Daniel Léveillé a formé des générations de danseurs et encouragé l’émergence de certains talents

Daniel Léveillé, l’éveil au duo

Le plus récent spectacle de Daniel Léveillé s’intitule Solitudes duo, créé en 2015 et présenté au Centre national des arts du 15 au 17 février. Le chorégraphe ne fait pas mentir le titre. Il place bout à bout une série de séquences brèves où six interprètes explorent le duo, une forme fondamentale en danse.

« Le solo ne permet aucun échappatoire, le créateur doit aller au cœur de ce qu’il veut dire et le danseur s’adresse directement au public », analyse le chorégraphe au sujet de son précédent spectacle, Solitudes solo. Cette première exploration a été récompensée par un Prix du CALQ pour la meilleure œuvre chorégraphique 2012-13. Un encouragement à poursuivre la formule, en version duo cette fois. 

« Si l’on met deux individus ensemble, automatiquement une relation se crée. Le couple est avant tout là l’un pour l’autre ce qui change la création de l’intérieur. »

Le chorégraphe revendique une approche formelle où l’écriture du mouvement accompagne le travail en studio. « Le gestuelle est simple mais cette simplicité reste difficile à exécuter, » affirme cet adepte de Peter Brook. M. Léveillé a récemment reçu le Grand Prix de la danse de Montréal 2017 grâce auquel le jury a souligné son apport majeur en danse contemporaine, son rayonnement sur la scène internationale autant que son sens de la pédagogie. 

« Daniel Léveillé possède une signature unique et sa production se démarque par son intégrité », ont indiqué les jurés. 

Le chorégraphe québécois a formé des générations de danseurs et encouragé l’émergence de certains talents, comme chez le jeune interprète Simon Renaud, dont nous avions fait le portrait parmi une sélection d’artistes émergents de la région, à suivre en 2015.  

« Il s’est démarqué en auditions aux côtés de 25 autres candidats, précise M. Léveillé. C’est un danseur fantastique, il développe une présence simple et honnête ». Le benjamin de la distribution n’a jamais caché qu’il était parfois victime de crises d’épilepsie. « Ça n’a jamais été une raison suffisante pour ne pas l’embaucher », soutient le chorégraphe lui ayant confié un rôle prépondérant dans son répertoire. Simon Renaud a repris quatre de ses chorégraphies et travaille actuellement à la création de la toute dernière dont le dévoilement est prévu dans les prochains mois. 

Solitudes duo en gammes variées

Pour servir cette farandole de saveurs épurées, Daniel Léveillé mise aussi sur l’apport musical et son empreinte dans l’inconscient collectif pour transformer le plateau. Il s’amuse à vriller les corps sur une bande sonore qui conjugue les clavecins et violons baroques à la pop-rock des années 1970. 

« La musique s’impose toujours parallèlement à la création, précise-t-il. Ces 20 dernières années, j’ai beaucoup utilisé de musique classique et réalisé l’importance de nos classiques contemporains, comme Pink Floyd que je convoquais dans le spectacle Utopie ou les Doors. »  

Ici, la durée de chaque séquence navigue autour d’une dizaine de minutes. Mieux vaut court et fort que long et répétitif. Un principe de base pour celui qui craint d’ennuyer le spectateur. 

« J’ai beaucoup dessiné dans ma vie. Chorégraphier me fait penser à une grande feuille blanche à remplir. Tout ce que j’avais à dire, j’ai pu le faire dans cette durée-là. »


POUR Y ALLER

Quand ? Du 15 au 17 février, 20 h

Où ? Centre national des arts

Renseignements : Billetterie du CNA, 613-947-7000