Avec ELA, Rhasody in Blue, le chorégraphe du Boston Ballet, Paulo Arrais (en mortaise), signe sa première création internationale sur la célèbre musique de George Gershwin.

Boston Ballet: Rhapsodie au féminin

Après une décennie d’absence à Ottawa, le prestigieux Boston Ballet revient au Centre National des Arts (CNA) pour une série de représentations de son programme triple. Parmi ces trois ballets, ELA, Rhapsody in Blue, la première création internationale du premier danseur de la compagnie, Paulo Arrais. Une œuvre qui célèbre la femme dans toute sa splendeur.

« Ela, ça veut dire elle en portugais. ELA, Rhapsody in Blue, c’est un hommage aux femmes de ma vie qui ont pris soin de moi et qui m’ont inspiré pour créer ce ballet », confie le chorégraphe du Boston Ballet, Paulo Arrais, rencontré cette semaine.

Un ballet qui est, à l’origine, une commande du directeur artistique du Boston Ballet, Mikko Nissinen. « Il m’a demandé de créer sur Rapsody in Blue de George Gershwin », se souvient-il. C’est une musique très théâtrale, où il y a beaucoup de variations, d’émotions, de pouvoir. Rhapsodie c’est aussi synonyme de quelque chose de grandiose », détaille Paulo Arrais.

Le ballet raconte l’histoire d’une femme qui déjoue les attentes et se dresse contre l’adversité. « Mais teinté par mon espoir d’un futur où la femme décide de ce qu’elle veut faire de son corps et qu’elle est l’égale de l’homme », confie-t-il.

Avec ELA, Rhasody in Blue, le chorégraphe du Boston Ballet, Paulo Arrais signe sa première création internationale sur la célèbre musique de George Gershwin.

Bousculer les codes

Pour célébrer la femme, les femmes, Paulo Arrais a choisi de bousculer les codes du ballet. Traditionnellement les danseuses dominent la scène et composent le corps de ballet, dans ELA, Rhapsody in Blue, ce sont 12 hommes qui le forment, auxquels s’ajoutent deux danseurs principaux et une seule danseuse. « Je me suis dit pourquoi ne pas créer un ballet de garçon et modifier un peu les rôles », explique-t-il.

Et cette vision, plutôt anticonformiste, de n’avoir qu’une danseuse parmi 14 danseurs, Paulo Arrais l’a accentuée avec les costumes du directeur artistique du Boston Ballet, Mikko Nissinen et le jeu de lumière du directeur des éclairages, Brandon Stirling Baker. Les hommes étant tous vêtus de noir et la soliste en blanc, elle est inévitablement mise en lumière.

« Brandon [Stirling Baker] a joué avec la lumière, la fumée, les couleurs, le chemin du corps du ballet. C’est un tout, pour permettre au public de vivre l’expérience émotionnelle de la femme », souligne Paulo Arrais.

Le Boston Ballet est réputé pour être une compagnie de danse classique, il allait donc de soi qu’on y trouve plus que des influences dans ELA, Rhapsody in Blue. Mais le jeune chorégraphe ne « voulait pas être trop traditionnel ».

« Surtout avec une musique aussi jazzy. J’ai donc ajouté des mouvements plus contemporains. Et aussi de petits détails comme le fait que la danseuse ne porte pas de chaussons de danse, mais des bas », souligne Paulo Arrais.

De petits détails qui permettent au public de moins se concentrer sur les prouesses techniques pour mieux ressentir les émotions.

Vecteur de message

Pour l’artiste, la danse est aussi une façon de véhiculer un message politique. « Je crois qu’on est à une époque de changement. Les minorités se battent pour un monde plus égal. Je me dois de faire un travail qui reflète notre époque », explique Paulo Arrais.

Le chorégraphe de 32 ans qui s’affiche ouvertement homosexuel a, un temps, songé créer en s’inspirant de la communauté LGBT.

« Je débute ma carrière de chorégraphe, alors commencer avec les femmes, ça me permet de voir jusqu’où je peux aller avec le public. Je veux encore apprendre pour un jour faire un ballet fort politiquement. »

Celui qui estime avoir encore beaucoup à apprendre aspire à faire changer les mentalités grâce à la danse. « Mon rêve comme chorégraphe, c’est d’aller dans le sud des États-Unis et de faire un ballet sur un homosexuel afro-américain. Mon but c’est de questionner les communautés, d’essayer de changer les gens avec l’art. Et je crois que la danse a le pouvoir de faire ça », lâche Paulo Arrais.

ELA, Rhapsody in Blue sera présenté en deuxième partie du programme triple proposé par le Boston Ballet et appuyé par l’Orchestre du CNA. Le programme sera composé de Fancy Free, une création de Jerome Robbins en 1944 et de Blake Works I, chorégraphié en 2016 par Willan Forsythe.

POUR Y ALLER

Quand : Du 7 au 9 novembre à 20 h

Où : Salle Southam au Centre National des Arts

Renseignements : nac-cna.ca