Commandé pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, «Dance Me» reste à ce jour le projet le plus ambitieux des BJM.

«Dance Me»: bien vieillir

La dernière fois que «Dance Me» a ému les Ottaviens, c’était au Centre national des arts en février 2018, trois mois après sa première à Montréal. Foi du directeur artistique des Ballets Jazz de Montréal (BJM), Louis Robitaille, le spectacle vieillit comme un bon vin : l’hommage dansé à l’œuvre de Leonard Cohen, qui retournera à la salle Southam les 11 et 12 juillet, sera plus mûr, plus peaufiné, et « de plus grande qualité ».

Commandé pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017, Dance Me reste à ce jour le projet le plus ambitieux des BJM. Louis Robitaille s’est entouré de créateurs renommés — Andonis Foniadakis, Annabelle Lopez Ochoa et Ihsan Rustem aux chorégraphies, Éric Jean à la dramaturgie et à la mise en scène, et Martin Léon à la direction musicale — pour traduire en mouvements l’œuvre du grand ambassadeur montréalais. Dans un imposant écrin scénographique de vidéos, d’éclairages et de musique, quatorze danseurs interprètent les mots du poète monumental, que la trame narrative répartit en cinq saisons — les quatre que l’on connaît aboutissent sur l’été indien, métaphore du décès de M. Cohen survenu en 2016, alors que les BJM étaient encore en train de mettre le projet sur pointes.

La production s’est déployée aux États-Unis, en Europe et en Chine.

Dans l’année et demie qui sépare les deux séries ottaviennes, la production s’est déployée aux États-Unis, en Europe et en Chine. Parce que la danse est un art vivant, et parce que pas deux représentations sont exactement pareilles, le spectacle a beaucoup évolué sur la route. « La dernière fois qu’on a présenté le spectacle au CNA, c’était au début de la vie de cette création, se souvient le directeur artistique des BJM. On a beaucoup travaillé à peaufiner la production, le spectacle, l’exécution et l’interprétation des artistes. Ce sont tous de petits détails qui sont imperceptibles pour le grand public, mais qui font une grande différence. C’est l’attention qu’on porte à ces détails qui font que le spectacle a une plus grande qualité et une plus grande fluidité. »

Comme dans sa première mouture, le spectacle compte dix-sept chansons, d’Hallelujah et Suzanne aux Nevermind moins connus. Mais l’habitude a fait que les chorégraphies sont devenues pour les danseurs « comme une seconde nature », constate M. Robitaille. « C’est extrêmement agréable à voir. »

«Dance Me» a reçu les droits exclusifs en danse sur les chansons de Leonard Cohen jusqu’en 2022.

« Ce qui a été particulier avec cette production, c’est le fait qu’on ait travaillé avec un metteur en scène, rappelle le directeur artistique. Ça a amené un aspect très théâtral et ça nous a permis de sortir de notre boîte. » Quant au choix de rallier trois chorégraphes, « on aurait pu travailler avec un seul créateur, mais je crois qu’on serait tombé dans le monochrome. En travaillant avec trois chorégraphes, on pouvait avoir trois gestuelles, trois matériaux chorégraphiques, trois dynamiques, trois compréhensions. Certains ont porté une attention particulière aux textes, d’autres à la musique, au rythme ou à la ligne dramatique. Ce qui est intéressant, parce que M. Cohen, il était plusieurs personnes. Il n’y avait pas un M. Cohen ; il y avait plusieurs M. Cohen. »

Dance Me a reçu les droits exclusifs en danse sur les chansons de Leonard Cohen jusqu’en 2022. La saison 2019-2020 des BJM prévoit près de 90 représentations de Dance Me (« je pense qu’on a un record ! »). En plus de retours en Europe et en Amérique du Nord anglophone, la troupe mettra le cap sur le Brésil en août et en septembre 2019. Elle n’y a pas dansé depuis près d’une décennie. Pour 2020-2021, les pays scandinaves, la Russie et l’Asie sont dans la mire des BJM.

« Cette production tout à coup nous permet d’aller dans des villes très importantes et des territoires qu’on n’avait pas visités depuis un moment, ajoute M. Robitaille. C’est une très belle récompense. Je crois que la durée de vie de Dance Me va être assez longue. »

+

POUR Y ALLER

Quand ? 11 et 12 juillet, 20 h

Où ? Centre national des arts

Renseignements : nac-cna.ca