Le joueur d'harmonica Frédéric Yonnet et son groupe donnent des concerts en respectant les règles de distanciation sociale grâce à des bâches de plastique transparentes. On voit à l'arrière-plan le guitariste Robbie McDonald et le bassiste Dennis Turner, réunis pour une prestation  en <em>streaming </em>et en direct donnée depuis Washington.
Le joueur d'harmonica Frédéric Yonnet et son groupe donnent des concerts en respectant les règles de distanciation sociale grâce à des bâches de plastique transparentes. On voit à l'arrière-plan le guitariste Robbie McDonald et le bassiste Dennis Turner, réunis pour une prestation  en <em>streaming </em>et en direct donnée depuis Washington.

COVID-19: un harmoniciste égaie la ville confinée de Washington

WASHINGTON — Virtuose de l’harmonica, Français installé depuis longtemps aux États-Unis, Frédéric Yonnet se préparait à partir en tournée quand le nouveau coronavirus en a décidé autrement. Du coup, il s’est réinventé en artiste nettement plus numérique et davantage... local.

Chaque dimanche, dans une maison en rénovation totalement relookée, entouré de grandes feuilles de plastique censées améliorer la distanciation sociale, ce métis natif de Normandie joue avec sa formation de quatre membres pour les riverains du voisinage.

Les badauds sont curieux de cette animation inédite dans le quartier pittoresque de Capitol Hill, à deux pas du Congrès, le coeur politique du pays.

«Quand le confinement a été décrété, je me suis senti comme un hamster tournant dans sa roue», confie à l’AFP l’harmoniciste de 47 ans.

Lui qui a animé des campagnes de Barack Obama est visiblement dans son élément dans la capitale fédérale américaine, une ville où la mixité sociale reste encore en grande partie à achever et où le tribut du coronavirus pèse bien plus lourdement sur la population noire que blanche.

En plus de deux décennies en Amérique, Frédéric Yonnet s’y est fait un nom: il a joué au côté de légendes comme Prince, Stevie Wonder, et c’est son harmonica que l’on entend sur la bande son du dernier opus de Martin Scorsese, «The Irishman».

«Au début, on pensait jouer juste pour nous, ce qui était très égoïste», dit-il.

Prudent, il a commencé par déposer des messages polis dans les boîtes aux lettres de ses voisins, au cas où le bruit les aurait importunés. Mais il a été tellement surpris par l’enthousiasme suscité, qu’il a même décidé de diffuser ses concerts en ligne, en streaming, sur ses comptes Instagram et Facebook.