Cinéma

Avant Cannes, Star Wars et Han Solo sont à Hollywood

LOS ANGELES — Avant d’atterrir à Cannes mardi, le Faucon Millenium a débarqué en grandeur nature à Hollywood, jeudi soir, pour l’avant-première du nouveau spin-off de la saga «Star Wars», consacrée à Han Solo.

Une ribambelle de vedettes de ce nouveau film dérivé sur la galaxie lointaine a foulé le tapis rouge: Alden Ehrenreich, qui interprète Han Solo, Woody Harrelson (Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme), Emilia Clarke — Daenerys Targaryen dans le Trône de fer — ou encore Donald Glover qui joue Lando Calrissian.

«Tout à propos de ce film vous prépare à ce que vous savez déjà», ironise Emilia Clarke qui a le rôle de Qi’ra, l’amie d’enfance d’Han Solo. «Et je pense que la façon dont nous y arrivons est satisfaisante», pronostique «la mère des dragons».

Car il aura fallu plus de 40 ans pour, enfin, voir la première rencontre entre les deux contrebandiers, le jeune Han Solo et Lando Calrissian.

L’intrigue de Solo: une histoire de Star Wars se situe avant l’épisode IV de la saga, sorti en premier en 1977. Ce deuxième spin-off — après Rogue One sorti en 2016 — revient sur la jeunesse du pilote franc-tireur Han Solo allié à l’Alliance rebelle.

Si les fans de la saga savent déjà que Calrissian a perdu son Faucon Millénium dans un jeu de cartes avec Han, ils ont découvert un extrait de ce moment-clé le mois dernier, diffusé par les studios Disney.

C’est Qi’ra (Emilia Clarke) qui incite Han Solo à affronter Lando Calrissian aux cartes. Les deux hommes vont jouer leurs vaisseaux spatiaux.


Cinéma

Villeneuve sur la Croisette pour défendre des films

CANNES — «Je ne suis pas ici pour juger, mais défendre des films.» La phrase définit bien l’amour profond de Denis Villeneuve pour le cinéma. Mais aussi son humilité naturelle — alors qu’il aurait toutes les raisons d’avoir la grosse tête après son succès à Hollywood et sa présence ici sur le jury. Il s’attaque d’ailleurs à son rôle de juge au Festival de Cannes avec autant de sérieux qu’à la réalisation de son œuvre.

Au troisième étage du Palais des festivals, le cinéaste de 50 ans, veston gris en accord avec la chevelure et la barbe courte, chemise bleu pâle, regard franc et intelligent, profite d’un court moment libre dans son calendrier débordant pour discuter avec la poignée de journalistes québécois présents sur la Croisette. Nous sommes sur une terrasse avec une splendide vue sur la marina et le Suquet. Il ne s’y attarde pas.

Denis Villeneuve est concentré : il marche sur des œufs. Paradoxalement, on ne l’a jamais vu aussi détendu — il n’a pas de film à défendre —, mais il doit obéir à de strictes règles de confidentialité sur les œuvres en compétition. On lui a même suggéré d’éviter de blaguer, de peur qu’une rumeur se répande comme une traînée de poudre.

Le conseil fait partie des recommandations de Thierry Frémaux et de Pierre Lescure, respectivement délégué général et président du Festival. Le duo avait convié les neuf jurés lundi soir à un souper bien arrosé pour qu’ils puissent faire connaissance. Chacun a une «personnalité forte» — le jury est aussi éclectique qu’impressionnant —, mais «j’ai été touché par le fait que tout le monde est ouvert d’esprit. La complicité s’est établie très rapidement».

Curieux hasard, Xavier Dolan faisait partie du jury lorsque le puissant Sicario était en compétition en 2015. Réciproquement, les astres étaient bien alignés pour que le prochain long métrage du talentueux créateur soit de la compétition. Villeneuve aurait été ravi : «Dans ma tête, c’était clair.» Mais The Death and Life of John F. Donovan est encore en montage. Et les sélections de Denys Arcand et Sébastien Pilote ne se sont pas concrétisées. «Ça m’a déçu. Ce sont trois cinéastes que j’admire. J’aurais pris soin d’eux.»

Malgré cette petite pointe de chauvinisme, «je n’ai aucun a priori à propos des films» en compétition. Tellement, en fait, qu’il n’a même pas voulu voir les bandes-annonces. Et pas question de se laisser influencer : Villeneuve ne lira aucune critique durant son séjour.

Pour l’instant, il savoure chaque moment. Une fois les prix attribués, Denis Villeneuve entrera en préproduction de son adaptation de Dune, en deux films (le succès du premier déterminera le sort du second).

