Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci : Fascinant mais convenu ***

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
CRITIQUE / Une précision en partant : Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci n’a rien à voir avec la série de longs métrages Une nuit au musée avec Ben Stiller, même si l’artiste et inventeur a fait l’objet de nombreux films. Il s’agit plutôt d’un documentaire sur l’exposition consacrée au génie italien pour le 500e anniversaire de sa mort, en 2019, au célèbre musée parisien.

Remarquez, le principe s’avère semblable : la nuit, loin de la foule des promeneurs, les œuvres se révèlent sous une tout autre perspective. Les conservateurs Vincent Delieuvin et Louis Frank sont nos guides pour cette visite privée conçue spécifiquement pour le cinéma.

Il faut d’ailleurs déplorer, à ce chapitre, la réalisation très convenue et didactique de Pierre-Hubert Martin. Un défaut qui n’est pas dénué de qualités, notamment d’avoir tout le loisir d’examiner en détail les 11 tableaux réunis, grâce à l’utilisation judicieuse de gros plans.

Le film se concentre en effet sur la production picturale de Léonard de Vinci parmi les 162 œuvres de ce parcours thématique et chronologique.

Le premier chapitre — Ombre, lumière, relief — se consacre aux années d’apprentissage du jeune Florentin auprès du peintre et sculpteur Le Verrocchio (1435-1488), avec narration hors champ de Coraly Zahunero pour les détails biographiques, musique classique et commentaires plus pointus des experts.

C’est toutefois à partir du deuxième volet — Liberté — que l’ensemble s’avère plus fascinant. Il révèle des aspects fondateurs de sa peinture, soit sa quête pour restituer l’essence du mouvement (La vierge, l’enfant Jésus et Sainte-Anne) et sa décision de prendre la liberté de ne pas terminer une œuvre, en l’envisageant plutôt comme un travail en évolution constante (work in progress).

Viennent ensuite les tableaux les plus connus du peintre, philosophe et scientifique, dont La Cène, qui en font le précurseur de la modernité picturale. N’ayez crainte, un bon segment, est consacré à la célèbre Joconde en conclusion.

Une nuit au Louvre — Léonard de Vinci n’apporte rien de neuf à ceux qui connaissent déjà le sujet, mais il se veut un bon résumé de son parcours. Le film se révèle toutefois un moment de contemplation, comme une bulle hors du temps, et la possibilité de visiter (un peu) le Louvre alors que la COVID restreint nos déplacements (la caméra, au début et à la fin, se promène dans la galerie de l’institution muséale, permettant d’apercevoir quelques œuvres mythiques, dont La Victoire de Samothrace et Le radeau de la Méduse).

Ce documentaire, qui prend l’affiche aujourd’hui dans les Cineplex Odeon jusqu’au 22 septembre, est le premier d’une série consacrée au monde de l’art. Suivront des longs métrages sur des expositions récentes de Frida Kahlo, Modigliani et Botticelli.

Au générique

Cote : ***

Titre : Une nuit au Louvre : Léonard de Vinci

Genre : Documentaire

Réalisateur : Pierre-Hubert Martin

Durée : 1h36