Cinéma

Kidman et Theron dans un film sur Fox News

NEW YORK — Les actrices Nicole Kidman et Charlize Theron seront à l’affiche d’un long métrage sur les coulisses de la chaîne américaine d’information Fox News, marquée ces dernières années par plusieurs scandales de harcèlement sexuel.

La comédienne Margot Robbie, compatriote de l’Australienne Nicole Kidman, est également en négociations pour rejoindre la distribution de ce film produit par le studio indépendant Annapurna Pictures, a indiqué à l’AFP une porte-parole de la maison de production, confirmant des informations du site spécialisé The Hollywood Reporter.

Nicole Kidman interprétera la journaliste Gretchen Carlson, qui a été à l’origine des premières accusations publiques de harcèlement sexuel visant Roger Ailes, fondateur et PDG de Fox News, en juillet 2016.

Le sort de Roger Ailes a basculé quelques semaines plus tard lorsque Megyn Kelly, l’une des vedettes de la chaîne qui sera, elle, jouée par Charlize Theron, a affirmé avoir reçu des avances du PDG dix ans plus tôt.

Débarqué, le dirigeant a été suivi, quelques mois plus tard, par le présentateur vedette de Fox News, Bill O’Reilly, également accusé de harcèlement par plusieurs femmes.

En octobre 2017, Megyn Kelly avait accusé Fox News d’avoir longtemps protégé Bill O’Reilly, malgré les allégations dont il était l’objet.

Selon une enquête du New York Times, la chaîne aurait versé plusieurs millions de dollars à des victimes présumées du présentateur pour acheter leur silence.

Plusieurs procédures civiles intentées par d’anciennes collaboratrices de Fox News et du groupe Fox ont dépeint plusieurs exemples d’avances, de violences verbale et physique, ou d’employées et de journalistes traitées de «putes» ou de «salopes».

Plusieurs anciennes de la chaîne, salariées ou intervenantes régulières à l’antenne, ont également accusé Fox News de les avoir écartées après leurs témoignages.

L’affaire avait précédé de quelques mois le scandale Weinstein, qui a depuis emporté avec lui de nombreux responsables et journalistes au sein d’autres chaînes et rédactions.

Le film sera réalisé par Jay Roach (Trumbo), sur la base d’un script de Charles Randolph, coscénariste de Le casse du siècle, qui lui a valu un Oscar.

Cinéma

«Mission Impossible» s’arroge la tête du box-office nord-américain

LOS ANGELES — Le sixième opus des aventures de Ethan Hunt, toujours incarné par Tom Cruise dans «Mission Impossible: Fallout», s’est emparé de la première place au box-office nord-américain pour son premier week-end d’exploitation, selon les données provisoires de la société Exhibitor Relations.

Le film, réalisé comme le précédent volet par Christopher McQuarrie et tourné en grande partie en France, a engrangé 61,5 millions de dollars aux États-Unis et au Canada entre vendredi et dimanche.

Dans ce nouveau volet, Ethan Hunt et son équipe de l’IMF (Impossible Mission Force), spécialistes de l’espionnage en conditions extrêmes, sont lancés dans une course-poursuite pour récupérer du plutonium volé par une organisation terroriste internationale.

«C’est le meilleur début de toute la saga», a relevé Paul Dergarabedian, expert de la société ComScore, dans un communiqué.

La comédie musicale en hommage au groupe suédois Abba, Mamma Mia! Here We Go Again, est parvenue à conserver sa deuxième place avec 15 millions de dollars de recettes. Depuis sa sortie il y a deux semaines, elle a cumulé 70,4 millions de dollars. Selon M. Dergarabedian, le film a généré 167,3 millions au niveau mondial.

C’est le justicier Equalizer 2, joué par Denzel Washington, qui a pâti de l’arrivée de Mission Impossible puisqu’il a reculé de deux rangs pour tomber à la troisième place avec 14 millions de dollars. En deux semaines, il a rapporté 64,2 millions.

La quatrième position revient à Hôtel Transylvanie 3: Des Vacances Monstrueuses, qui emmène la famille du comte Dracula en croisière pour les vacances estivales. Le film a gagné 12,3 millions en trois jours et 119,2 millions en trois semaines.

Une sortie se place au cinquième rang: le film d’animation Teen Titans go! to the movies avec 10,5 millions de dollars. Adapté d’une série télévisée pour enfants, il comprend les voix de Nicolas Cage, Kristen Bell, Will Arnett, Tara Strong, James Corden, Jimmy Kimmel.