Peu importe ce qu’il advient de ce projet fou, «je n’ai pas eu du fun de même à écrire depuis Incendies (2010)». 

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Palme d’or par ci, Palme d’or par là, on occulte presque le fait que la sélection officielle comprend la compétition (21 films) et Un certain regard (18 films), qui n’a rien d’une sous-section avec son jury et ses prix. Oui, c’est un peu l’antichambre du nec plus ultra pour un réalisateur, mais plusieurs en sont fort heureux — moins de pression et (presque) autant de prestige.

Barbara de Mathieu Amalric, en ouverture de l’an passé, était magnifique. Le choc esthétique est différent avec Donbass, mais il n’en est pas moins frappant. 

Cinéma

Cannes: valeurs sûres en ouverture

CANNES — Il y a un symbole fort à faire déclarer ouverte la 71e édition du Festival de Cannes par Martin Scorsese et Cate Blanchett — en français, svp! C’est un rêve mouillé de cinéphile. Sauf que pour l’audace... Surtout qu’on nous avait promis une sélection plus aventureuse avec cette nouvelle décennie. Les têtes pensantes de l’événement ont opté pour des valeurs sûres, jusque dans le choix du convenu «Todos lo sabon» («Everbody Knows») d’Asghar Farhadi pour lancer les festivités.

Ça s’explique. Le très doué réalisateur d’Une séparation (2011) a eu beaucoup de succès sur la Croisette avec Le passé (2013) et Le client (un mérité prix de la mise en scène en 2016). Et son nouvel essai pouvait compter sur Penélope Cruz, découverte à Cannes grâce à Tout sur ma mère (Almodóvar, 1999), et Javier Bardem (prix d’interprétation pour Biutiful d’Iñárritu en 2010).

Une combinaison gagnante, peut-on penser (et un couple hyperséduction pour la montée des marches...). Pas vraiment. Le duo surjoue presque tout au long. Ce qui est d’autant plus surprenant de la part d’un directeur d’acteurs aussi doué que l’Iranien. Tourner en espagnol n’était pas l’idée du siècle finalement. Ni jouer sur les terres mélodramatiques d’Aldomovar. 

L’action d’Everybody Knows se déroule dans le Rioja, où Laura (Cruz) rentre dans son village pour le mariage de sa sœur. Elle y retrouve au passage Paco (Bardem), son ancienne flamme. L’enlèvement de sa fille va faire ressurgir les démons du passé, faire craquer le vernis de l’entourage familial et exposer les rancœurs qui mijotent depuis plusieurs années.

Cinéma

Mort du maître du cinéma italien Ermanno Olmi

ROME — Le cinéaste italien Ermanno Olmi, Palme d’or au festival de Cannes en 1978 avec «L’arbre aux sabots», est mort à l’âge de 86 ans.

Malade depuis de longues années, le cinéaste autodidacte, pionnier dans le genre documentaire, s’est éteint dimanche à l’hôpital d’Asiago, dans le nord de l’Italie, où il avait été admis vendredi en raison de l’aggravation de son état.

«La disparition de Ermanno Olmi prive la culture italienne d’un géant, un très grand maître du cinéma italien», a réagi le ministre de la Culture, Dario Franceschini.

«Intellectuel profond qui a sondé et exploré les mystères de l’homme et raconté, avec la poésie qui caractérise ses œuvres, le rapport entre l’homme et la nature, la dignité du travail, la spiritualité», a-t-il ajouté.

Palme d’or à Cannes

Né à Bergame le 24 juillet 1931, il a réalisé une quarantaine de courts métrages et une vingtaine de longs métrages, le plus célèbre étant L’arbre aux sabots, une description quasi documentaire de la vie de quatre familles de paysans pauvres à la fin du XIXe siècle.

Le film, considéré comme une œuvre majeure du cinéma italien, avait reçu la Palme d’or à Cannes en 1978 ainsi que le César du meilleur film étranger en France l’année suivante.

Créateur d’un style très personnel, Ermanno Olmi a expérimenté de nombreuses formes cinématographiques, portant les dialectes italiens à l’écran ou encore le genre religieux dans Camminacammina (À la poursuite de l’étoile, 1982), où il revisite l’histoire des rois mages avec des acteurs non professionnels. 

Ermanno Olmi avait aussi obtenu le Lion d’Argent à la Mostra de Venise en 1987, avec Lunga vita alla signora et le Lion d’or en 1988, pour La leggenda del santo bevitore (La légende du saint buveur), tiré d’une nouvelle de Joseph Roth.

Vingt ans plus tard, le festival vénitien lui avait décerné un second Lion d’or, récompensant cette fois l’ensemble de sa carrière.