Le Cerveau vu de l’intérieur promène le visiteur dans plusieurs zones portant sur cet organe qui est loin d’avoir révélé tous ses secrets.

Dans les méandres du cerveau

Comment les neurones établissent-ils des connexions ? Que fait le cerveau lorsque les sens sont en action ? Quelles sont les réactions chimiques provoquées par les émotions ou encore les drogues ? En quoi les nouvelles technologies peuvent-elles aider à soigner le cerveau ? Ce sont autant de sujets abordés par Le Cerveau vu de l’intérieur au Musée canadien de la nature,

L’exposition qui se tient jusqu’au 3 septembre tente de démystifier cet organe fascinant et complexe qui guide chacune de nos actions au quotidien. Fruit de millions d’années d’évolution, le cerveau humain utilise des signaux moléculaires, chimiques et électriques pour traiter l’information, prendre des décisions ou encore apprendre.


«  On croit que l’on connait le cerveau, mais on en découvre chaque jour.  »
Caroline Lanthier, chargée principale de contenu au Musée canadien de l’histoire

Initiée par le Musée américain d’histoire naturelle, en collaboration avec la Chine, l’Espagne et l’Italie, l’exposition, qui se promène partout dans le monde depuis quelques années déjà, plonge les visiteurs au cœur des méandres de cet organe mystérieux.

Entre œuvres artistiques, imageries cérébrales et présentations interactives, l’exposition, qui s’étend sur plusieurs salles, débute alors que le visiteur pénètre sous une installation de neurones en action créée par l’artiste espagnol Daniel Canogar.

« C’est un parcours synoptique. C’est comme si l’on entrait dans notre cerveau. Bien que ce soit l’interprétation de l’artiste, on entend les milliards de connexions qui se font chaque minute à l’intérieur de celui-ci », explique Caroline Lanthier, chargée principale de contenu au Musée canadien de l’histoire.

Ce parcours est accompagné de faits connus et méconnus sur le cerveau. On peut également observer un cerveau humain et s’étonner d’apprendre qu’il ne pèse que 1,4 kg.

Exploration

Bien que le cerveau n’a pas encore révélé tous ses secrets, les études réalisées au cours des dernières décennies permettent tout de même de mieux comprendre cet organe du corps humain. « On croit que l’on connait le cerveau, mais on en découvre chaque jour, et il en reste encore beaucoup à découvrir. Mais on en apprend beaucoup ici », lance Caroline Lanthier. L’exposition tente en effet de vulgariser les connaissances sur le sujet en promenant le visiteur dans plusieurs zones thématiques sur le cerveau.

« Il y a la zone : “le cerveau sensible” où on explore les cinq sens et les régions du cerveau qui sont sollicitées ; “le cerveau émotionnel” qui permet de comprendre comment le cerveau réagit face à différentes émotions. On étudie aussi “l’évolution du cerveau” », détaille Mme Lanthier. Pour cette dernière zone, une comparaison entre le cerveau humain et celui d’autres animaux permet de suivre l’évolution du cerveau humain.

« On entre ensuite dans la section “Le cerveau pensant”. On y découvre la façon dont le cerveau traite la mémoire à court terme, à long terme, le langage et la prise de décision », explique-t-elle.

La visite se poursuit avec « le cerveau en perpétuel changement ». « On pense souvent que le cerveau arrête de changer après 25 ans. Mais ce n’est pas vrai, le cerveau continue de se développer », précise Mme Lanthier.

Dans cet espace, une autre pièce de l’artiste Daniel Canogar permet de visualiser le développement rapide du cerveau humain in utero. Une section aborde également les différentes maladies pouvant affecter le cerveau, dont l’Alzheimer. Deux cerveaux – un sain et un autre atteint par l’Alzheimer – permettent de constater les conséquences de la maladie.

Enfin, Mme Lanthier explique que dans cette dernière partie on peut également apprendre comment « les nouvelles technologies peuvent pallier les manques du cerveau et comment on peut l’amener un peu plus loin ».

La santé du cerveau

Plusieurs tables interactives et ludiques sont installées pour permettre au visiteur de tester, entre autres, ses capacités à reproduire le parcours d’un chauffeur de taxi à Londres, à dessiner une étoile ou un triangle en regardant dans un miroir, à résoudre un jeu de logique ou encore à parler une différente langue.

Au sous-sol, une section spéciale sur la santé et le bien-être du cerveau a été développée en collaboration avec l’Institut ontarien du cerveau. L’occasion de comprendre en quoi le stress, le sommeil, l’alimentation et l’exercice ont un impact sur le cerveau. « Nous espérons que les gens seront plus attentifs à la santé et au bien-être de leur cerveau et qu’ils adopteront, des pratiques bénéfiques basées sur des faits », a fait savoir Tom Mikkelsen, président directeur scientifique de l’Institut ontarien du cerveau.

Plusieurs conférences gratuites intitulées « Parlons cerveau », qui se tiendront cet été, et une fin de semaine d’activité viendront compléter cette partie de l’exposition.

Une exposition qui devrait permettre aux plus jeunes, mais aussi aux plus grands de se creuser les méninges.

POUR Y ALLER

Quand ? Jusqu’au 3 septembre

Où ? Musée canadien de la nature (240, rue McLeod, Ottawa)

Renseignements : nature.ca ; 613-566-4700