Les Québécois en nomination aux Oscars ont connu une soirée magique dimanche à Los Angeles. Sur la photo, Daniela Andrade, chanteuse et copine de Jérémy Comte, Marie-Hélène Panisset, productrice du court métrage Marguerite, Marianne Farley, directrice de Marguerite, Maria Gracia Turgeon, productrice de Fauve. Evren Boisjoli, producteur de Fauve et Jérémy Comte, directeur de Fauve sont dans la rangée devant.

Une soirée des Oscars «magique et surréelle» pour Jérémy Comte

Jérémy Comte était encore sur un nuage lundi après avoir participé la veille à la cérémonie des Oscars. Même s’il n’a pas remporté la statuette convoitée, il estime avoir vécu une expérience incroyable.

« C’est complètement magique et surréel, raconte le réalisateur sherbrookois de 28 ans. C’était important pour moi de vivre ça avec mon équipe. Le tapis rouge c’est overwhelming. C’est tellement gros, il y a tellement de photographes. On a l’impression qu’on rentre dans un autre monde. »

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Les Oscars en légère hausse au Québec

Les organisateurs de la soirée ont surpris un peu tout le monde en remettant le prix pour la catégorie court métrage très tard dans la soirée. L’attente commençait même à peser lourd sur Jérémy Comte.

« Ça devenait même insupportable, lance-t-il. On avait juste hâte que notre catégorie soit annoncée, peu importe ce qui arrivait. Il y a tellement de pression par rapport au discours si on gagne. Je l’ai préparé, appris et je le répétais dans ma tête, je ne voulais pas arriver en avant et figer. Pendant 15 minutes, on pensait que c’était à nous tout le temps. Ça n’arrivait pas et on était sur le bout de nos sièges. Lorsque notre catégorie a été annoncée, toute la pression est tombée. On a digéré tout ça et on est juste content d’avoir vécu cette expérience-là. »

Malgré une certaine déception de ne pas avoir ramené un Oscar au Québec, Jérémy Comte estime que la nomination était déjà une victoire en soi.

« Gagner ça aurait été la cerise sur le sundae, on l’espérait, mais la nomination c’est vraiment ce qui est important et ce qui peut faire avancer une carrière, précise-t-il. Moi et Marianne (NDLR Marianne Farley, directrice du court métrage Marguerite qui était également en nomination) on s’était parlé et on voulait ramener le prix au Québec. C’est ça qui nous a le plus déçus. Mais c’est éphémère, on a célébré par la suite. J’ai 28 ans, je suis encore jeune, il y aura peut-être d’autres opportunités. »

Le Québec en premier

Jérémy Comte espère que cette nomination aux Oscars lui ouvre plusieurs portes. Il reste d’ailleurs à Los Angeles encore quelques jours pour rencontrer plusieurs personnes de l’industrie du cinéma. Il a déjà reçu quelques offres au sud de la frontière, mais tient fermement à s’ancrer au Québec pour l’instant.

« Je ne veux pas aller trop vite, je veux que mon premier film soit proche de mon identité et de l’univers que je connais. Mais c’est sûr que c’est un rêve de faire des films à gros budgets aux États-Unis tout en gardant ma vision et mon identité. »

Près de Lady Gaga et Bradley Cooper

Le jeune acteur du court métrage de Jérémy Comte, Félix Grenier, a passé la journée des Oscars avec l’équipe de Fauve.

« On a pris la limousine ensemble et on est arrivé sur le tapis rouge, explique Jérémy. Pour lui c’était tellement gros d’être là avec nous. Il était vraiment fébrile et excité. J’ai appelé sa mère lorsqu’on était à l’intérieur, c’était vraiment un beau moment. »

 « Lorsque notre catégorie a été annoncée, toute la pression est tombée. On a digéré tout ça et on est juste content d’avoir vécu cette expérience-là. »

Jérémy Comte

Sur le tapis rouge, l’équipe de Fauve a pu côtoyer des vedettes de renommée mondiale comme Lady Gaga et Bradley Cooper.

« C’est dur de parler directement avec les vedettes, elles sont tellement sollicitées, souligne Jérémy Compte. Il y a une marre de photographes auteur d’eux. On les voit, on est parmi eux, mais c’est dur de s’approcher. »

L’importance du court métrage

Le prix pour le meilleur court métrage a failli être remis pendant une pause publicitaire. Les organisateurs sont revenus sur cette décision peu avant la cérémonie. Jérémy Comte estime que l’Académie se doit de laisser une place aux courts métrages.

« Le court métrage est parfois laissé un peu de côté, mais c’est quand même super bon que l’Académie le célèbre, admet Jérémy Comte. C’est un art en soi, tous les grands réalisateurs ont commencé en faisant du court métrage. C’est vraiment important de le célébrer. »