Après «2001, l’Odyssée de l’espace», Colin Cantwell s’est joint à l’équipe de George Lucas pour «La guerre des étoiles». C’est d’ailleurs à lui qu’on doit le mythique X-Wing.

Colin Cantwell: un artiste dans les étoiles

Il est le créateur des vaisseaux de «La guerre des étoiles». Il a donné une idée de génie à un certain Stanley Kubrick pour l’ouverture musicale de son chef-d’œuvre «2001, l’Odyssée de l’espace». À la retransmission télévisée de la mission lunaire Apollo 11, il était aux premières loges pour informer le chef d’antenne Walter Cronkite.

À sa façon, le plus souvent dans l’ombre, Colin Cantwell, a marqué l’histoire du cinéma de science-fiction et de l’exploration spatiale américaine. L’homme de 86 ans est de passage dans la capitale cette fin de semaine pour une conférence qu’il prononcera dimanche après-midi, au Musée national des beaux-arts, dans le cadre du Festival de cinéma de la Ville de Québec.

Rencontré vendredi dans un hôtel de la Grande Allée, l’artiste installé au Colorado arbore avec fierté un t-shirt de Star Wars où apparaissent les mythiques vaisseaux qui ont fasciné des générations de cinéphiles. Chapeau confédéré sur la tête et longue crinière blanche, le personnage explique avoir été animé dès son plus jeune âge d’une véritable boulimie pour la lecture.

«À l’école, à la fin de ma première année, j’avais lu tous les livres du primaire. Même si j’étais âgé de seulement six ans, j’avais une passion d’en savoir toujours davantage.»

Dans le temps de le dire, quelques années plus tard, il avait lu quasiment lu tous les bouquins des deux librairies de son patelin. Avec une préférence marquée pour les manuels de sciences et de technologies.

Gradué en animation cinématographique de l’université UCLA, Colin Cantwell fait la rencontre, au milieu des années 60, du réalisateur Stanley Kubrick qui travaille alors sur 2001, l’Odyssée de l’espace. L’artiste est appelé à collaborer à la reconstitution des scènes dans le cosmos. Achevé au deux-tiers, le tournage du film achoppe toutefois sur la séquence d’ouverture.

La solution dans le sandwich

«Stanley était très préoccupé par la trame musicale», raconte Cantwell, s’appuyant à l’occasion sur sa conjointe, présente à l’entrevue, pour clarifier certains souvenirs. «Il venait de congédier un quatrième compositeur. Une nuit, alors que je mangeais un sandwich à la dinde en sa compagnie, je lui ai suggéré de faire une ouverture d’une minute avec un lever de soleil vu de l’espace avec un extrait d’Ainsi parlait Zarathustra, de Richard Strauss.»

The rest is history, comme on dit si bien...

«Stanley ne le savait pas encore, ajoute-t-il, mais il allait être coincé au milieu de toutes les techniques que j’allais prendre l’habitude d’utiliser, plus tard, sur mes autres tournages.»

L’expertise spatiale de Cantwell l’a amené à être aux côtés de Walter Cronkite, en studio, lors du premier pas de Neil Armstrong sur la Lune, en juillet 1969. Un peu comme l’ordinateur Hal 9000 dans 2001, il fournissait au chef d’antenne des informations de première main sur la célèbre mission.

«J’avais dressé un portrait complet de toutes les phases de la mission. Je pouvais entendre les conversations des astronautes. Je pouvais ainsi informer Cronkite sur les plus récents développements qu’il transmettait en direct aux téléspectateurs.»

Son expertise, et aussi une certaine audace, lui ont permis de prévenir le journaliste d’un changement de dernière minute au plan de match de la NASA quant au meilleur endroit pour procéder à l’alunissage du vaisseau Eagle.

Au milieu des années 70, Cantwell vivra un autre moment fort en se joignant à l’équipe de George Lucas sur le tournage d’un audacieux long-métrage auquel aucun studio ne croyait, mais qui allait marquer le septième art, La guerre des étoiles. C’est à lui que le réalisateur confiera la tâche de fabriquer les vaisseaux X-Wing, Death Star et autres Millennium Falcon

The rest is history, prise deux...

Cantwell avoue avoir deviné tout de suite l’impact que le film allait connaître dans le public. «J’étais persuadé que ça allait être un grand succès. La façon de raconter l’histoire était capable de faire vivre de grandes émotions.»

Au fil des ans, l’artiste s’est fait un devoir de garder un œil sur la célèbre saga intergalactique. «J’ai vu tous les épisodes et j’en ai toujours retiré beaucoup de plaisir. Les différents réalisateurs ont réussi à apporter de la maturité au récit. On sent toute leur passion.»