Voici le reste du top 10:

6 - Ant-Man et la Guêpe: 8,4 millions (183,1 millions en quatre semaines)

7 - Les Indestructibles 2: 7,1 millions (572,8 millions en sept semaines)

8 - Jurassic World: Fallen Kingdom: 6,8 millions (397,5 millions en six semaines)

9 - Skyscraper: 5,4 millions (59,1 millions en trois semaines)

10 - American Nightmare 4: Les Origines»: 2,2 millions (65,5 millions en quatre semaines)

Cinéma

Le film de la semaine: 1991 ***

CRITIQUE / Pourquoi changer une recette quand elle est au point? Il est toujours possible de l’améliorer un peu en y ajoutant un ingrédient exotique. Ce que s’est évertué à faire Ricardo Trogi en tournant la suite de ses aventures autobiographiques en Italie, tout en conservant ce qui a fait le succès de «1981» et «1987» : humour bon enfant, personnages craquants, narration de Trogi et sens du détachement. Avec 1991, le réalisateur québécois signe une comédie divertissante qui ne montre aucun signe d’essoufflement.

Le cinéaste originaire de Québec évite de tomber dans la facilité, la routine ou même dans l’excès pour ce troisième film qui le met en scène, cette fois à 21 ans. Dans des péripéties qui jouent très fort sur le sentiment d’identification, celles du premier voyage à l’étranger sans ses parents (ou un encadrement).

Voyage initiatique, donc, où l’entrée dans l’âge adulte s’accompagne autant du vertigineux sentiment de liberté que de la perte de certaines illusions qui viennent avec le poids des responsabilités (surtout dans les relations avec les autres comme Ricardo va l’apprendre).

Notre naïf héros n’est pas seul : l’étudiant en cinéma part rejoindre «la femme de sa vie», Marie-Ève Bernard (Juliette Gosselin). Évidemment, ça ne se passe pas comme prévu. 

Dès l’arrivée en Europe lorsque Ricardo perd son passeport, son argent, sa confirmation d’inscription à l’université d’été… Un bon moteur burlesque, dont se sert habilement Trogi, qui n’a pas peur de se représenter comme une bonne pâte gaffeuse sur les bords — pour le plus grand bonheur du spectateur.

Tournant à l’étranger un film d’époque, donc avec beaucoup de contraintes, Trogi a dû adopter une réalisation moins débridée et audacieuse qu’à l’habitude. 

Mais le réalisateur a le sens du flash — comme ces courtes vignettes noir et blanc dans le style néoréaliste italien qui représentent le fantasme amoureux de Ricardo. Ou bien les séquences de Marie-Ève qui fait du lipsynch sur des chansons d’époque (Move This de Techtotronic ou 99 Luftballons de Nena). Comme d’habitude, le cinéaste a apporté un soin particulier à la trame sonore qui contient aussi Like a Rolling Stone de Dylan, un choix judicieux dans le contexte.

Jean-Carl Boucher, qui devient l’alter ego du réalisateur pour une troisième fois, adopte un jeu minimaliste qui sied bien à son rôle. Ce sont les situations et les dialogues qui sont drôles, nul besoin de trop en faire. Juliette Gosselin éprouve parfois des difficultés dans ce registre, mais dans l’ensemble, son naturel répond parfaitement à celui de son partenaire.

Autant Claudette, la mère de Ricardo, marquait les deux premiers chapitres grâce à l’interprétation suave de Sandrine Brisson, cette fois, c’est Alexandre Nachi qui se distingue par son magnétisme. L’acteur interprète un jeune bohème séducteur que Ricardo rencontre à quelques reprises par hasard. Il rêve, plus ou moins sérieusement, de «changer le monde». Mais Arturo a ses failles…

Il y a une légèreté de ton assumé dans la série des «autofictions» du réalisateur. Son précédent poussait quand même une coche plus loin la réflexion. Pas cette fois. Dommage. Nul doute que 1991 va remporter un grand succès. Mais Ricardo Trogi aurait le talent et l’intelligence pour élever son propos une coche au-dessus.

La prochaine fois?

Cinéma

Des archives d'Angélopoulos détruites par le feu

ATHÈNES — La résidence secondaire et les archives privées du «pape» du cinéma grec Théo Angélopoulos, décédé en 2012, ont été détruites dans l'incendie meurtrier qui a ravagé lundi la localité de Mati, sur la côte orientale d'Athènes, a témoigné sa veuve Phivi.

Le cinéaste, palme d'or à Cannes en 1998 pour L'éternité et un jour, affectionnait cette villa, où il passait souvent ses étés avec son épouse et leurs trois filles.

«Les livres de mon mari, sa correspondance avec des personnalités, tous les livres que leurs auteurs lui avaient dédicacés» ainsi que «des textes, des poèmes» ont été détruits, a témoigné, les larmes aux yeux, Phivi Angélopoulos sur la télévision Star.

Elle a précisé qu'il s'agissait des archives «à caractère privé» du réalisateur, qui disposait par ailleurs d'un bureau dans le centre d'Athènes.

Mme Angélopoulos a raconté avoir été prise dans le mouvement de panique vers la mer des habitants, alors qu'elle se trouvait à Mati avec une de ses filles et sa petite-fille.

Avec plus de 80 décès recensés, un bilan régulièrement révisé à la hausse, ces feux sont les plus meurtriers enregistrés dans le pays.