C’était soir de première, vendredi, au Festival du film de l’Outaouais alors que l’on présentait le film La Bolduc. Sur la photo, le président du festival, Didier Farré, le réalisateur François Bouvier, les comédiens Debbie Lynch-White, Émile Proulx-Cloutier et Rose-Marie Perreault et le scénariste Frédéric Ouellet.

Soir de première au FFO

Plus de mille spectateurs formaient une longue file bruyante qui serpentait à travers le casino du Lac-Leamy, vendredi soir. C’était soir de première au 20e Festival du film de l’Outaouais (FFO) alors qu’on y présentait, « en première mondiale », le très attendu La Bolduc, un film de François Bouvier.

Mais c’était aussi soir de fête, car le fondateur et président du festival, Didier Farré, y était triplement honoré : l’ambassadrice de France au Canada, Kareen Rispal, lui remettait les insignes de Chevalier des Arts et Lettres (officiellement remises quelques heures plus tôt), la gouverneure générale Julie Payette lui décernait une distinction honorifique (officiellement remise en février) et l’équipe du conseil d’administration du festival lui réservait aussi une surprise : le don d’un Totem pour l’ensemble de son œuvre.

Enfin, toute l’équipe de La Bolduc y était et attendait avec impatience la projection de cette production de 5,7 millions de dollars qui ne sera accessible au reste de la province que dans près de deux semaines.

Un orchestre de dixieland, aux musiciens vêtus de redingotes dignes des années de La Bolduc, attendait et accompagnait la foule présente et donnait le ton.

Une édition bien étoffée

Les huit jours du festival (qui débutait dans les faits, jeudi, et se terminera le 31 mars) sont on ne peut plus boulimiques.

73 films dits de « haut niveau » de 20 pays y seront présentés, dont 22 premières nord-américaines, nous promet-on. 80 films étrangers et 13 longs métrages québécois pourront aussi y être visionnés.

Et, bien sûr, puisqu’il s’agit d’un festival compétitif, on y décernera un Prix du jury et un Prix de la critique.

Outre les projections, les comédiens Michel Côté et Vincent Leclerc, et le producteur Dominique Besnehard offriront des classes de maître.

On y lancera aussi trois livres, dont l’autobiographie de Denise Filiatrault et l’album photographique d’Heidi Hollinger sur Cuba, entre autres.

Sans relève

Questionné sur l’avenir du festival et sa propre pérennité à lui, le fondateur et président du festival, Didier Farré, confiait au Droit qu’il aimerait bien céder son festival à une relève fiable et passionnée, mais explique que la jeunesse outaouaise est encore très branchée sur le cinéma américain et peu encline au cinéma d’auteur, la raison d’être du FFO.

Porter durant 20 ans, à bout de bras, un tel festival n’est pas chose facile en région.

« La région de l’Outaouais est sous-financée en culture. Elle est avant-dernière (au Québec). Ça, c’est une chose pour laquelle on se bat. On pourrait tellement faire plus de choses si on avait un peu plus d’aide. Pour vous donner une idée : pour les Rendez-vous du cinéma québécois, le gouvernement du Québec leur a donné 350 000 $. Nous, on a 20 000 $ », confie M. Farré.