Sergio Castellitto a accepté avec enthousiasme un rôle de parrain qui lui permettait d’entrer «au panthéon des grands acteurs».
Sergio Castellitto a accepté avec enthousiasme un rôle de parrain qui lui permettait d’entrer «au panthéon des grands acteurs».

Sergio Castellitto: Au panthéon des acteurs du parrain

Podz a réalisé un coup de maître pour «Mafia inc.» Le cinéaste a réussi à convaincre Sergio Castellitto d’y interpréter Frank Paternò. L’acteur et réalisateur italien de renom a accepté avec enthousiasme un rôle de parrain qui lui permettait d’entrer «au panthéon des grands acteurs». «Un véritable cadeau.»

«Je trouvais ça intéressant de jouer dans un film de la mafia», une première. Un mafieux, «c’est un archétype, presque une icône». En plus, «c’était dans un contexte différent ici», même «j’y reconnaissais des choses très proches de ma culture», explique-t-il en entrevue téléphonique avec son accent charmant.

Le long métrage évoque les réalités de la diaspora italienne, avec ses bons… et ses mauvais côtés. «Toute l’histoire de la mafia italo-canadienne, c’est une histoire d’immigration. On a fait des choses formidables, mais aussi terribles.»

Sergio Castellitto, qu’on a pu voir chez Besson, Scola, Rivette, Tornatore, désirait dépasser les limites des «codes dramatiques» du parrain, un homme implacable, mais qui aime sa famille, comme le décrit Podz. «Amour et férocité : c’est ça qui est tragique, s’exclame l’acteur. Le pouvoir, c’est ce qui caractérise des gens prêts à sacrifier leur bonheur, mais aussi celui de leurs proches. Ce sont des personnages shakespeariens.»

Il a d’ailleurs déjà discuté de la fascination qu’ils exercent sur le spectateur avec Francis Ford Coppola, le créateur de la trilogie des Parrain. «Il m’a répondu que le Mal était plus séduisant que le Bien. Un réalisateur s’amuse beaucoup plus à raconter le côté cruel, sombre, que la lumière.»

L’acteur a tout de même voulu insuffler un peu de «comédie», un trait caractéristique du cinéma italien qui «a toujours su mélanger le rire avec la rage et la mélancolie». Mafia inc. «n’est pas loin de notre façon de faire du cinéma».

Pas de dépaysement, donc, sur le plateau. «Vous savez, la famille du cinéma est capable de se reconnaître partout. On est comme les animaux, on sent l’odeur!»

Une odeur familière, dans ce cas-ci. Castellitto a même jugé «amusant» de dialoguer en quatre langues : français, anglais, italien et sicilien. «La communauté italienne de Montréal parle comme ça. Je voulais que ça reflète cette réalité. Je trouvais que ça donnait une richesse», explique Podz. «En plus, les Italiens ont la capacité de se faire comprendre par les gestes», ajoute l’acteur en riant.

Séduit par le scénario de Sylvain Guy soumis par Podz et son producteur lors d’une rencontre en Italie, Castellitto a aussi aimé le point de vue humain, qui déborde des cadres habituels du film de gangsters.

«C’est une histoire qui raconte les différentes façons d’être père. La chose qui m’intéresse au cinéma, c’est l’aspect intime des relations.»

La collaboration avec le réalisateur québécois a été «fantastico! Il savait très bien ce qu’il voulait, mais il a une capacité très rare d’écouter les autres. Ça peut-être fatigant et compliqué de créer chaque jour un univers qui soit crédible. Je me suis trouvé vraiment bien sur le plateau, tant sur le plan humain qu’artistique.»