La réalisatrice Aisling Walsh (au centre) a reçu le Prix Écran du meilleur film pour «Maudie» entourée de son équipe.

Prix Écrans canadiens: «Maudie» meilleur film, «Hochelaga» se démarque

Le film «Maudie», récit de fiction sur la véritable peintre folklorique néo-écossaise Maud Lewis, femme arthritique et recluse qui travaille comme femme de ménage, tout en se forgeant comme artiste, a remporté sept prix, dont celui du meilleur film, aux Prix Écrans canadiens, dimanche soir, à Toronto.

Le gala soulignant l'excellence au cinéma et à la télévision comptait un grand nombre de nommés québécois.

La récolte québécoise, dimanche, s'est résumée principalement au film Hochelaga, terre des âmes, de François Girard, qui a décroché quatre prix, dont meilleure direction artistique (François Séguin) et meilleure direction photo (Nicolas Bolduc). Le film a aussi obtenu les prix pour le son d'ensemble et les effets visuels.

Le film d'horreur Les Affamés, de Robin Aubert, qui était finaliste pour le meilleur film et la meilleure réalisation, a reçu le prix pour les meilleurs maquillages (Érik Gosselin et Marie-France Guy).

Ava, de la cinéaste montréalaise d'origine iranienne Sadaf Foroughi, a valu à Bahar Nouhian le prix pour un premier rôle de soutien. Le film avait précédemment obtenu le prix Écrans canadiens du meilleur premier long métrage.

Ava, une coproduction entre le Canada, l'Iran et le Qatar, raconte le récit d'une adolescente de 16 ans d'une classe sociale aisée, qui défie sa famille et les restrictions sociales à Téhéran.

Boost, drame écrit et mis en scène par Darren Curtis, tourné en grande partie dans Parc-Extension, quartier populaire de Montréal, a aussi été récompensé.

Côté rôle principal masculin au cinéma, Nabil Rajo a décroché l'honneur pour ce film relatant les mésaventures de deux jeunes voleurs de voitures, disant avec fierté se sentir chez lui au Canada après être arrivé de l'Érythrée à l'âge de six ans.

Le Prix Écran d'or pour un long métrage — soulignant les recettes au guichet les plus élevées au cours de l'année — était remis à De père en flic 2.

Outre Les Affamés, les films québécois Ava, C'est le coeur qui meurt en dernier et La petite fille qui aimait trop les allumettes étaient finalistes pour le meilleur film.

Le prix de la meilleure réalisation est allé à Aisling Walsh, pour Maudie, ayant été préférée à Ian Lagarde pour All You Can Eat Bouddha, Alexis Durand Brault pour C'est le coeur qui meurt en dernier, Robin Aubert pour Les Affamés et Sadaf Foroughi pour Ava.

Maudie a été salué pour le meilleur scénario original de Sherry White et le meilleur acteur de soutien, Ethan Hawke.

Sally Hawkins, nommée aux plus récents Oscars pour son rôle dans «La forme de l'eau», a remporté le prix pour la meilleure interprétation féminine dans un premier rôle pour «Maudie». Elle n'était pas présente à la cérémonie.

La catégorie comprenait notamment Denise Filiatrault, pour C'est le coeur qui meurt en dernier, et la jeune Marine Johnson, pour La petite fille qui aimait trop les allumettes.

Des hommages ont notamment été rendus à Margaret Atwood (photo) et Peter Mansbridge.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, était sur scène pour l'annonce de la lauréate. Soulignant les personnages féminins forts, Mme Joly a évoqué le mouvement MoiAussi, disant en français être «solidaire avec toutes les femmes du milieu».

Le film d'animation Parvana, une enfance en Afghanistan, adapté du roman de l'auteure canadienne Deborah Ellis et coproduit par Angelina Jolie, a notamment valu le prix de la meilleure adaptation à Anita Doron, ainsi que ceux de la meilleure musique originale et de la meilleure chanson originale.

Le film réalisé par l'Irlandaise Nora Twomey, coproduction entre le Canada, l'Irlande et le Luxembourg, relate le récit d'une petite fille vivant en Afghanistan qui se déguise en garçon afin de pouvoir travailler et faire vivre sa famille.

«Je crois que tout émane de son courage et sa compassion», a dit Anita Doron en coulisses à propos de Mme Ellis, qui a basé son livre sur les témoignages qu'elle a obtenus auprès d'Afghanes dans des camps de réfugiés au Pakistan.

L'actrice Maxim Roy a présenté le prix pour la meilleure série humoristique, attribué à Kim's Convenience — un troisième trophée pour l'émission dans le cadre de ces Écrans canadiens 2018.

Dans une soirée sous le signe de la diversité, l'acteur Paul Sun-Hyung Lee, primé pour la comédie Kim's Convenience, a fait valoir que lorsque «l'on donne une voix aux gens, d'autres écoutent, et quand les gens commencent à écouter, les choses commencent à changer».

La meilleure série dramatique est Anne, présentée à CBC, ayant été notamment préférée à 19-2 et Mary Kills People.

Pour le premier rôle féminin dans une émission dramatique, Tatiana Maslany a reçu les honneurs pour Orphan Black, dans une catégorie qui comprenait notamment Caroline Dhavernas pour Mary Kills People.

Des hommages ont notamment été rendus à Margaret Atwood et Peter Mansbridge.

Jonny Harris et Emma Hunter prenaient le relais de Howie Mandell à l'animation.

Dans le numéro d'ouverture, l'animatrice a souligné la présence dans la salle de l'acteur Marc-André Grondin, à l'affiche du film d'horreur québécois Les Affamés écrit et réalisé par Robin Aubert. Elle a lancé à la blague que les gens avaient commencé à se manger les uns et les autres au Québec, et son comparse a ajouté que leur façon de les apprêter était magnifique.

Les deux animateurs ont aussi feint un désir de s'embrasser en parlant de la chimie entre les champions olympiques de danse sur glace Scott Moir et Tessa Virtue.

En tout, 24 statuettes étaient décernées pour le cinéma, et 97 pour la télévision.