coeur des balletomanes. Les créations de trois chorégraphies et de trois partitions musicales vont se fondre en un seul spectacle au Centre national des arts (CNA), entremetteur pour l'occasion, du 20 au 22 avril.
Jean Grand-Maître, directeur de l'Alberta Ballet, s'apprête à livrer Caelestis sur une partition commandée expressément à Andrew Staniland; Emily Molnar, du Ballet BC, offrira Keep Driving, I'm Dreaming, sur une musique de Nicole Lizée ; Guillaume Côté, danseur et désormais chorégraphe au Ballet national du Canada signe quant à lui Dark Angels, créé de concert avec le compositeur Kevin Lau. 

Danse

Les Tragically Hip à l'honneur aux Ballets de l'Alberta

Les Ballets de l'Alberta présenteront cette année une création inspirée de la musique des Tragically Hip, qui ont offert en 2016 une dernière tournée mettant en vedette le chanteur Gord Downie, atteint d'un cancer du cerveau.
En dévoilant l'affiche de la 51e saison de la compagnie, cette semaine, le directeur artistique, Jean Grand-Maître, et le directeur général, Chris George, ont aussi annoncé la présentation, pour la première fois en 10 ans, d'un nouveau «ballet familial» par la compagnie: «Cendrillon», sur la musique de Prokofiev, avec les décors et costumes des Ballets de Cincinnati.

Danse

La crème de la danse canadienne au CNA

Poursuivant son parcours exemplaire, la chorégraphe Marie Chouinard s'est installée à Venise où elle a accepté la direction du secteur danse de la Biennale jusqu'en 2020. Au programme, un festival à organiser fin juin et les collèges pour danseurs et chorégraphes à chapeauter. En avril, un crochet par Monaco est prévu pour la création d'un ballet commandé par Les Ballets de Monte-Carlo. Son ample répertoire façonné sur quatre décennies voyage régulièrement. À l'affiche du CNA, le solo Étude nº1 fait partie des trois chorégraphies présentées les 23 et 24 mars lors de la soirée Les Associés.
Réunir la crème de la danse contemporaine canadienne, tel est le concept initié par la productrice en danse Cathy Levy et qui perdure encore aujourd'hui. Il y a dix ans naissait le programme des Artistes associés de la Danse au CNA, une aide favorisant la rencontre et les échanges entre 11 participants triés sur le volet, tous sélectionnés parmi les plus brillants chorégraphes canadiens. La soirée des Associés en présentera trois d'entre eux, Marie Chouinard donc, ainsi que la directrice de Kidd Pivot, Crystal Pite et Christopher House, fondateur du Toronto Dance Theatre (TDT). Un solo, un duo et une pièce de groupe, voici le menu proposé par trois têtes chercheuses de la danse contemporaine canadienne. 

Danse

Hit the Floor: l'énergie au rendez-vous

L'énergie qui se dégageait de la compétition de danse multistyle Hit the Floor au cours des derniers jours à Gatineau était assez puissante pour alimenter l'ensemble du complexe du casino Lac-Leamy, et encore plus.
L'événement a connu un vif succès de participation et de foule, et engendre des retombées économiques de plus de 2 millions $ pour la région.

Danse

Hit the floor prend racine

C'est un pari plutôt osé que d'organiser une compétition de danse en région, à la lisière des centres artistiques. L'idée lancée en 2010 par Nicolas Bégin, danseur trentenaire originaire de Lévis, au Québec, connaît un nouvel élan, cette année.
Pour sa quatrième édition du 16 au 19 mars, Hit the floor attend 12 000 spectateurs à Gatineau, où elle prend ses quartiers au Centre des congrès du Casino du Lac-Leamy. Une centaine d'écoles de danse se réuniront afin de concourir dans les différentes catégories au programme : danse contemporaine, ballet, jazz, claquettes et compagnie. Quatre jurés internationaux les accueilleront tous les jours de 7 h à 23 h 30, prêts à livrer leurs commentaires sur le vif. 

Danse

Eric Gauthier, retour d'un expatrié choyé

Ils sont presque nus et dansent sur des airs de Dean Martin. Dans une autre chorégraphie, un duo retrace 102 positions du pas-de-deux classique. Voici un avant-goût des cinq pièces présentées par la compagnie Gauthier Dance//Dance Company Theater-haus Stuttgart, à découvrir le 11 mars à la Salle Southam du Centre national des arts. Il s'agit d'une première apparition à Ottawa pour cette troupe fondée il y a tout juste une décennie par le Québécois expatrié en Allemagne, Éric Gauthier.
La célébration du 150e anniversaire de la Confédération sera aussi celle des artistes canadiens, en activité au pays ou partis. Cela fait plus de 20 ans qu'Éric Gauthier a déménagé à Stuttgart sur invitation de Reid Anderson, l'ancien directeur de l'école du Ballet national, nommé à la tête du ballet de Stutt­gart en 1996.