Dimanche soir, au gala de l’ADISQ, Pierre Lapointe a exigé des redevances plus élevées : «On se fait voler depuis beaucoup trop d’années par des multinationales qui viennent faire de l’argent ici au Canada et qui sont comme par magie exemptes d’impôt.»

Cri du cœur à l’ADISQ: l’Assemblée nationale écoute Pierre Lapointe

L’Assemblée nationale a répondu mardi au cri du coeur lancé par Pierre Lapointe au gala de l’ADISQ.

Dans un vote unanime, elle a demandé au gouvernement caquiste de forcer les plateformes de distribution numérique de musique à hausser les redevances aux artistes québécois.

Le ministre des Finances, Éric Girard, a toutefois plaidé qu’en fonction des règles internationales, le Québec ne peut agir unilatéralement et serait sujet à des représailles.

Rappelons que dimanche soir, à la grande remise de prix de l’industrie québécoise de la musique, Pierre Lapointe a exigé des redevances plus élevées : «On se fait voler depuis beaucoup trop d’années par des multinationales qui viennent faire de l’argent ici au Canada et qui sont comme par magie exemptes d’impôt.»

La motion déposée par le Parti québécois a reçu l’appui de tous les partis. Le premier ministre François Legault était toutefois absent de la Chambre au moment du vote.

«Les multimillionnaires de la Californie»

Juste avant à la période de questions, autant le Parti libéral (PLQ) que Québec solidaire (QS) ont exigé du gouvernement qu’il réclame des impôts et des taxes à ces plateformes.

«On a un gouvernement devant nous qui refuse de faire payer les millionnaires de la Californie», a dénoncé la députée libérale Isabelle Melançon, en rappelant que trois ministres du gouvernement, Nathalie Roy, Jean-François Roberge et Simon Jolin-Barrette, avaient pourtant applaudi dans la salle le plaidoyer de Pierre Lapointe.

La députée Catherine Dorion, de QS, a déploré que le gouvernement caquiste s’en remette aux décisions du fédéral avant de prendre position.

Elle a réclamé qu’on impose aux plateformes des quotas de contenu québécois, qu’on impose le chiffre d’affaires québécois des géants du Web, ainsi qu’une redevance aux fournisseurs d’accès internet.

En l’absence d’engagement du gouvernement Legault, Mme Dorion a affirmé que le «nationalisme [des caquistes] s’arrête là où commencent les intérêts des multinationales».