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Edgar Wright
Edgar Wright

Sundance: Edgar Wright fait des étincelles avec son documentaire

Andrew Marszal
Agence France-Presse
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LOS ANGELES — Quel est le point commun entre Les Rita Mitsouko, Neil Gaiman, Beck, les Red Hot Chili Peppers, et Marion Cotillard ? Réponse: les Sparks, duo musical culte, au cœur d’un documentaire d’Edgar Wright présenté samedi en avant-première au festival du film de Sundance.

Wright, comme les autres aficionados du tandem américain, estime que les excentriques frères Mael ont eu une influence unique sur la musique pop ces cinquante dernières années, avec leurs paroles poétiques, leurs étranges vocalises et une remise en question permanente.

Profitant de l’élan du succès de Baby Driver, sélectionné aux Oscars, le réalisateur britannique a donc réuni d’autres célébrités pour un projet qui lui tenait à cœur, The Sparks Brothers, qui suit les deux frangins à travers les hauts et les bas de leur carrière.

«C’était plutôt facile. Les fans des Sparks sont comme des évangélistes: ils veulent dire aux autres à quel point ils aiment les Sparks», assure à l’AFP le réalisateur de Shaun et les zombies.

«Les Sparks sont un de ces groupes qui donnent envie aux gens de faire de l’art et de faire de la musique», insiste Wright.

Le long-métrage explore comment une «anomalie glam rock» a connu un succès fulgurant dans l’Angleterre des années 1970 et a occupé la première place dans les ventes françaises une décennie plus tard avant de prendre d’assaut les ondes des radios californiennes avec de la pop synthétique.

Les Sparks ont également laissé leur empreinte sur les pistes de danse des night-clubs allemands dans les années 1990, ont été imités par Paul McCartney lui-même et ont écrit un film qui sortira prochainement, avec Marion Cotillard et Adam Driver en vedettes.

«Sans compromis»

Comme le montre le documentaire, Ron et Russell Mael n’ont jamais réellement recherché le succès populaire, s’attachant à constamment réinventer leur son tout en restant «à l’écart... en tant que personnes et en tant que musiciens».

«Neil Gaiman? Jamais de la vie nous n’y aurions pensé», lance Russell, choqué en découvrant la kyrielle de fans célèbres, à l’instar de l’auteur britannique, qui témoignent dans le film.

«Et Flea... Nous ne nous serions jamais doutés que quelqu’un avec un caractère aussi affirmé que lui, d’un point de vue stylistique aussi avec les Red Hot Chili Peppers, aimerait le groupe», ajoute-t-il.

Les frères avaient déjà flirté avec Hollywood à l’occasion d’un projet de film manga qui devait être réalisé par Tim Burton, avant que celui-ci ne se retire.

Plus récemment, les Sparks ont travaillé avec le groupe de rock Franz Ferdinand, joué tous leurs albums à la suite lors d’une résidence de 21 nuits à Londres et conçu un show radiophonique autour d’Ingmar Bergman.

Désormais, les frères Mael renouent avec le cinéma. Outre le documentaire d’Edgar Wright, ils ont aussi écrit le film musical Annette pour le réalisateur français Leos Carax (Les Amants du Pont-Neuf). «Un film plutôt spécial et sans compromis», avertit Russell.

Dans The Sparks Brothers, Wright mêle interviews et images d’archives, scènes de concert et dessins animés pour retracer des moments clés de la carrière du duo sur le ton humoristique qui le caractérise.

Le réalisateur s’est fixé pour mission avec son film de développer le vivier de fans des Sparks. Son succès dépendra beaucoup des distributeurs qui seront séduits lors de sa présentation à Sundance, plus important festival de cinéma indépendant des États-Unis, qui se déroule virtuellement cette année en raison de la pandémie de la COVID-19.

Une pandémie qui a d’ailleurs provoqué le report à octobre 2021 de la sortie de la prochaine fiction de Wright, Last Night in Soho avec Anya Taylor-Joy (Le jeu de la dame), dans l’espoir que les cinémas auront pu rouvrir d’ici là.