L’artiste de Thurso, Nathalie Lauzon, a profité de la pandémie pour explorer une autre facette de son expression artistique en réalisant un livre d’inspiration à colorier.
L’artiste de Thurso, Nathalie Lauzon, a profité de la pandémie pour explorer une autre facette de son expression artistique en réalisant un livre d’inspiration à colorier.

Colorier pour aider les femmes victimes de violence [VIDÉO]

S’attabler devant un mandala et le colorier sans dépasser les lignes, voilà un passe-temps qui n’a pas d’âge. Et pendant la pandémie, la popularité des livres à colorier a carrément explosé.

De là est venue l’idée à une artiste de Thurso de lancer un album d’inspiration à colorier tout en permettant à une organisation communautaire d’en récolter les profits.

Quand la nature nous parle — qui est en vente en ligne depuis mardi — est une réalisation de Nathalie Lauzon qui en a fait les textes et les illustrations. Avec un total de 21 illustrations déclinées sur 48 pages, ce livre fait partie de la collection Libérez vos couleurs et la totalité des profits récoltés par sa vente ira aux services jeunesse des maisons d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.

Le projet s’est amarré sur une idée toute simple, celle de permettre à la fillette de 4 ans de l’artiste de s’amuser en temps de confinement.

« Au début de la crise, on cherchait tous des façons d’animer les journées de nos enfants en leur offrant des activités amusantes à faire, de confier Mme Lauzon. Une amie m’a donc donné des grands cartons récupérés à l’usine de Thurso pour que ma fille puisse dessiner. Mais, c’est plutôt moi qui ai commencé à faire des grands dessins avec des crayons noirs pour ensuite demander à ma fille de mettre de la couleur. Au fil des jours, j’ai fait 21 panneaux et devant l’enthousiasme de mon entourage face à mes dessins, l’idée m’est venue d’en faire un livre et d’ajouter des textes aux images à colorier. »

Le concept s’est alors développé. L’artiste qui est aussi auteure a jumelé chaque dessin avec un texte et un mot clé. Par exemple, le dessin de l’arc-en-ciel est accompagné d’un texte sur l’espoir.

« Pour la réalisation du projet, je voulais éviter les éditeurs. Alors, j’ai réuni quelques collaborateurs dont la graphiste Carolle Bergeron, la réviseure Deborah Poudenx Lafont et l’imprimeur D2K marketing communications qui, grâce à leur générosité, permettent ainsi à la Maison Pour Elles Des Deux Vallées de lancer une campagne de financement, raconte Mme Lauzon. Pour le moment, on a imprimé 2000 exemplaires. On espère une réimpression et je compte bien me mettre au travail pour un tome 2. »

Le livre à colorier de Nathalie Lauzon permettra à des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale d’obtenir un financement pour leurs services jeunesse.

Campagne de financement

Pour Annick Brazeau, directrice générale de la Maison d’Hébergement Pour Elles Des Deux Vallées, ce projet est une bouffée d’air frais pour l’organisme puisqu’en raison de la pandémie, toutes leurs activités de financement ont été mises sur pause.

« On va utiliser les fonds recueillis par la vente du livre pour bonifier le financement des services jeunesse offerts chez nous, confie la directrice. On a bien sûr un financement pour ce service, mais on va pouvoir en faire plus avec ces fonds supplémentaires. »

Le livre à colorier est déjà en vente sur le site web de l’organisme (http://maisondeuxvallees.com/campagne-de-financement-2020/) et bientôt, on pourra se le procurer dans différents points de vente.

Il est possible d’obtenir un exemplaire pour 12 $ ou deux pour 20 $. On offre aussi des forfaits d’achat qui permettent de faire don d’un livre à la maison d’hébergement. Ces livres seront directement remis aux enfants qui sont hébergés.

L’artiste de Thurso, Nathalie Lauzon, a profité de la pandémie pour explorer une autre facette de son expression artistique en réalisant un livre d’inspiration à colorier. Ce livre permettra du coup à des maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale d’obtenir un financement pour leurs services jeunesse.

« Cette campagne a plusieurs objectifs, d’ajouter Mme Brazeau. Bien sûr, il y a le financement que l’on obtiendra avec la vente du livre, mais il y a aussi un effort de sensibilisation pour nos services jeunesse et aussi à l’importance des maisons d’hébergement dans nos communautés. En Outaouais, il manque cruellement de places et en période de pandémie, cette lacune est augmentée en raison des mesures de distanciation. »

Selon la directrice générale, 60 enfants par année sont, en moyenne, hébergés à la Maison Pour Elles Des Deux Vallée. Pour l’ensemble de la région, sept maisons sont disponibles pour un total de 69 places. Par contre, on estime qu’il manque une trentaine de lits. Toujours selon les statistiques offertes par Mme Brazeau, les maisons de la région refusent annuellement environ 2000 demandes d’hébergement.

Initiée dans la Petite-Nation, cette campagne prendra rapidement une ampleur régionale alors que les autres maisons d’hébergement emboîteront le pas. « Et on compte bien exporter le projet à l’ensemble du Québec, de conclure Mme Brazeau.